Archive

Archive for the ‘Militaire Algerien’ Category

Algérie: La prostituée & les proxénètes

March 17, 2014 1 comment

Il parait qu’il y a une entente, une sorte de paix, un patto di non violenza, un accord entre les proxénètes pour exploiter encore la prostituée nommée Algérie. Il faut dire que cette belle brunette de prostituée a des yeux séduisants, et les hanches bien larges et bien pleines de cash.  Sa renommée est légendaire parmi les connaisseurs de l’industrie du sexe. Depuis presque 50 années que cette fille de joie regarde le chandelier, étudie les petites imperfections de son plafond,  arpente les trottoirs jours et nuits, séduit les michetons totalement désarmés devant ses cahrmes , et amasse l’oseille comme une folle broyeuse. Tellement d’oseille qu’elle est devenue le bien le plus précieux d’un groupe de proxénètes trop gros, trop méchants et vraiment hideux. Et il semble que Boutef est ce fameux micheton de consensus. Il faut dire que Boutef était un micheton connu dans le temps, très viril. Il y a même des légendes sur son compte comme quoi qu’il pouvait aller tout le quinquennat, sans arrêt, sans pause, et sans viagra. Et oui Messieurs, Dames, plusieurs fois de suite !

sex-sex_worker-pimp-prostitute-dinner_guest-working_girl-jcon4777lMais dernièrement, les gros, méchants, et vraiment hideux  proxénètes savent bien que Bouef a vieilli. Il n’est plus le même. Pas de vigueur. Sans coup de hanche s’est affaibli. Il est mou comme un baba au rhum. Il balbutie et bave le pauvre; Il sent le camphre et le vinaigre; il a la tremblote, l’œil qui divague, et il est sourd comme un pot. Il parait même qui ne reconnaît plus personne, même pas sans image dans son miroir antique et poussiéreux. Mais que faire disent les proxénètes ? Que faire ? Leur cheval, leur étalon va crever bientôt et tout le viagra du monde ne le fera pas durer tout un autre quinquennat, pas même sa moitie ou le tier. Ils savent que leur client est cuit. Mais mesquin et sournois comme un proxénète, tu n’en trouveras pas. Ils se sont dits, « il faut tourner notre cheval de bois en un cheval de Troie ». Puisque ce choix est provisoire et temporaire,  on utilisera le temps qu’Aziz nous donnera pour affûter notre solution de rechange, celle que nous avons dans notre poche. Dans l’éventualité de la mort du micheton préféré de la prostituée dénommée Algérie, on remplacera un miché par un autre, et la fille de joie sera de nouveau comblée et continuera a amasser de l’oseille pour nous. Alors, c’est quoi cette solution ? Est-ce la création d’une vice-présidence via un amendement et un referendum constitutionnel qu’on va fourré dans le derrière de notre belle pute?  Ou peut-être une autre élection présidentielle, une danse de séduction pour encore une fois convaincre notre vache- à-cash de continuer ses déhanchements? On ne sait pas encore. Mais la solution, On l’a.

Hélas ! On sait trop bien ce qui se trame dans la tête des proxénètes de la belle Algérie. Une Chose est pourtant très sûr et très certaine est que ces proxénètes vont encore faire durer et perdurer le plaisir d’une période de haute instabilité pour au moins une autre année. Ils s’en foutent de la santé de notre fille de joie parce que comme tous les proxénètes, les maquereaux, et les souteneurs du monde, ils utilisent les asphalteuses, les croqueuses, et les putes comme de vulgaires vache-à-cash. Une fois, la fille de joie est trop vieille, ils lui donnent un bon coup de pied au cul, et allez oust dehors la pétasse!

Algérie: Là où Mouloud Hamrouche s’est gravement trompé

February 18, 2014 4 comments

Mouloud Hamrouche dans son article publié aujourd’hui dans La Nation et TSA pose la question suivante: “Faut-il rappeler ici et maintenant que la renaissance de notre identité algérienne et notre projet national ont été cristallisés, abrités et défendus successivement, par l’Armée de Libération Nationale, puis, l’Armée Nationale Populaire ?” Et la réponse est un non catégorique. Tout d’abord en laissant la question de l’identité Algérienne de côté, la conception de l’Etat Algérien n’est pas né avec l’ALN. Ceci est un mensonge qui a été répété sans cesse depuis 1962 pour déformer notre histoire et pour légitimer Boumediene et son régime illégal.

