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Autopsie de la crise Algérienne: le cœur du problème

March 1, 2014 6 comments

Pour comprendre ce qui se passe en Algérie aujourd’hui, il ne faut pas se concentrer sur le théâtre politique qui entoure la candidature de Bouteflika pour un 4e mandat. Non, il ne s’agit pas de Saadani ou de ses attaques sur Général Toufik ou du frère du président, Saïd. Les observateurs et analystes politiques qui limitent le problème de l’Algérie à seulement une crise liée à des personnalités politiques et militaires et à un président vieillissant qui essaie désespérément de s’accrocher à son siège se méprennent gravement de la nature du problème algérien. Ils se concentrent sur les symptômes au lieu de la pathologie de la maladie. Il faut aller au-delà de cette analyse superficielle et ces théâtralités. En fait, il faut aller à la genèse de l’État algérien post-1962 pour comprendre le cœur du problème et ce qui se passe de nos jours en 2014. En bref, le noyau de la crise algérienne est que le pacte politique qui a donné naissance à l’État algérien n’est plus viable. Ce pacte ou contrat n’est plus en mesure de s’adapter aux différents acteurs et de gérer la concurrence entre eux dans son cadre original tel qu’il avait été conçu et conclu en 1962. En conséquence, les mécanismes structurels et institutionnels du régime sont enrayés. La structure de base de la gouvernance en Algérie est coincée dans un marasme politique, et elle ne peut plus fournir des réponses et des solutions adéquates à la crise politique actuelle à laquelle le pays fait face. La seule solution à cette crise est une refonte complète de la façon dont le pouvoir est conçu, structuré, compris, géré, et exercé. En d’autres termes, il s’agit d’une « re-conceptualisation » de l’état Algérie en tant qu’entité politique. Sans une telle révision, cette crise peut être cosmétiquement et temporairement gérée, mais elle ne serait pas définitivement résolue, et l’Algérie serait confrontée à nouveau au même problème dans un avenir proche.

La genèse de l’État algérien en 1962 a été le résultat d’un pacte faustien et à son cœur était l’armée comme seul acteur. Le pacte originel a exclu le peuple algérien complètement de l’équation. Ce pacte à travers lequel la société algérienne devait être organisée, a été mis en place et investi du droit d’assurer la protection et le bien-être commun et de réglementer les relations entre ses membres et ses groupes. Ce pacte était la création de l’armée par l’armée et pour l’armée. Ce pacte était le résultat de militaires négociant avec d’autres militaires pour établir un état militaire. Dans sa création originelle, l’État algérien basé sur ce pacte n’avait pas besoin du peuple pour tirer ou asseoir sa légitimité parce que sa légitimité était révolutionnaire avec un caractère sacré, d’un ordre presque divin, et qui ne devait pas être remise en cause par le peuple.

La revendication de cette légitimité révolutionnaire (les rebondissements autour de la lutte entre le GPRA et l’ EMG nonobstant), a permis à l’armée de capturer l’état et de se doter d’une façade civile composée d’une bureaucratie, et d’une aile politique composée d’un parti politique unique. Le but était que l’armée détienne les clés de l’État, tandis que la bureaucratie et le parti unique géraient les affaires du pays au jour le jour. Ce qui manquait dans ce pacte initial était le peuple algérien. Et depuis que ce pacte faustien a vu le jour et a donné naissance au premier état d’une  Algérie libre, le peuple a toujours essayé d’obtenir un siège à la table, ou de renégocier ce pacte initial.

Et au fil des années, l’état algérien s’est efforcé d’acquérir tous les attributs et les accoutrements d’un état normal civil au service des algériens, mais sans leurs contributions. Les rôles principaux de la bureaucratie et du parti unique étaient d’interagir avec le peuple algérien afin de protéger les militaires de toute réaction populaire. Cet arrangement a fonctionné en grande partie sans accroc grave principalement grâce aux petits réajustements et aux corrections astucieuses que l’armée a apportés à chaque fois que l’état a rencontré une petite entrave.  De Ben Bella à Boumediene, de Chadli  jusqu’à Bouteflika, le pacte originel a survécu par des réajustements de priorités, par son adaptation à de nouvelles situations et de crises, mais sans jamais fondamentalement changer ses principes, ses structures, et sa doctrine fondatrice.

La seule chose qu’un état doit avoir pour asseoir ou tirer sa légitimité, est le consentement du peuple à travers l’expression de sa volonté. Et si nous sommes d’accord avec cela, nous devons arriver à la conclusion que l’armée est simplement une autre institution de l’exécutif chargée de la défense du pays et doit être dépourvue de toutes autres prérogatives ou rôles. Par conséquent, le militaire ne représente pas l’État, et l’État n’a pas besoin du militaire pour exister. Tout ce qu’un État a besoin est le peuple. Pour paraphraser Abraham Lincoln, un état qui est issu «du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périra pas de la terre. »  Cela représente une renégociation fondamentale et radicalement complète du pacte social qui a organisé la société algérienne depuis 1962. Cette renégociation du pacte originel devrait donner logiquement lieu à un nouvel état algérien et à une nouvelle république dans laquelle le militaire n’est qu’un appendice.

