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Algerie: Un avenir très sombre, peu importe le prochain leader
Peu importe qui sera au pouvoir, des réformes très douloureuses seront notre pain quotidien dans le future le plus proche. Ceci n’est pas une spéculation, mais une vérité et une réalité amère.
“Shale oil production in the US is still in its early stages, and its full potential remains uncertain, but development is happening at a faster pace than shale gas. Preliminary estimates for 2020 range from 5-15 million barrels per day with a production breakeven price as low as $44-68 per barrel depending upon the fields. By the 2020, the US could emerge as a major energy exporter.” The Global Trends 2030 page 35-36
Je ne suis pas un alarmiste d’habitude, mais les alarmes en Algerie doivent être données.
Selon les perspectives économique de 2012 du FMI, l’Algérie doit avoir le coût du baril de pétrole entre $100 à $120 pour pouvoir équilibrer et balancer les dépenses fiscales et budgétaires–c.a.d: pas de deficit et ni de dette publique. En 2011, l’Algérie a enregistré le 2ème plus gros déficit budgétaire des pays producteurs de pétrole au Moyen-Orient et l’Afrique du Nord avec un deficit égale à 3,6% du PIB–c.a.d: 6.8 milliards de dollars. En 2012, elle a enregistré une dette publique relative au PIB de 8,80%–c.a.d: 16.62 milliards de dollars–avec une croissance économique relativement faible de 2.6%. Il faut noter, au passage, que la croissance économique en Algérie est très largement dépendante des exportations du pétrole et du gaz naturel.
L’Algérie se dirige vers une crise budgétaire d’une magnitude et d’une gravité dont le peuple n’ai jamais vu pareille. Le pétrole, le gaz naturel et les produits pétroliers représentent 97% des exportations de l’Algérie. Les hydrocarbures ont longtemps été l’épine dorsale de l’économie Algérienne, et en 2012, le pétrole et le gaz naturel représentaient environ 60% des recettes budgétaires et 44% du PIB. Si l’Algérie ne diversifierait pas son économie d’une manière très brutale et rapide dans les 10 à 15 prochaines années, le pays se dirigera littéralement vers des troubles sociaux gigantesques et le collapse total du système politque.
Pouquoi?
C’est tres simple: Les USA commencent déjà a diminuer drastiquement leur importations de gaz naturel (les USA seront totalement indépendant en gaz naturel en 2020), et pour ce qui est du pétrole, ils seront independent des importations, et même exportateurs entre l’an 2025-30. Quand les USA entreront le marché du gaz naturel comme exportateur en 2020 (et par la suite, le marché du pétrole en 2035), les prix de ces 2 produits vont chuter et d’une maniere drastique. Non seulement le plus grand consommateur de pétrole au monde n’est plus un importateur de pétrole et de gaz naturel, mais il les exporte en plus. Cela représentera un choc énorme dans les marchés du gaz naturel et du pétrol. Certains économistes ont estimé un swing de $45 à $55 dans le prix du baril. Ceci veut dire une baisse drastique du PIB, une croissance économique negative, autrement dit une recession, et une baisse d’environs 40% des recettes budgétaires . C’est une catastrophe pour le pays. L’heure du réveil est ici pour l’Algérie parce qu’il ne reste plus beaucoup de temps.
A tout casser, l’Algeria a une fenêtre d’opportunité de 10 à 15 annees au plus pour agir durant laquelle il faut mettre en place des réformes sérieuses et radicales au système économique entier, et il faut commencer dès maintenant. Si de sérieuses réformes ne sont pas engagées dans les 10-15 prochaines annees, l’avenir pour l’Algérie sera d’une laideur absolu.
L’Algérie doit réformer radicalement son système bancaire. Elle doit totalement restructurer son système fiscal (perception de l’impôt, collection d’impôt et sa redistribution). Tous les programmes de prestations sociales doivent être totalement revus (retraire, santé, couverture sociale, prestations familiales, le coût du travail, prestation de chomage, logement social, les prestations de Moudjahideene, de fils de Chouhada, et des veuves de Moudjahideenes etc). Certains de ces programmes de prestations sociales doivent complètement être éliminés, d’autres pourraient être renforcés. Il faut éliminer toutes les subventions dans presque tous les secteurs à l’exception des programmes d’éducation, et de santé des enfants, et certains produits de base. Il faut réduire le budget de la défense, fermer et consolider des bases militaires, réduire l’effectif de l’armée, arrêter complètement tous les nouveaux contracts d’armement. Et surtout, il faut ouvrir le marché Algerien et abandonner la règle des 51% parce que le gouvernement Algerien sera forcé de l’abandonner un jour contre son gré; alors il faut le faire dès maintenant quand le gouvernement et l’Etat sont encore en contrôle de leurs actions.