Le concept de l’Etat Algerien remonte à Messali Hadj lorsqu’il a appelé à l’indépendance de l’Algérie de la France vers la mi-1930. Ensuite, ce projet a été avancé et renforcé par le MTLD, le PPA et puis le GPRA dont la conception a toujours été un état civil Algérien. Non seulement l’ALN (plus précisément, l’armée des frontières) a volé et a détourné ce project, mais elle l’a aussi militarisé.
hamrouche
Deuxièmement, aussi longtemps que nous lions, associons, et juxtaposons la naissance de l’Etat Algérien à l’armée, nous n’aurons pas un état civil et nous serons jamais une démocratie ou un état de droit. Cet état civil sera toujours miné et minimisé par l’armée, et sera toujours en manque de légitimité. Par conséquent, il est crucial d’avoir une lecture correcte de l’histoire, et de divorcer l’émergence de l’Etat Algérien de l’armée. Oui, l’armée/ALN a contribué à notre indépendance – comme tout autre militaire dans le monde – mais elle n’est pas l’unique titulaire ou dépositaire de la légitimité historique et la légitimité nationale de l’Etat Algérien, ni ne doit-elle être le garant de sa force et sa puissance. Il est plus que temps de démilitariser et de de-Boumedieniser l’Etat Algérien sinon nous serons toujours confrontés au même problème.

Hamrouche aurait du dire que les militaires doivent comprendre une fois pour toute qu’ils ont un seul rôle: ils restent dans les casernes et veillent sur les frontières. Quand le pays est attaqué, on leur fera appel. Au-delà de ce rôle très spécifique, ils n’ont rien à dire et ils n’ont aucune prérogative ou privilège dans la politique d’un Etat civil. Mais il n’a pas dit cela. Donc, n’importe quel projet politique que Hamrouche semble en train de colporter sera un projet qui continuera le cauchemar Algérien, qui continuera la militarisation de l’Etat Algérien, qui continuera l’état de non-droit, qui continuera la corruption institutionnalisée, qui continuera le clientélisme et le patronage. Mais avec un vernis plus brillant pour faire avaler son projet  à un peuple déjà trop fatigué pour réfléchir à une sortie de son charlatanism quotidien.

Algérie: Le conflit Bouteflika-Toufik: l’avenir de l’Algérie se joue sans les Algériens

February 9, 2014 3 comments

Ceci est mon humble point de vue sur ce qui se passe en Algérie ces jours/semaines ci. On commence d’abord par quelques faits, et puis après, on verra où on est.

Mais laissez-moi d’abord poser une question: ce conflit Bouteflika-Toufik, est-il un conflit réel et sérieux entre deux clans? Si c’est oui, alors pourquoi les deux clans ne se sont pas totalement engagés dedans? Pourquoi ils se battent a coup de proxies? Pourquoi ça à l’air d’un conflit à fleurets mouchetés? Et finalement, comment se fait-il que système de pouvoir Algérien dont l’armée est son cœur battant et dont le DRS (Département du Renseignement et de la Sécurité) est sa création est en conflit avec lui-même? Donc, si c’est un conflit sérieux entre deux clans, et ces clans ont assez de munitions pour se détruire les uns les autres, et ils ne le font pas, peut-on vraiment appeler cela un conflit ou une lutte au sommet du pouvoir et de l’état entre des clans? Ou peut-être que nous devrions l’appeler autrement, comme une restructuration des priorités, une réorganisation de tâches et de rôles, ou même un réaménagement des fonctions à tête de l’armée. Je reviendrai prochainement dans un aute billet pour expliquer plus en détails ce point.

Mais pour l’instant, supposons qu’il y a un conflit entre Bouteflika et Toufik, alors quels sont les faits que nous connaissons à coup sûr?

Fait numéro 1: Nous œuvrons tous avec très peu d’informations solides qui sont corroborées par d’autres sources. En d’autres termes, nous sommes tous en train de spéculer, et par tous je veux dire : journalistes, politiciens de tout bord, et tout le monde sur facebook et la blogosphère. Ceci est un fait indiscutable.  Ceux qui savent ce qui se passe vraiment ne sont pas en train de parler.  Par conséquent, un petit conseil, il faut que tout le monde se calme un peu, et il faut baisser la rhétorique d’un cran.

Fait numéro 2: Il semble qu’il y ait un conflit entre Toufik et Bouteflika, et ce conflit est mené par procurations. En d’autres termes, c’est un  conflit par procuration—i.e., a proxy war–puisque les deux protagonistes n’ont pas parlé ou ont commenté la situation jusqu’à présent.

Fait numéro 3 : La nature de ce conflit: le pouvoir. C’est aussi simple que cela. Ce n’est certainement pas un conflit portant sur la caractéristique ou la nature civile du gouvernement ou de l’état. Ou sur la hiérarchie du civil sur le militaire. Depuis notre indépendance, il y a toujours eu une coalition à la tête de notre État entre les pseudo-civils et les militaires. Cet équilibre délicat a basculé comme un pendule d’un côté à l’autre depuis 1962 favorisant des fois et pour de courtes périodes un acteur de la coalition sur l’autre. Mais comme toujours  le pendule a tendance à se stabiliser par la pesanteur, et les membres de la coalition se souviennent qu’ils ont de nombreux intérêts en commun qui les unissent pour rester au pouvoir.