Oui, nous pouvons nous perdre dans les envolées lyriques autour de Bouteflika et son 4e mandat, et le rôle du général Toufik et sa police secrète, mais la vraie lutte qui sévit et assaille Algérie depuis 1962 tourne autour d’une question relativement simple, celle de la renégociation du pacte d’originel. Par le passé, l’armée était en mesure de traiter de ces questions par le biais de petites corrections de course, par la coercition pure et brutale, ou par la corruption et le clientélisme. Elle a réussi en 1988 à violemment arrêter un soulèvement populaire. Entre 1988 et 1992, l’armée avait accepté une sorte de transition démocratique, qui ne menace pas son emprise sur le pouvoir et n’interroge pas son monopole sur la légitimité de l’état et la légitimité révolutionnaire. Cette expérience n’a pas réussi et l’armée est intervenue violemment encore une fois en 1992  pour mettre un terme à cette expérience en menant une guerre pour préserver son rôle, sa position et sa légitimité. L’arrivée de Bouteflika en 1999 a donné un répit bien nécessaire à l’armée, mais le régime de Bouteflika a établi une chose que l’armée n’attendait peut être pas. Bouteflika a étouffé et contrôlé la vie politique à travers la promotion d’un niveau inégalé de corruption et de clientélisme. Pour toutes fins utiles, Bouteflika a créé une classe de clients fidèles avec de profonds intérêts et liens financiers dont leurs survies dépend uniquement de son maintien au pouvoir. De plus, Bouteflika, pour rester au pouvoir, est devenu avec son entourage un allié vital de l’armée. A la fin de son 3ème mandat, la question que certains militaires de haut rang se posent est : Qui est le prochain ? Y a t-il quelqu’un de confiance pour être le visage civil d’un état militaire? Telles sont les questions fondamentales au cœur du débat et la lutte qui a eu lieu pendant toute l’année dernière. Connaissant la gravité de sa maladie et son handicap, l’armée ne semble pas trop avoir l’envie de parier sur un autre mandat de Bouteflika. Si l’armée parierait sur Bouteflika, sa candidature provoquerait une agitation populaire et une crise éventuelle, le pacte initial qui a donné naissance à l’État algérien serait au centre des débats qui suivraient ce soulèvement hypothétique. L’armée craint que la renégociation du pacte de 1962 l’exclurait et arracherait d’entre ses mains le contrôle de l’État. Donc, à bien des égards, nous sommes toujours en prise avec la même question que nous n’avons pas traitée depuis 1962. La légitimité de l’état algérien devrait t-elle rester sur le consentement et la volonté du peuple? Ou devrait t-elle être dérivée de la légitimité révolutionnaire de l’armée? Si la réponse est du consentement populaire et de la volonté du peuple, le militaire serait exclu, et la notion de la légitimité révolutionnaire entrerait dans le domaine et le récit de la mémoire collective de la nation algérienne, et non pas le droit exclusif ou la propriété privée des militaires. Mais si la réponse est la légitimité révolutionnaire, alors l’état algérien restera un état militaire.

C’est là où Hamrouche a fait une terrible erreur lors de sa conférence de Jeudi quand il a affirmé que l’armée doit avoir un rôle actif pour trouver une solution à cette crise. Hamrouche dit:

« Il n’y a aucune chance d’instaurer un système démocratique sans l’aval de l’armée. Je ne demande pas un coup d’État. Je n’appelle pas l’armée à empêcher Bouteflika de se représenter. Je l’appelle à sauver l’Algérie de l’impasse » (TSA, Jeudi 27 Février).

Ce que Hamrouche dit en fait est qu’on ne doit pas renégocier le pacte faustien originel qui a donné naissance à un État militaire en 1962. Non seulement ce pacte doit rester, mais ce que l’Algérie a besoin est juste une petite correction ou un réajustement du style de 1965. Mais dans sa conception la plus simple et la plus intrinsèque, la démocratie est un état civil par excellence qui repose que sur la légitimité et la volonté du peuple. La démocratie dans sa conception la plus simple, le militaire est complètement exclu de la vie et des décisions politiques. La démocratie dans sa conception la plus simple, c’est le peuple qui délègue la responsabilité de l’entreprise des affaires de la nation à ses représentants qu’il choisit et renouvelle sur une base régulière. Dans cette interaction entre le citoyen et son représentant, il n’y a pas de place ou de rôle pour l’armée. Et donc, si nous voulons trouver une réponse et une solution permanente à la question posée depuis 1962 et qui est au cœur de la crise actuelle, l’armée doit être carrément exclue de toutes solutions. C’est parce que Hamrouche est l’enfant du pacte faustien originel de 1962, il ne peut concevoir un état dont le militaire n’est pas le garant de sa légitimité ni un acteur principal dans sa conception.

En conclusion, une chose est sûre: l’armée en Algérie va essayer de continuer à négocier un plus grand rôle pour elle-même, non pas comme une simple institution, mais comme l’épine dorsale autour de laquelle l’état est construit. L’armée continuera d’essayer de protéger le pacte originel de 1962 pour garantir et assurer son contrôle sur l’État. Mais comment? L’armée algérienne a essayé la coercition auparavant; elle a essayé d’utiliser et de manipuler le terrorisme auparavant; elle a essayé de recruter et de choisir ses propres candidats auparavant; elle a assassiné ses rivaux et elle a même assassiné ou est responsable de l’assassinat d’un de ses présidents. Comment donc le militaire va sortir de cette crise sans perdre son contrôle de l’État? Quelle nouvelle réorganisation de l’état va t’elle inventer? À mon avis, ce régime né en 1962 à travers un pacte faustien est à court de solutions viables et d’imagination. Tôt ou tard, l’armée devra faire face à deux options: 1) donner le contrôle de l’état au peuple pour qu’il puisse forger un autre pacte social sans l’apport ni la présence des militaires ; ou 2) intervenir avec force pour réaffirmer son pouvoir, sa souveraineté et sa légitimité une fois de plus. Il n’y a pas une 3e option pour l’armée algérienne, et il semble que l’état algérien avec toute sa classe politique souffre d’un manque endémique et même « alzheimerien » d’imagination ces mois-ci. Bientôt, on aura notre réponse.