Depuis 1962, l’Algérie s’est efforcée sans aucun succès a développer des industries hors-hydrocarbures en raison de la réglementation lourde étatique, d’une bureaucratie lourde et archaïque, et en raison de l’accent mis sur la croissance mené par l’État. Les efforts du gouvernement ont fait peu pour réduire les taux élevés du chômage chronique des jeunes ou à remédier à la pénurie de logements. Une vague de protestations économiques en Février et Mars 2011 a incité le gouvernement Algérien à offrir plus de 23 milliards de dollars de subventions publiques, des augmentations de salaires rétroactives, et d’autres avantages sociaux. Malgré cela, les mouvements sociaux continuent de peser sur les finances publiques, et sur l’environnement politique qui est devenu explosive ces derniers temps. Les défis économiques à long terme sont plus qu’essentiels, ils sont obligatoires, et doivent comprendre comme partie integrale la diversification de l’économie au détriment de sa dépendance aux exportations d’hydrocarbures, le renforcement du secteur privé, l’attration des investissements étrangers, et la création des emplois adéquats pour les jeunes Algériens. Cette diversification de l’économie ne se fera pas sans les réformes susmentionnées.
Cela va être douloureux; c’est une thérapie de choc; un choc au système économique qui a été moriband depuis plus d’un demi-siècle. Mais hélas ce choc doit être fait et donné autrement la douleur sera insupportable quand l’Algérie n’aura plus aucun contrôle sur ses politiques économiques et sociales, et surtout aucun contrôle sur son destin. Sans cette douleur, qui doit être partagée équitablement par tous les Algériens, le désordre social et l’anarchie seront le pain quotidien du pays. .
Et peu importe qui sera au pouvoir, il ne fera pas de miracles. Peu importe qui sera au pouvoir, il sera obligé de réformer. Peu importe qui sera au pouvoir, il sera obligé d’infliger de la douleur à une population entière et de faire des choix très impopulaires. Aucun dictateur ne peut engager ces réformes douloureuses sans causer un mécontentement populaire, et même un soulèvement. Les dirigeants actuels du pays, la classe actuelle de nos politiciens, n’ont aucune crédibilité auprès du peuple, et sont profondément doutés et haïs par le peuple Algérien. C’est pour cela que celui qui sera à la tête du pays dans un très proche avenir doit jouir d’un large mandat populaire. Ce futur président doit avoir le plein appui, le soutien, et la confiance du peuple Algérien. Aucun dirigeant autoritaire peut avoir cela; aucun dirigeant de l’Algérie d’aujourd’hui, de l’Algérie de Bouteflika et des généreux Toukif et Tartag, n’a ce soutien et cette confiance. Seules de véritables réformes démocratiques, avec des élections propres, ouvertes et transparentes donneraient au pays ce leader et cette classe politique qui meneront le combat des réformes structurelles et institutionnelles.
D’ailleurs, je conseille vivement à ce prochain president de prononcer ce passage légendaire de Churchill lors de son premier au discours a nation–ce passage d’une sérénité grave et sérieuse que Churchill a prononcer devant la Chambre des Communes le 13 mai 1940, juste avant l’invasion Nazie et la grande et héroïque Bataille de l’Angleterre.
“Nous sommes dans la phase préliminaire de l’une des plus grandes batailles de l’histoire….nous devons être préparés.
Je voudrais dire à la Chambre comme j’ai dit à ceux qui ont adhéré à ce gouvernement: je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. Nous avons devant nous une épreuve des plus graves et des plus sérieuses. Nous avons devant nous beaucoup, beaucoup de longs mois de lutte et de souffrance.”
Du sang, du labeur, des larmes, de la sueur, et de la souffrance, c’est exactement ce que le futur président Algerien doit promettre au peuple algérien. Tout autre promesse sera un mensonge.
