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Algérie: Bouteflika, l’impossible candidature. Un probable désistement?!

On y va, un peu de fiction/spéculation politique…

La façon et la manière avec lesquelles Bouteflika a annoncé sa candidature pour les élections présidentielles du 17 Avril ont soulevé plus de questions au sujet de la condition physique et mentale du président-sortant qu’elles n’ont apporté de réponses. Le peuple Algérien s’attendait et attend encore et toujours d’entendre et de voir le président, de le voir faire campagne, de serrer quelques mains, d’embrasser des bébés, et de faire un ou deux discours au cours d’un ou deux rallies de campagne. Bref de mener une campagne électorale normale même si elle doit être courte et minimale.

Toutefois, en raison de sa maladie et de son état de santé très dégradé,  Bouteflika se retrouve, pour toutes fins utiles, dans l’impossibilité de mener une campagne électorale normale. Il ne peut ni faire des apparitions à la télévision ou dans des meetings de campagne, il ne peut ni faire des discours préparés ou impromptus, et il ne peut se montrer à la nation sans révéler et sans montrer l’étendue et la gravité débilitante de sa condition.  En fait, le président est tellement affaibli et tellement invalide qu’il ne peut même pas répondre ou honorer normalement  le minimum de ses fonctions et prérogatives constitutionnelles.

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Et c’est ici que ceux qui ont poussé et ont précipité l’annonce de la candidature de Bouteflika ont fait une erreur de calcul grave — ou peut-être, ils ont fait un calcul Machiavélique et un dangereux pacte Faustien.

Maintenant, qu’elle est la sortie de ce gambit clairement précipité?

C’est dans ces quelques lignes du code électoral (voir ci-dessous) que réside la sortie de Bouteflika de la campagne électorale pour les élections présidentielles, et la résolution du gambit que ses gestionnaires ont prévu et planifié.

Code Electoral- Article 141 : Le retrait du candidat n’est ni accepté ni pris en compte après le dépôt des
candidatures.

En cas de décès ou d’empêchement, un nouveau délai est ouvert pour le dépôt d’une nouvelle candidature; ce délai ne peut excéder le mois précédant la date du scrutin ou quinze (15) jours dans le cas visé par l’article 88 de la Constitution.

En cas de décès ou d’empêchement légal d’un candidat après la publication de la liste des candidats au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, la date du scrutin est reportée pour une durée maximale de quinze (15) jours.”

Pour sortir Bouteflika de cette campagne et pour conjurer la vague de mécontentement qui  s’est emparée des médias et réseaux sociaux depuis que Sellal a annoncé il y a trois jours la candidature du président-sortant, l’Article 141 du code électoral offre aux manouvriers machiavéliques du clan présidentiel une manœuvre non seulement patriotique et noble, mais surtout élégante, habile et particulièrement surnoise.

Cette candidature de Bouteflika qui est impossible à honorer, à assumer et à remplir ne va pas aboutir. Elle n’ira pas jusqu’au bout, pas parce qu’un sentiment de magnanimité s’est emparé du clan présidentiel, mais parce que la réalisation de l’impossibilité de cette mission suicidaire est doucement et lentement en train de s’infiltrer dans leur raisonnement.

Donc, après le 3 Mars—date de la fermeture du processus du dépôt des candidatures—le clan présidentiel annoncera que Bouteflika va se désister et va retirer sa candidature en raison de problèmes de santé et que sa condition physique ne lui permet pas de conduire une campagne normale. Et c’est la mort dans l’âme que le président-sortant lira à la télé son désistement et évoquera que son « noble cœur saignant d’un patriotisme invétéré pour son pays et que l’amour qu’il a pour l’Algérie l’ont forcé à arriver à cette conclusion déchirante. » Et du même coup, le président-sortant désignera, nommera et choisira son dauphin, celui qui va remplacer sa candidature. En faisant cela, le clan de Bouteflika fera d’une pierre deux coups : un désistement aux apparences nobles et patriotiques, une sorte d’ultime sacrifice pour la nation dans la tradition de Larbi Ben H’midi (hachakoum);  et la désignation de celui qui le remplacera et qui va veiller à protéger les intérêts du clan de Bouteflika bien après la mort de ce dernier.

Bien sûr, celui qui remplacera Bouteflika héritera de sa machine électorale et sera alors plus que probable le prochain président de l’Algérie.  Cette manœuvre machiavélique a l’avantage de couper court à toutes les manifestations et à tous les mouvements sociaux contre la 4eme candidature de Bouteflika, et à apparemment normaliser  une situation qui ne peut être normalisée par des manœuvres plus que futiles et des mouvements stratégiques plus que diaboliques.

C’est pourquoi le mouvement pour organiser le boycott des élections présidentielles du 17 Avril est plus que jamais nécessaire (voir mes précédents billets sur ce sujet ici et )

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