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Algérie: Bouteflika, l’impossible candidature. Un probable désistement?!

February 26, 2014 2 comments

On y va, un peu de fiction/spéculation politique…

La façon et la manière avec lesquelles Bouteflika a annoncé sa candidature pour les élections présidentielles du 17 Avril ont soulevé plus de questions au sujet de la condition physique et mentale du président-sortant qu’elles n’ont apporté de réponses. Le peuple Algérien s’attendait et attend encore et toujours d’entendre et de voir le président, de le voir faire campagne, de serrer quelques mains, d’embrasser des bébés, et de faire un ou deux discours au cours d’un ou deux rallies de campagne. Bref de mener une campagne électorale normale même si elle doit être courte et minimale.

Toutefois, en raison de sa maladie et de son état de santé très dégradé,  Bouteflika se retrouve, pour toutes fins utiles, dans l’impossibilité de mener une campagne électorale normale. Il ne peut ni faire des apparitions à la télévision ou dans des meetings de campagne, il ne peut ni faire des discours préparés ou impromptus, et il ne peut se montrer à la nation sans révéler et sans montrer l’étendue et la gravité débilitante de sa condition.  En fait, le président est tellement affaibli et tellement invalide qu’il ne peut même pas répondre ou honorer normalement  le minimum de ses fonctions et prérogatives constitutionnelles.

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Et c’est ici que ceux qui ont poussé et ont précipité l’annonce de la candidature de Bouteflika ont fait une erreur de calcul grave — ou peut-être, ils ont fait un calcul Machiavélique et un dangereux pacte Faustien.

Maintenant, qu’elle est la sortie de ce gambit clairement précipité?

C’est dans ces quelques lignes du code électoral (voir ci-dessous) que réside la sortie de Bouteflika de la campagne électorale pour les élections présidentielles, et la résolution du gambit que ses gestionnaires ont prévu et planifié.

Code Electoral- Article 141 : Le retrait du candidat n’est ni accepté ni pris en compte après le dépôt des
candidatures.

En cas de décès ou d’empêchement, un nouveau délai est ouvert pour le dépôt d’une nouvelle candidature; ce délai ne peut excéder le mois précédant la date du scrutin ou quinze (15) jours dans le cas visé par l’article 88 de la Constitution.

En cas de décès ou d’empêchement légal d’un candidat après la publication de la liste des candidats au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, la date du scrutin est reportée pour une durée maximale de quinze (15) jours.”

Pour sortir Bouteflika de cette campagne et pour conjurer la vague de mécontentement qui  s’est emparée des médias et réseaux sociaux depuis que Sellal a annoncé il y a trois jours la candidature du président-sortant, l’Article 141 du code électoral offre aux manouvriers machiavéliques du clan présidentiel une manœuvre non seulement patriotique et noble, mais surtout élégante, habile et particulièrement surnoise.

Cette candidature de Bouteflika qui est impossible à honorer, à assumer et à remplir ne va pas aboutir. Elle n’ira pas jusqu’au bout, pas parce qu’un sentiment de magnanimité s’est emparé du clan présidentiel, mais parce que la réalisation de l’impossibilité de cette mission suicidaire est doucement et lentement en train de s’infiltrer dans leur raisonnement.

Donc, après le 3 Mars—date de la fermeture du processus du dépôt des candidatures—le clan présidentiel annoncera que Bouteflika va se désister et va retirer sa candidature en raison de problèmes de santé et que sa condition physique ne lui permet pas de conduire une campagne normale. Et c’est la mort dans l’âme que le président-sortant lira à la télé son désistement et évoquera que son « noble cœur saignant d’un patriotisme invétéré pour son pays et que l’amour qu’il a pour l’Algérie l’ont forcé à arriver à cette conclusion déchirante. » Et du même coup, le président-sortant désignera, nommera et choisira son dauphin, celui qui va remplacer sa candidature. En faisant cela, le clan de Bouteflika fera d’une pierre deux coups : un désistement aux apparences nobles et patriotiques, une sorte d’ultime sacrifice pour la nation dans la tradition de Larbi Ben H’midi (hachakoum);  et la désignation de celui qui le remplacera et qui va veiller à protéger les intérêts du clan de Bouteflika bien après la mort de ce dernier.

Bien sûr, celui qui remplacera Bouteflika héritera de sa machine électorale et sera alors plus que probable le prochain président de l’Algérie.  Cette manœuvre machiavélique a l’avantage de couper court à toutes les manifestations et à tous les mouvements sociaux contre la 4eme candidature de Bouteflika, et à apparemment normaliser  une situation qui ne peut être normalisée par des manœuvres plus que futiles et des mouvements stratégiques plus que diaboliques.