Algérie: Bouteflika mort-vivant et Poker menteur autour du cadavre Algérie
Another beautifully written editorial by Mohamed Benchicou.
Poker menteur autour du cadavre Algérie
Par: Mohamed Benchicou
Samedi, 18 mai 2013
Tous les décideurs le savent ; quelques-uns seulement ont le courage de le dire : avec ou sans Bouteflika, le prochain pouvoir aura pour mission presque impossible d’éviter la mort au pays. Avec peu de moyens. Nous n’aurons plus jamais les faramineuses recettes pétrolières dont a bénéficié le régime de Bouteflika.
L’arrivée de ce dernier au pouvoir avait coïncidé avec l’augmentation de la demande chinoise qui avait fait s’envoler les prix du pétrole en quelques années. Aujourd’hui, nous vivons le scénario inverse. L’exploitation du pétrole non conventionnel en Amérique du Nord va créer dans les cinq prochaines années une augmentation de l’offre qui va faire effondrer le prix du baril. Autrement dit, avec ou sans Bouteflika, le prochain régime se débrouillerait avec un pétrole à moitié prix, moins abondant, et des besoins en hausse ! La tragédie nous arrive en effet, droit sur la gueule ! Le pétrole, les réserves financières en milliards de dollars, c’est fini ! Oui, fini. Les projections les plus optimistes donnent l’Algérie pour importatrice nette de pétrole dès 2020.
Au cours des trois mandats du « pouvoir civil » de Bouteflika, il a été gaspillé l’argent du présent et celui du futur. Les hydrocarbures ont été si outrageusement pompés qu’il ne devrait plus rien rester dans le sous-sol d’ici quelques années, date à laquelle nous serions 40 millions d’Algériens, tous, théoriquement, voués à la précarité puisque Bouteflika aura épuisé les réserves pétrolières sans doter la maison Algérie d’une économie diversifiée pouvant prendre la relève du pétrole et du gaz naturel. En l’espace de cinq ans seulement, la production algérienne de pétrole est passée de 1,6 à 2 millions de barils par jour, soit un bond de 25% ou le double de la moyenne d’augmentation de la production Opep durant la même période.
Les recettes ? Sans s’étaler sur la partie supposée avoir été dérobée par la kleptocratie au pouvoir, elle a surtout engraissé la mafia de l’import via les importations qui ont explosé entre le premier et le troisième mandat de Bouteflika, passant de 9 milliards de dollars en 1999 à 49 milliards en 2012. Aucun investissement sérieux n’a été engagé dans la production pour doter le pays d’une économie viable qui prenne le relais des hydrocarbures.
Oui, l’Algérie de Bouteflika rappelle la Russie de Boris Eltsine, toutes proportions gardées, une nation chancelante, otage de prédateurs de toutes sortes qui se sont engouffrés au sein de cette faille providentielle pour vider l’Algérie de son sang. Ce fut à leur seul profit qu’on a surproduit le pétrole. Aujourd’hui, il est bien tard… L’Algérie redevient pauvre ! Pauvre et sans solution de rechange : quatorze ans après Bouteflika, le pays n’est plus en mesure de répondre à la demande d’emplois, ni peut-être même à la demande alimentaire.
Les observateurs les plus conscients pensent même que le pire est à envisager. Après 14 années de règne, Bouteflika a mis l’État à la merci de sa population. La fronde des chômeurs peut aller dans n’importe quelle direction, y compris la plus pessimiste, Bouteflika ayant abandonné l’investissement productif, comment lutter contre le chômage ?
Mais cela, cette vérité primordiale, celle-là qu’il faut dire non pour abattre, non pour accabler ni pour décourager, mais pour mobiliser, pour réfléchir, cette vérité qui réveille, personne ne veut la communiquer, je veux dire personne parmi ceux qui ont la responsabilité de la dire. Ou alors, quand une bouche plus courageuse que d’autres la formule, elle est immédiatement contredite par les virtuoses du poker menteur. Quand le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, qui sait de quoi il parle, reconnaît que les gisements de pétrole sont en “déclin” et les réserves sont “modestes”, il est immédiatement contredit pas son ministre de tutelle, Youcef Yousfi, pour qui l’Algérie continuera à produire du pétrole et des hydrocarbures en général pendant « de longues années encore ». Et lorsque le ministre des Finances, Karim Djoudi, laisse entendre qu’il n’y a plus d’argent en caisse, que les salaires comme les pensions ne seront plus augmentés, il est aussitôt recadré par le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, qui jure ses grands dieux que tout va à merveille dans ce territoire coupé du monde qui s’appelle l’Algérie.
Nos dirigeants fabulateurs, pour qui l’art de gouverner se réduit à clamer les fausses bonnes nouvelles et à taire les vraies mauvaises nouvelles, entendent démentir la formule d’Abraham Lincoln : « Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ». En foi de quoi, ils entreprennent hardiment de duper l’opinion sur l’état de santé d’un président dont ils nous apprennent aujourd’hui qu’il est en convalescence prolongée après nous avoir annoncé, il y a trois semaines, qu’il était entré à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce pour de simples examens complémentaires. Le léger accident vasculaire se termine ainsi par une lourde vacance du pouvoir mais c’est tout cela, n’est-ce-pas, le charme du poker menteur auquel se livrent, avec tant de zèle et si peu de classe, nos dirigeants depuis cinquante ans.
Le jeu consiste à faire passer les vessies du bunker pour d’heureuses lanternes, c’est-à-dire produire un bobard, sinon crédible, du moins vraisemblable, quelque chose qui ait l’allure du « mensonge le plus détestable » qu’André Gide définit comme étant « celui qui se rapproche le plus de la vérité », quitte à susciter chez l’opinion une réplique par un autre mensonge, le « mensonge fructueux» dont Sacha Guitry dit qu’il « consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit ».
L’équation est alors très simple : reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, en supposant qu’il garde ses facultés naturelles, revient à reconduire le pouvoir le plus irresponsable qu’ait connu l’Algérie en 50 ans afin qu’il parachève sa besogne de destruction. Ce serait alors un choix suicidaire, consciemment fait pour en finir avec notre pays.
Le général Lebed disait de Boris Eltsine qu’il était, par nature, un destructeur. « Il ne comprend la politique qu’en brisant et en déstabilisant l’environnement. Cela est une qualité en période de transition, mais il est temps aujourd’hui de construire. Boris Eltsine, lui, n’est pas un bâtisseur. »
Alors oui, reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, c’est en terminer avec l’Algérie. Quelle alternative reste-t-il ? Une seule, confirmée par l’histoire récente, dans tous les pays qui ont vécu une situation similaire : un gouvernement de salut national. Pour cela, il faut le vouloir.
Algérie: L’élection Présidentielle et Les Amuseurs de la République
This is a very beautifully written editorial by Mohamed Benchicou. It’s a must read.
Les Amuseurs de la République
Par: Mohamed Benchicou
vendredi, 03 mai 2013
Comme tous les quatre ans, à pareille époque préélectorale, ils déferlent, en rangs serrés, avec un nouveau spectacle dans les valises, comme s’ils répondaient à l’appel d’un devoir national du simulacre, bousculant à la fois les règles de l’actualité et celles du théâtre burlesque. Le gang des Amuseurs de la République est à l’œuvre !
Leur nouvelle création de 2013, provisoirement intitulée « Le président peut-il encore gouverner ? », originale et désopilante, basée sur l’allusif, un nouveau style baladin qui consiste à contourner la triste réalité nationale pour s’attarder sur l’ailleurs, raconte les tribulations du chef de l’État d’une île mystérieuse, une contrée fantasmagorique dont je suis incapable de vous dire le nom. À croire certains spécialistes versés dans le monde du burlesque, il s’agirait de Fantasyland, un pays magique de Disneyland, où les contes de fées et les histoires qui ont inspiré les films d’animation de Disney prennent vie, comme par magie. Cela expliquerait, sans doute, le fait que le nouveau spectacle, « Le président peut-il encore gouverner ? », vient d’être enrichi de plusieurs déclinaisons tout aussi drôles les unes que les autres, comme « Le quatrième mandat, c’est fini ! », un gag qui a rencontré un succès foudroyant, « La succession est ouverte », avec Benflis en guest-star, ou « Saïd Bouteflika limogé », une fiction loufoque montée avec adresse et dans laquelle des observateurs avertis ont cru reconnaître à la fois la main d’un célèbre manipulateur et un plagiat de Discoveryland, monde de Disney où les prédictions des grands visionnaires prennent vie.