C’est pourquoi le mouvement pour organiser le boycott des élections présidentielles du 17 Avril est plus que jamais nécessaire (voir mes précédents billets sur ce sujet ici et )

Algérie: Le 4éme mandat, un mal pour un bien si…

February 24, 2014 6 comments

L’idée du boycott ne doit pas être limitée uniquement a boycotter des élections du 17 Avril pour simplement les boycotter sans lendemain (cliquer ici pour lire le billet précédent sur les arguments en faveur du boycott). Le boycott est une occasion à saisir pour rassembler ce qui reste de forces vives dans le pays, les organiser autour du thème du boycott pour avancer l’agenda réel, l’agenda le plus important qui est celui du changement politique. Ce 4éme mandat de Bouteflika est et pourrait être un mal pour un bien, et on peut et on a la possibilité de tourner ce mal en bien. Mais Il faut saisir cet occasion qui est offerte à nous pour rassembler les Algériens autour du thème du boycott, et qu’on fasse une campagne active et réelle pour que le boycott soit une réussite—on doit faire campagne pour boycotter les élections comme si on faisait campagne pour être élu. Mais l’agenda réel est et reste le changement du système et le changement politique.

Pour ceux qui disent: «Mais ils vont tricher.” Je dis, ce n’est pas grave. Au contraire, nous voulons qu’ils trichent, nous voulons qu’ils s’engagent dans la fraude électorale. Cela ne ferait qu’accroître l’argument moral qui devrait souligner le mouvement de boycott et le mouvement du changement politique.

Pourquoi je parle du boycott comme une occasion, une aubaine à saisir, comme un mal pour un bien ? C’est très simple. Les Algériens ont peur et ils sont perdus. Ils ne savent même plus ce qui est réel et ce qui est faux parce que la vie politique qui est devant eux est fictive — les journaux et les journalistes travaillent et sont contrôlés par le système. La radio et la télévision contrôlées par le système. Les partis politiques et la plupart des politiciens sont des créations du système. Les syndicats et les associations, la même chose. Rien de ce qui entoure le peuple Algérien est réel ou une expression indubitable de leurs désirs, leurs angoisses et leurs inquiétudes politiques.  Tous les moyens pour une expression politique authentique sont contrôlés par le système ou sont une création de ce dernier. En outre, la seule expression politique qui est autorisée et qui est encouragée par notre pouvoir est la violence. Ce pouvoir encourage la violence afin de contrôler la société, afin de contrôler le message politique, afin de discréditer la vie politique et de noyer les quelques politiciens authentiques et honnêtes qui restent ainsi que le peuple dans une sorte de psychose dont le seul objectif est la préservation du système et l’immunisation du peuple contre tous les mouvements qui militent pour le changement. La conséquence de cet environnement de psychose et de violence est que le peuple Algérien est cynique, incrédule, dubitatif, méfiant de ses politiciens et de la politique, et a peur de sortir et de protester et d’exprimer son opinion. Car pour les Algériens le changement est synonyme de violence, de chaos, et d’anarchie. En qui et en quoi peut-on faire confiance, demande le peuple? Personne répond le peuple.

La question est: comment pouvons-nous briser le cycle de la peur, de la psychose et du cynisme? La seule façon est à travers l’organisation, et la création d’organisations qui ont pignon sur rue. Nous devons construire des organisations qui donnent au et articulent la parole du peuple, qui minimisent la probabilité de la violence, qui déchirent le voile du cynisme, et qui agissent comme un tampon entre le peuple et le système.  Il ne suffit pas d’avoir une plateforme bien rédigée comme celle du Front du Changement National (FCN), et je n’ai rien contre le FCN. Mais si les plateformes étaient les seuls outils nécessaires pour articuler et provoquer le changement, nous aurions déjà vu leur succès dans d’autres pays. Les plateformes, aussi magnifiques et louables qu’elles soient, ne sont que de l’encre sur du papier. Sans organisation, il n’y a pas de changement. Sans un message clair autour duquel le peuple peut coalescer, il n’y a pas de changement. Et sans les organisations qui propagent ce message pour que le peuple puisse l’entendre et le comprendre même à travers l’énorme brouhaha et vacarme produits par le système, il n’y a pas de changement.

Bâtir et lancer un mouvement pour le boycott est bâtir la structure organisationnelle du changement. Non seulement ce mouvement peut vaincre et battre la narrative du système le jour du scrutin le 17 Avril et coupe à travers le bruit ambiant, mais il peut fournir également l’argument moral et la base organisationnelle sur et par laquelle la bataille pour le changement peut être menée.

Mais nous devons être sérieux. Nous devons travailler dur pour que ce mouvement pour le boycott soit une réussite. Nous devons construire l’organisation qui mobilise les électeurs à rester chez eux et à déserter les rues le jour du scrutin. Une sorte de Janvier 1960 bis. Ensuite, nous utilisons le succès du boycott pour pousser l’ordre du jour le plus important qui est le changement. A ce moment là, nous serons engagés face à face avec les représentants, les structures, les institutions, et les organisations du pouvoir dans un bras de fer intense ; et sans avoir les bases et les structures organisationnelles solides qui supportent et offrent un soutien inconditionnel nécessaire pour la victoire finale, le système vaincra et perdurera encore pour quelques années jusqu’à son effondrement éventuel de causes naturelles. Ce jour-là, non seulement le changement nous sera dicté, il prendra également la forme de réformes drastiques imposées directement sur ​​nous. Et vous savez quoi? Nous ne serons pas en mesure de dire non parce que nous n’aurons plus le luxe de pouvoir dire non.