Le débat autour de la fameuse contrée dont parlent nos opposants et nos journalistes est toujours en cours, mais une chose semble cependant certaine : il ne s’agit pas de l’Algérie. La lecture de l’éditorial d’un des membres les plus influents des Amuseurs, ne laisse, à ce propos, aucun doute. Le respectable analyste décrit, en effet, une province étrange mais démocratique, où la succession du président se réaliserait dans « le respect de la souveraineté du peuple, sans contrainte, et dans la transparence », détails qui excluent, de facto, l’hypothèse Algérie. La chose relève d’ailleurs du bon sens : la maladie d’un chef d’État n’étant handicapante qu’en démocratie, système où l’opinion garde le droit de regard sur la gouvernance, la question « Le président peut-il encore gouverner ? » devient, du coup, parfaitement inadaptée à l’Algérie. Chez nous, Dieu merci, pareille complication nous est épargnée, les citoyens que nous sommes n’étant consultés ni sur l’état de santé du chef de l’État, ni sur sa désignation ni encore moins sur sa reconduction. En retour, ce dernier régnerait sans rien nous devoir. C’est tout le privilège de ce que les Russes appellent les vybori bez vybora (élections sans choix), privilège qui s’ajoute, pour des autocraties comme l’Algérie, à celui d’être parfaitement gouvernables à partir d’un lit d’hôpital. La prouesse paraît d’autant plus à la portée de notre chef de l’État que notre cher pays, où le Conseil des ministres ne se réunit jamais, est unanimement reconnu comme l’unique de la planète à fonctionner sous le mode du pilotage automatique, personne n’y gouvernant et, conformément aux vybori bez vybora, personne n’y étant gouverné.
Tout ça pour dire que l’interrogation « Le président peut-il encore gouverner ? », en plus d’être parfaitement incongrue pour un pays où la sagesse autocratique l’emporte sur la véhémence démocratique, pose incontestablement un problème inédit : dans quelle catégorie classer les chimères généreusement imaginées par une si brillante équipe d’analystes et de brillants politologues, dont le seul mérite aura été de nous apprendre que la grande famille du pouvoir illégitime pouvait, finalement, être aussi drôle que les Simpson ? Dans le théâtre, on avait inventé la comédie, le vaudeville, la bouffonnerie, la parodie, le burlesque, le sketch, le pastiche, la satire, la clownerie, l’arlequinade, la facétie… Aucun de ces styles ne paraît, cependant, correspondre au grotesque de la situation. Ah ! Peut-être dans la pantalonnade, qui n’est pas ce que vous pensez, mais dans le théâtre italien, une posture comique assez drôle dans laquelle excellait le pantalon, qui n’est pas non plus ce que vous pensez, mais un personnage du théâtre vénitien qui porte traditionnellement cette sorte de culotte et qui a laissé son nom pour désigner un homme sans dignité et sans consistance !
Depuis on a cependant su que « pantalonnade » veut dire, en même temps que ce que vous pensez, subterfuge grotesque pour sortir d’embarras. Rappelons-nous : la théorie du « président malade et démissionnaire » avait déjà permis, en 2005, d’avorter les grosses contestations autour des effets catastrophiques de la fameuse Charte pour la paix. Val-de-Grâce avait étouffé le scandale politique. Le régime s’est servi de nouveau, en 2006, de la théorie du « président malade et démissionnaire », pour briser le débat houleux qui commençait à s’installer autour du projet d’amendement de la Constitution. À quoi bon débattre, se disait-on, d’un projet mort-né, compromis par la santé défaillante du président ? Dans les deux cas, le régime a obtenu, par l’esbroufe, un répit salutaire qu’il a su habilement exploiter. Aujourd’hui, en 2013, Bouteflika substitue le débat autour de la corruption de Chakib Khelil, c’est-à-dire la corruption imputable à sa famille politique, par un débat sur l’AVC et ses conséquences sur la gouvernance. Val de Grâce II continue le boulot diversion de Val de Grâce I ! Comme en 2004, le régime utilise la presse minaudière et l’opposition maniérée pour reconduire, « légalement » et dans le cadre du « pluralisme », le président Bouteflika à la tête du pays ! Encore une fois, un des subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays, aura magnifiquement fonctionné. Ainsi, pendant que d’éminents esprits nous rebattent la thèse du « président malade et démissionnaire », que dit et que fait le principal intéressé ? Il affirme à qui veut l’entendre : « Grâce à Dieu, je me porte très bien » ; il prépare la population à l’émotion du « retour au pays » ; il multiplie les flagorneries en direction de l’opinion publique ; il n’oublie pas de « remercier » la presse qu’il gratifie d’une journée spéciale le 22 octobre… Tout cela débouche sur une information capitale : la décision de postuler pour un quatrième mandat est déjà prise !