Algeria: Réinventer la Politique et la Citoyenneté en Algérie

December 1, 2013 Leave a comment

Pour être en mesure de trouver une solution ou un moyen pour sortir de cette crise que l’Algérie est en train de traverser, nous devons d’abord diagnostiquer le problème qui a empêché le peuple Algérien d’agir, d’influer et/ou de peser sur le cours politique du pays. Je pense qu’il y a une méfiance, voire une véritable défiance d’une énorme proportion du peuple envers tous les acteurs politiques, tous les partis politique, et tous les mécanismes politiques traditionnels. Personne ne croit plus en une quelconque idéologie, en un parti politique, en un acteur politique, ni dans les institutions démocratiques traditionnelles que l’on retrouve dans chaque république. En peu de mots, l’Algérien ne croit plus en l’État. Et l’État n’a rien fait pour inciter les citoyens de croire en ses institutions.

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Je pense que pour réconcilier le peuple avec la politique, nous devons et nous avons besoin de repenser la politique en Algérie. En profondeur! Nous devons réinventer une nouvelle façon, une nouvelle méthode et manière de faire de la politique. Et cette nouvelle méthode doit être complètement dissociée de tous les mécanismes de politiques traditionnels comme les partis politiques complètement discrédités, dissociés de la politique électorale, et sans aucune relation avec une quelconque idéologie. Une politique qui est née d’une société civile dynamique et qui est nourrie par elle. Cependant, le problème en Algérie est l’absence totale d’une société civile, et pour réinventer la politique et la citoyenneté en Algérie, il faut réinventer la société civile (nous reviendrons sur ce  dernier point plus tard)

Toutes les idéologies en Algérie, de la plus modérée à la plus radicale à travers tout le spectre politique, ont fait faillite. Les Islamistes, tout comme les nationalistes, les socialistes, et les libéraux n’ont plus de crédibilité auprès du peuple. Ils ne parlent qu’entre eux et pour eux-mêmes, et ne produisent plus de discours politique cohérent à destination d’un quelconque public. Ceux qui sont encore investis, d’une façon ou d’une autre, dans le processus de politique partisane sont juste les clients du régime. Et tous les partis politiques représentant ces idéologies ne représentent plus que leurs propres personnes, et non plus le peuple.

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Ce que j’observe, et ce qui nous interpelle, est que le peuple en Algérie a soif d’actions concrètes prises pour résoudre des problèmes concrets. Des actions concrètes conduisant à des résultats tangibles. Il y a donc un grand besoin de réinventer la politique en Algérie en réinventant la société civile- – une sorte de politique «réelle», ou du « réalisme politique » qui doit être apolitique dans le sens traditionnel, non-idéologique dans le sense le plus large, et au-delà du processus électoral. Et pour être en mesure d’atteindre cet objectif, le processus politique et la politique elle-même en Algérie doivent être complètement décentralisées. Ce processus de décentralisation doit aller aussi loin que le niveau de nos quartiers.

Des associations de quartiers doivent être créés organiquement pour faire face aux problèmes quotidiens et réels tels que le nettoyage des rues et des quartiers, la circulation, le parking, le recyclage des ordures, la sécurité, les écoles, les performances et les progrès scolaires, les commerces illicites, les prix abusifs, les problèmes environnementaux, la santé et les services sociaux, etc.

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Mais comment envisager ce rôle éminemment civique et social pour des associations de quartiers qui doivent donc faire face à tous ces problèmes que tous les habitants de chaque quartier en Algérie rencontrent au quotidien? Tout d’abord, s’imprégner de l’idée que ces problèmes ne sont pas d’ordre idéologique et/ou partisan. Par conséquent, toutes les idéologies et la politique partisane doivent rester en dehors de la présentation et la représentation des problèmes et des solutions. Ce sont des problèmes concrets qui ont besoin de solutions concrètes. Les associations de quartiers doivent interpeler leurs élus locaux et nationaux, maires et députés, conseillers municipaux, et leurs walis, pour attirer leur attention sur des problèmes réels, et leur proposer des solutions. Si les maires et les walis ne voient pas ou ne considèrent pas ces associations comme une menace politique, ils ne demanderont pas mieux que de travailler avec leurs électeurs et leurs administrés. En outre, même si les premières demandes n’apportent pas les résultats escomptés, ce processus doit être répété jusqu’à ce que les dirigeants de la daïra ou la ville apprennent à écouter leurs citoyens représentés par ces associations de quartiers. Ce processus est un processus d’apprentissage de la citoyenneté, une socialisation politique qui naît au niveau local. Et cette socialisation politique est l’épine dorsale d’une société civile efficace et que l’Algerie en a tant besoin.

L’étape suivante consiste à essayer de tricoter et de former un réseau (ou des réseaux) qui puisse rassembler les associations de quartiers portant ou traitant des mêmes problèmes. Ainsi, une coopération entre les associations de quartiers représentant les différentes parties et lotissements d’une ville émergeront et se formeront. Cela donnera une grande force à ces associations et à leurs doléances. Ce n’est que par ce processus qu’une société civile consciente des mécanismes efficaces de formulation de doléances et leurs représentations verra le jour et réapprendre ce que c’est de faire de la politique. Les Algériens apprendront, en marchant et progressivement, que la politique n’est pas seulement une rhétorique partisane et idéologique vide, mais un mécanisme par lequel de vraies solutions sont trouvées pour résoudre des problèmes réels.

Au fil du temps, un ou des leaders émergeront de ce processus et investiront le processus politique pour une représentation nationale. Ces dirigeants ne seront pas parachutés d’en haut, sans lien réel avec la vie des gens ordinaires. Ces leaders émergeront de nos quartiers, de nos villes, de nos wilayas. Ils porteront avec eux les problèmes réels qui confrontent le peuple quotidiennement. Bien sur, a ce moment la, ils choisiront leurs idéologies, mais cette idéologie sera modérée par le désir d’une représentation efficace qui englobe la plupart des habitants d’une circonscription. En outre, les habitants de la circonscription apprendront à fonctionner selon des mécanismes bien développés et rodés de formation et de représentation de leurs doléances. Ils apprendront à mettre la pression ou à brandir la menace électorale pour un effet bien précis.

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Une chose est sûre: nos problèmes sont très sérieux et il n’y aura pas de solution magique ou d’homme providentiel qui nous tomberait des cieux, apportant avec lui toutes les réponses et les solutions pour résoudre tous nos problèmes. Nos problèmes sont très sérieux et ils ne seront pas résolus par des pseudo-intellectuels philosophant théoriquement dans des salons de the loin du peuple et de leurs problèmes. En plus, le myth de la personne propre et honnête au-delà de l’imaginaire est juste une fable et une fantaisie pour enfants, pas une réalité. Donc, il est temps d’arrêter d’attendre le prophète Mohamed (saaws) ou ces compagnons. Ils ne reviendront pas. Et il faut aussi arrêter d’attendre que ce régime là change par magie. Il ne changera pas. En outre, il faut se résoudre à abandonner tout espoir que le système politique actuel puisse permettre de lui-même l’émergence d’une Algérie saine. Par conséquent, la réinvention de la politique en Algérie, comme je la vois, est une nécessite. Cela permettra d’apporter des solutions concrètes à des problèmes réels, et permettra l’avènement d’une société civile consciente et efficace qui est le fondement même de tout système républicain et démocratique.

Ce que je propose est difficile et Il faudra du temps pour le réaliser. Il y aura plein d’embûches, et le progrès sera très difficile à réaliser. Mais, je crois, que le résultat final en vaudra la peine.

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Algeria: L’opposition Algérienne ou “les vaut-riens que je connais vs. les vaut-riens que je ne connais pas”

December 1, 2013 Leave a comment

Pour tous ceux qui se considèrent dans l’opposition et s’opposent à notre régime (moi y compris), permettez-moi de dire la vérité crue et simple: nous avons échoué terriblement et lamentablement. L’opposition–toute l’opposition d’ici, de là-bas, de celle en Algérie, de l’étrangèr, et de toutes idéologies–a échoué terriblement et indéniablement. L’échec de l’opposition est si terrible qu’il est devenu néfaste.

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Il est temps de faire le constat, et de commencer à penser au pourquoi de cet échec. Il est temps d’évaluer la réalité de la situation et de repartir de zéro. Nous ne pouvons plus prétendre que cette façon de faire, de s’opposer au régime Algérien fonctionne. Le peuple Algérien ne vous écoute plus et pas. Le peuple ne bouge et ne bougera pas parce que cet opposition n’a aucune crédibilité auprès de la majorité du peuple (et je ne parle pas des clowns de l’opposition parlementaire). C’est cela la vérité amère. Si on n’a pas compris cela c’est qu’on a rien a faire dans l’opposition ou dans la politique et le mouvement social. Et oh, il ne faut pas blâmer le peuple pour votre échec.

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Par conséquent, un jour ce régime s’effondrera de lui-même a cause des problèmes économiques graves et endémiques de ces 50 dernières années. La question est: Est-ce que cet opposition (et opposition au pluriel) est prête? Peut-on lui (ou leur) faire confiance? Plus important que cela, peut-il leur faire confiance ce peuple? Sont-ils à la hauteur de tacler nos très sérieux problèmes? Et ma réponse est: je ne suis pas sûr. Je ne sais pas, et d’après ce que je vois, je pense que non, un gros non. Par ailleurs, je n’ai pas confiance en cet opposition autant que je n’ai pas confiance en ce gouvernement. Nous les Algériens, nous nous dirigeons vers un chaos certain, sombre et total, peu importe le prochain président et l’avenir immédiat. Et le peuple sait tout cela; il est loin d’être dupe. Et ce même peuple dit “je garde les vaut-riens que je connais que les vaut-riens que je ne connais pas”. Il n’est donc pas trop tard pour l’opposition de revoir sa copie si elle veut le respect du peuple Algérien, parce que maintenant, le peuple ne respecte pas l’opposition car il ne respecte plus rien.

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Oh, je vois déjà certains qui après avoir lu ce texte le rejettent. Certains de ceux qui pensent qu’ils sont le chef de file d’une certaine opposition qui n’existe que dans leur imagination. Mais sachez que rejeter ce que je dis ne résoudra pas le problème

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Algeria: l’Armée des Frontières

December 1, 2013 Leave a comment

Courtesy of: http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2011/11/16/22645173.html

l’armée des frontière, par Jean-François Paya

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l’armée des frontières, Algérie

SYNTHÈSE GROUPE RECHERCHE HISTORIQUE

Jean-François PAYA

L’armée des frontières, regroupée en Tunisie et au Maroc, fortement dotée d’un matériel moderne, structurée comme une armée régulière, avec sa hiérarchie d’officiers sortis des écoles militaires françaises ou égyptiennes, son  règlement intérieur, ses casernes, ses recrues, son chef tout-puissant,  Boumédiene, qui n’a jamais milité en Algérie et a passé toute la guerre à l’extérieur.