Alors, je crois bien que, faute d’antécédents dans le genre théâtral, l’on soit obligé de rapprocher la manœuvre complice à laquelle se prêtent une partie de notre presse et de notre opposition, d’une pantalonnade tout à fait remarquable d’adresse et d’inventivité et dont on rirait volontiers si elle n’était un discours de diversion qui finit par laisser au régime l’initiative politique. Nous avons juste oublié que le diable, devant les nigauds, entreprend toujours de jouer au nigaud. Tout autocrate compte sur la bêtise humaine pour enfourcher le monde et l’étrangler de ses sangles. Il suffit de laisser croire. Gouverner c’est faire croire a dit Machiavel. C’est cela, le but de la politique, pour Machiavel, ce n’est pas la morale mais la réussite : obtenir et conserver le pouvoir !
Finissons par un clin d’œil à la journée du 3 mai pour évoquer le « papier » si précieux pour un journaliste et dire que toute cette histoire ressemble, en effet, à celle du papier plié en quatre qu’on découvre au détour d’une ruelle, que l’on ramasse avec une curiosité difficilement contenue, que l’on fourre dans la poche avec cupidité, que l’on ouvre, enfin, avec angoisse pour découvrir que la trouvaille, au final, n’était qu’un prospectus de vente au rabais… Il sera alors l’heure pour l’île mystérieuse de fermer ses portes. Rendez-vous dans quatre ans pour une autre séance de fantasmagorie. Entre-temps, nous aurons au moins appris que la politique n’est pas un jeu, mais un art de la dissimulation au nom de l’efficacité. Et l’efficacité, ici, consistait, tout simplement, tout bêtement, serai-je tenté de dire, à s’assurer de sa propre succession en 2014 !
Algerie: Bouteflika hospitalisé, la mauvaise graine ne meurt jamais
Algerian President Abdelaziz Bouteflika was transferred to France–military Hospital Val-de-Grâce near Paris– for medical tests on Saturday night after suffering a minor stroke. Apparently, the autocrat is still alive, the mini-stroke has had no impact on his intellectual capacity. Besides the fact that the president chooses to go to France to seek medical treatment and does not have any confidence and/or trust in his own country’s physicians, this health crisis has very little impact on the future of the Algerian regime.
Photo d’un hôpital Algérien: où Le Peupe se Soigne
Photo d’un bloc opératoire a l’Hôpital du Val-de-Grâce : où Le Bouteflika se Soigne
So what does that all mean? Nothing really. If Bouteflika, who preparing himself to run for another term, doesn’t kick the bucket and die, another thug like him would replace him, and the long nightmare of Algeria continues. If he is successful at fighting the security and military apparatus and imposes himself as the unique candidate again, well he will probably rule for a couple of more years and then dies in office. Either way, it’s a lose-lose situation for Algeria.
There is something that foreign observers of Algeria needs to understand: Nothing seems as it looks, and nothing looks as it seems. In theory, Algeria is a democracy with a vibrant and even sometimes rambunctious political parties. However, in reality and practice, power has always been confined to a small secretive inner-circle of military and security men. All that civilian power is a shiny coast of veneer to provide the regime with some legitimacy on the international scene. So If Bouteflika doesn’t dies or doesn’t run for another term, his successor will most likely be chosen behind closed doors and away from any popular input and accountability because this is where resides the real power in Algeria.
The real power in Algeria is like a vampire always hidden from the sun and abhors transparency and accountability. The real political competition in Algeria is not at the ballot box, but it is between Bouteflika and his clan, and the military-intelligence services and their clan. Briefly stated, the real tug-of-war over power–therefore the control over oil rent–is between General Mohammad Mediène, aka Toufiq, and Bouteflika. And whoever wins, will be the ruler. Anything else is a pure show.
How do you keep the population from uprising and claiming transparency? Well, open up social spending, subsidize everything, and engage in systemic and systematic disinformation.
In describing what Stalin was able to do in Russia during WWII and the post-period, and how he was able to make the Russian people tacitly accept his dictatorial rule, the great British historian Alan Charles Bullock said the following
“No one understood better than Stalin that the true object of propaganda is neither to convince nor even to persuade, but to produce a uniform pattern of public utterance in which the first trace of unorthodox thought immediately reveals itself as a jarring dissonance.”
Well, in Algeria, 50 years of systematic and systemic social, religious, economic, and especially intellectual charlatanism and “charlatanization” of the Algerian people has produced a uniform pattern of public utterance in which the first trace of unorthodox thought immediately reveals itself as a jarring dissonance. Therefore, even if the people are unhappy, they accept the dictate because they are incapable of imagining by themselves and for themselves an alternative model of governance; because they have built their lives and livelihood on a system that has no rules; because they have grown accustomed to anarchy, chaos, thievery; and because most Algerians have become a thieving, conniving, and corrupt people. So any change in Algeria has to be more than political. Any change has to be so drastic and so radical that it will need to shake the very foundations of the country, of our history, of our social and political structure. And this change, ladies and gentlemen, can only be violent, bloody, and with a long period of unrest.
So, let me comfort my dear DRS readers who have been bombarding me with hateful emails and messages. I know that you are reading every post i write, and thank you for that. At least you sleep less stupid every time you read my posts. But i leave you with Churchill’s warning about change. He said “We must take change by the hand or rest assuredly, change will take us by the throat.” So you have the choice. You either take change and guide it, or it will take you and claim you as a victim.
Algeria: La Victoire du FLN aux élections locales. Le Pourquoi.
Everyone seems to be surprised that the FLN, this old and discredited party, keeps on winning and keeps on being the first and most important party in Algeria. The media are bamboozled, the talking-heads are rolling their eyes, and raising their hands in total disbelief, and the inept and non-existent political opposition is accusing the FLN of electoral fraud, belligerent campaigning, and unbecoming behavior. Well, let me tell you right now: all of these is total bull-crap.
The FLN won and its victory is pretty much legitimate because the FLN is an institution in the classic sense. And as such, it is sticky. So, a more appropriate title would’ve been: “It’s the institution, stupid!”
And everyone who doesn’t acknowledge and/or understand this victory has no understanding of what a political party is, and what it does, and for what purpose it exists. If you are among the idiots who believe this nonsense, like our newspapers and media personalities, I urge you to go read some books and educate yourself on the topic.
The question is why the FLN won? What’s it about this party that allows it to win? And that, ladies and gentlemen, is because the FLN is a real party. It has a brand name. It has owned issues for as long as Algeria has been independent. It has an organizational structure and framework that allows it to exist and be present in every wilaya, city, municipality, county, and village in the country. It has a base of faithful, although this base is not what it used to be. It has a hierarchy that pretty much dictates and delineates the paths toward career advancement, although we can’t discount the important role of corruption and nepotism here. Briefly stated, the FLN looks like a party, functions like a party, behaves likes a party, walks like a party, and talks like a party. Hence, it is a party. In a country where most political parties are paper-tigers, being a real party is a big plus.
Yes, the FLN is an old discredited party. Yes, the FLN is chuck full of corruption and nepotism. Yes, the FLN is the party of the past, an archaic and antiquated party. Yes, the FLN hasn’t had one single new and innovative idea since November 1, 1954. Yes, the FLN is a broken political clock that gets the time right twice a day. Nevertheless, the FLN is a party in the electorate; it is a party as an organization; and it is a party in government. And as such, it is the only political party in Algeria right now that has these features. The rest of the parties of the opposition or in whatever place they want to be have never bothered to build their parties nationally and provide them with serious structures and organization. Granted, the FLN party-identification numbers are not that great, but they exist; they are not fictional, and that’s what allows this party to win. The rest of the opposition exists on paper, and nowhere else.