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Boussouf

Il fut nommé par Abdelhafid Boussouf chef d’état-major en 1960, non pour ses talents militaires, mais parce qu’il joua un rôle décisif dans la répression du «complot des colonels», vaste soulèvement de cadres et de soldats dirigé contre le G.P.R.A. qui refusait d’envoyer des armes à l’intérieur. Par des méthodes bureaucratiques et répressives, il sélectionna un appareil militaire qui finit par coiffer toute l’A.L.N. extérieure et garda son autonomie vis-à-vis du G.P.R.A….

Après la signature des accords d’Évian, la crise éclata ouvertement entre  l’A.L.N. des frontières et le G.P.R.A., qui chercha alors à s’appuyer sur les willayas de l’intérieur, tellement délaissées pendant la guerre. Mais les objectifs du  G.P.R.A. et ceux des willayas étaient contradictoires.

Le G.P.R.A. n’avait  d’autre ambition que de se faire valoir auprès de l’impérialisme français comme l’équipe la plus apte à faire respecter les accords d’Évian ; dans le phénomène du «willayisme» s’exprimait la volonté des combattants de ne pas se contenter d’une indépendance formelle, de bâtir leur propre pouvoir. Et le caractère social différent de l’armée des frontières s’est clairement exprimé dans la violence avec laquelle  elle a œuvré à écraser «les militants de l’intérieur»…

L’A.L.N. de Tunisie entre en Algérie et s’installe facilement en willaya I (Aurès) et en willaya VI (Sud algérois). L’A.L.N. du Maroc entre facilement en  willaya V (Oranie), très peu active. Elle exerce une répression féroce sur les cadres et  les militants de «l’Organisation politique et administrative», qualifiés de  harkis, et liquide toutes les structures du F.L.N.

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au centre, Houari Boumédiene

Mais lorsqu’elle s’avança vers Alger,  l’A.L.N., illusionnée par la décomposition du G.P.R.A., se heurta en septembre à Boghari (1.300 morts) aux militants aguerris et résolus des willayas II, III  et IV, tandis que Yacef Saadi, encerclé par les forces de la «Zone autonome  d’Alger», capitulait dans la Casbah. Boumédiene, qui n’avait jamais utilisé son matériel lourd contre les Français, osa l’employer contre les djounouds.

Mais, après Boghari, un grand nombre de cadres et de soldats quitta l’armée des  frontières, soit en se faisant démobiliser, soit en emportant les armes. Les vides furent comblés par les débris de la force locale (harkis, mercenaires…).

Les cadres algériens demeurés au service de l’armée française vinrent, d’un commun accord entre l’état-major français et celui de «l’Armée nationale populaire», combler les vides laissés par les cadres révolutionnaires.

L’A.N.P. est devenue une armée régulière, pléthorique (100 000 hommes), avec  son budget énorme, son matériel lourd fourni par la France, l’Égypte ou les pays de l’Est, sa hiérarchie et ses cadres soigneusement épurés, provenant pour  l’essentiel de l’armée française des écoles égyptiennes ou des frontières, avec  des différences de soldes marquées entre les soldats, les sous-officiers et les  officiers (le soldat gagne 20 000 AF, pouvoir d’achat élevé en Algérie compte tenu de la misère générale, le sergent, 53 500 AF, l’adjudant 107 000 AF. Il ne nous a pas été possible de connaître les soldes des officiers).

L’A.N.P. possède sa presse intérieure et sa revue mensuelle, El Djeich«À côté de l’armée, la gendarmerie, la police et la sûreté générale sont devenues des annexes de l’A.N.P. depuis que Boumédiene est ministre de la Défense nationale et vice-président du Conseil.»  (idem, pp. 52-54.). Telle est la colonne vertébrale du pouvoir en Algérie.

POINT DE VUE : L ORIGINE DU POUVOIR EN ALGÉRIE

C’est un fait admis que le  complot s’est concocté à Oujda durant les années de braise, pendant que les wilayas de l’intérieur se faisaient étrillées par l’Armée française. «Quand  le diable assiste à nos réunions, il perd lui-même son latin», aurait  confié Chérif Belkacem, l’ex-ami de Bouteflika et l’un des piliers du Clan d’Oujda.

De leur Tkanbiss est sortie une idée géniale qu’il a fallu concrétiser avec l’aide de l’inévitable Messaoud Zeghar. Le Clan d’Oujda et leur ténor Boumédiene étant d’illustres inconnus dans la Révolution, il leur fallait un historique pour rentrer en Algérie en triomphateurs. Mais, pour  contacter les historiques qui se trouvaient en France dans une prison, la mission était apparemment impossible.

passeport diplomatique marocain pour Bouteflika

Et c’est là qu’est intervenue la CIA à  travers Zeghar, selon un avis très autorisé. Le Roi Hassan II qui détestait  au plus haut point les responsables du FLN/ALN qui se trouvaient sur son  territoire et qu’il connaissait bien par leurs agissements et les libertés  qu’ils se permettaient à la limite de la provocation, en particulier  Boussouf et Boumédiene, fut contraint de délivrer un passeport diplomatique  à un émissaire de l’État-major de l’ALN, Bouteflika en l’occurrence et ce, à  l’insu du GPRA dont dépendait l’ALN et avec lequel, il risquait de provoquer  une crise diplomatique.