Corruption, ineptitude, and archaism do not cause huge and consecutive electoral defeats and major realignments of the electorate. It is only the loss of the brand of a given party, and the loss of its institutional structure, which is geared for victory, that causes the collapse of a political party. The last two features are very strong within the FLN, and that’s why the FLN wins.
Tunisie: Rached Ghannouchi met en garde contre les dangers de l’intégrisme violent
Courtesy of Juan Cole.
Tunisian Muslim Leader Warns of Dangers of Violent Fundamentalism
Posted on 09/21/2012 by Juan
As the Tunisian Ministry of the Interior announced that no demonstrations would be permitted on Friday, the Muslim leader Rached Ghanoushi warned of the dangers of violent fundamentalism. The Tunisian government invoked emergency powers on learning of plans for violent disruptions on Friday, in response to anti-Islam caricatures published in the French magazine Charlie Hebdo.
Ghanoushi, the leader of the ruling al-Nahda Party and a long-time proponent of political Islam in Tunisia, has come out strongly against the small but violent “Salafi Jihadi” movement in an interview with Agence France Presse. He said that these violent extremists posed a threat both to his own al-Nahda Party and also to general liberties in the country, and said that such disruptive groups need to be dealt with decisively.
The Salafis, or hard line ultra-fundamentalists, in Tunisia, unlike those in Egypt, did not gain seats in parliament, and they are mainly known for a series of small but provocative public acts of violence and disruption, including throwing stones outside movie theaters, rioting outside art exhibits, harassing unveiled women, attacking tourist hotels for selling alcohol, and, last Saturday, attacking the American school and setting a fire on the grounds of the US Embassy in Tunis. The hard core of activists sometimes gets support in a few working class districts of the capital and some small rural towns, but it is far out of the mainstream of the country.
Many Tunisians are secularists, and there is a strong tradition of moderate Sunni Muslim reformism. Ghanouchi himself told me in an interview in May that his al-Nahda had unreservedly embraced democracy and the principle of popular sovereignty.
Other Tunisians when I was there viewed al-Nahda with suspicion and felt as though it was using the Salafis or at least not interfering with them, as a way of shifting the country toward the religious Right. Educated women often expressed fear of the Salafis taking away their rights.
The al-Nahda government is being criticized for not having arrested Salafi extremist Seif Allah Ibn Hussein, known as Abu Iyadh.
Ghanoushi has in the past condemned actions of the Salafis but at the same time complained of ‘provocations’ by secularists. In this interview, he appears to have made no excuses for them and to have condemned them roundly (though the Arabic version of the AFP interview condemns ‘Salafi Jihadis,’ not all Salafis).
I take it he has begun to worry, as I suggested last weekend, that al-Nahda itself may become associated in the public mind with the extremism and violence of the Salafis, and so could suffer in the parliamentary elections now scheduled for late spring, 2013. The proponents of political Islam in both Tunisia and Egypt face the problem that if they crack down on the extremist Salafis, they look like lackeys of imperialism defending attacks on the Prophet Muhammad. They could thus injure their standing with their own base. On the other hand, if they don’t dissociate themselves from and prove the can curb the disruptions of the Salafis, they could lose the general public in a future election.
Secular-minded Tunisians will be watching al-Nahda carefully to see if it follows through on its commitment to public order and to curbing the Salafi Jihadis.
The US State Department took revenge on the al-Nahda government for its failure to prevent Saturday’s attack on the American embassy by issuing a travel warning for Tunisia, discouraging Americans from going there. This step was a blow to Tunisian tourism and prospects of attracting foreign investment. Ghanoushi told me that the al-Nahda government had good relations with the US and was pleased with the support in Washington for Tunisian democracy. He couldn’t say so publicly, but some of his forthrightness in his AFP interview may have been an attempt to reassure Western powers about the new Tunisia.














The Salafis, or hard line ultra-fundamentalists, in Tunisia, unlike those in Egypt, did not gain seats in parliament, and they are mainly known for a series of small but provocative public acts of violence and disruption, including throwing stones outside movie theaters, rioting outside art exhibits, harassing unveiled women,