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Bouteflika

Et c’est grâce à ce passeport diplomatique marocain que Bouteflika put entrer dans la prison où se trouvaient les cinq historiques. Il est absolument évident que, sans l’intervention de la CIA, la mission secrète de Bouteflika, criminelle et lourde de conséquences pour  l’avenir du pays n’aurait jamais eu lieu, Hassan II n’ayant aucun intérêt à prendre position pour l’État-major de l’ALN dans son conflit avec le GPRA. Durant la Révolution, le travail fractionnel était durement réprimé et celui  de l’État-major de l’ALN était d’une extrême gravité puisqu’il ne visait ni plus, ni moins que la division du GPRA.

Malgré cela, Boumédiene en est sorti  indemne et le GPRA n’a élevé aucune protestation auprès de la monarchie marocaine au sujet de sa complicité avec l’État-major de l’ALN. Ces  questionnements appellent des éclaircissements de la part des responsables  encore en vie : qu’ils ne laissent pas les nouvelles générations sur leur  faim.

Jean-François Paya
SOURCES : Mohammed Harbi et certains ex-agents des services Algériens retraités
Synthèse GROUPE DE RECHERCHES HISTORIQUES par cercle ALG /POITOU Septembre 2011

 

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Algeria: Sur le Racisme et La Débilité Collective en Algérie

October 31, 2013 Leave a comment

Déferlement de racisme et d’ignorance à cause d’un pénalty

Un torrent de racisme s’est répandu sur les réseaux sociaux et les médias Algérien juste après le coup de sifflet final du match Burkina Faso vs Algérie. Dans ces eaux usées, ces égouts de l’humanité, des mots comme macaque, singe, africain, noir, nègre, négro, sous-développé, affamé, esclave, et ainsi de suite, décrivent l’arbitre Zambien, Janny Sikazne, qui a officié le match.

Venant de notre part, venant d’un peuple qui a été décrit comme un peuple de “bougnoules” de « nègres » et de «sous-développés » pas si longtemps que cela, c’est ironique, chauvin, immature, débile, et honteux.

Pourquoi ce discours et ce langage de haine digne des Nazis et des membres du Ku Klux Klan? Pourquoi sommes-nous si intolérants et racistes? Qui sommes-nous vraiment pour penser que nous sommes tellement meilleurs que nos frères et sœurs d’Afrique? D’où vient ce sentiment de fierté immérité? D’où vient cette intolérance, ce racisme, ce préjudice envers nos frères Africains?

Alors permettez-moi de vous dire et d’électriquement choquer votre mémoire collective de sa stupeur FLNiste et de son amnésie Bouteflikienne, si vous avez oublié,  vos/nos origines: Nous sommes Africains. Et oui, nous le sommes. Peut-être que cela vous vient comme un choc, mais nous sommes Africains d’abord et avant tout. Nous ne sommes pas mieux que les Burkinabés, les Zambiens, et les autres Africains. Nous sommes sous-développés. Nous sommes tiers-mondistes. Parmi nous, il y a ceux qui meurent de faim, et parmi nous il y a ceux qui sont noirs. Nous sommes un petit pays insignifiant sur l’échelle régionale ou mondiale qui importe 90% de ce qu’il s’empiffre, et si ce n’était pas pour un phénomène géologique ou un accident de providence, nous crèverons la dalle.

Permettez-moi encore une fois de vous rappeler que nos universités sont classées parmis les dernières sur le continent africain (notre meilleure université est classée 38éme sur le continent africain). La plupart de nos élèves du secondaire ne seront même pas en mesure d’être admis ou de s’en sortir dans les universités Sud-Africaines, Ougandaises, Kenyans, Nigérianes, Ghanéennes, Ethiopiennes, ou Malgaches, et ainsi de suite. Oui, toutes les universités que je viens de citer ont un meilleur classement que les nôtres.

Ou peut-être c’est la raison de toute cette débilité collective. C’est parce que notre université Algérienne et notre école sont devenues des écuries glorifiés, une sorte de « M’adressâtes Talibanisée », des morgues et des cimetières où la connaissance et l’éducation dans toutes ses facettes et avec toute son ampleur vont mourir pour fertiliser les chrysanthèmes la fosse humaine qu’est devenue  l’Algerie que nous sommes aussi odieux et aussi haineux.

le grand Ferhat Abbas avait raison quant il a écrit ceci en 1963, “Quant à notre jeunesse, elle sera condamnée à ne plus penser. Le régime fabriquera des robots, des opportunistes et des courtisans.”  Il avait tort sur ​​un point: les robots ne sont pas capables de racisme.
Oh je vois déjà la chorale qui chante en chœur et à l’unisson me dire que je suis moralisateur, que je pontifie de nouveau. Certains se demanderont “qui diable êtes-vous pour dire ce que vous venez de dire?” Mais je ne me soucie pas trop de cela. Je dis ce que j’ai à dire, et c’est tout, et si vous n’aimez pas trop ce que je dis, c’est que vous savez que j’ai raison.

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