ewpk61

Tels sont les faits. Au-delà de ces quelques points mentionnés ci-dessus, il n’y a que de la spéculation.  Personne parmi ceux qui sont dans le secret des dieux n’est en train de parler. Par conséquent, je pense qu’il est prudent d’attendre et de voir où cette chose va évoluer. À mon avis, ce conflit va se calmer et les deux parties trouveront un moyen pour s’entendre et pour préserver et défendre les intérêts qu’ils ont en communs. Ce conflit entre Toufik et Bouteflika n’est certainement pas un jeu à somme-nulle (d’ailleurs comme tous les conflits à la tête de l’État en Algérie). Ce conflit est un jeu à somme positive à partir duquel les deux parties vont trouver un terrain d’entente et un moyen pour maintenir un certain équilibre et même maximiser leurs intérêts.

Certes, il y a une variable qui est présente dans ce conflit qui complique sa résolution un peu. Et cette variable est que le réseau de patronage qui avant Bouteflika était limité un peu a augmenté à un niveau insoutenable sous sa présidence au cours des ces 14 dernières années. Ce réseau de patronage a tissé à travers le pays un système clientéliste graissé et entretenu par de vastes sommes d’argent provenant d’un système institutionnalisé de corruption a atteint un point de rupture.  Parce que au cours des 14 dernières années, notre PIB et les recettes de l’État ont augmenté (uniquement et principalement en raison de la rente pétrolière), ce système clientéliste a augmenté aussi ce qui est un phénomène normal dans tous les états kleptocrates. Cela signifie que de plus en plus d’argent dérivé d’une corruption institutionnalisée est nécessaire pour nourrir et maintenir ce réseau de patronage. Ceci est le vrai avantage que Bouteflika a dans ce conflit avec Toufik – c’est à dire, qu’il dispose d’un grand réseau de clients fidèles à lui et dont leurs moyens de subsistance est strictement dépendant de lui. Ce sont ceux que nous voyons défendre Bouteflika à longueur de journée à la télé, dans les journaux et la blogosphère, et dont Amar Saidani n’est que la partie visible de l’iceberg. Cela dit, général Toufik, a également construit un solide réseau de clients à l’intérieur de la bureaucratie et la société civile au fil des ans en tant que dirigeant de la DRS. Mais il semble que son réseau a été affaibli ces derniers temps, même si on ne connaît pas encore l’étendue de cet affaiblissement.

En conclusion, il reste à savoir le résultat de ce conflit et la nouvelle coalition ou sa structure et sa composition qui pourrait surgir en raison de ce conflit. Ici, on peut spéculer sur de nombreux scénarios : 1) La victoire totale de Bouteflika et son clan ; 2) La victoire totale de Toufik et son clan ; Ou 3) un équilibre différent à l’intérieur de la coalition entre les militaires et les pseudo-civils à la tête de l’État Algérien sans Bouteflika et sans Toufik, mais avec de nouveaux acteurs aussi prétoriens et aussi prédateurs que Bouteflika et Toufik. Aucun de ces scénarios ne sera positif pour l’avenir de l’État Algérien et le peuple Algérien. Le troisième scénario représenterait le maintien du statu quo qui a été mis en place depuis 1962, une sorte de réarrangement des chaises sur le pont d’un navire en perdition qui est en train de couler doucement devant nos yeux.

Vous pourriez vous poser la question: qu’en est-il des prochaines élections présidentielles? Vont-elles changer ou influencer le cours de l’avenir du pays?? Et malheureusement je dois dire que le résultat des prochaines élections présidentielles ne fera que confirmer et consolider le résultat du conflit entre Bouteflika et Toufik. Quel que soit le scénario ou le résultat de ce conflit, il sera confirmé par les prochaines élections.

Egypt: MILITARY COUP D’ETAT IN EGYPT–7 Immediate Consequences

July 3, 2013 1 comment

The Egyptian military has just conducted a coup d’état, thus forcing out Mohammed Al-Morsi from power. It’s useful to remind the readers that Morsi was legitimately elected in a free and fair election a year ago.

There are no justifications for this military coup, or for any military coup, or for any intervention of the military in civilian democratic governance. None whatsoever. Those who claim that Morsi mismanaged the economy (which could be a valid claim, though he found when he took over the Egyptian economy was already in the tank) or overstepped his power, or was tone deaf to the demands of the opposition do not advance solid justifications for the intervention of the military and the coup. Moreover, all these grievances are normal political grievances found in any democracy and could have been resolved and dealt with through normal democratic and legal means and mechanisms that all democracies–including the Egyptian one–provide.

Moreover, those who argue that this is not a coup d’état, but an civilian inspired intervention of the military in politics to stop Egypt from descending into anarchy and chaos cannot change the fact that Egypt’s military transferred power illegally from a legitimately elected official and placed it in the hands of an unelected and illegitimate official. This is the definition of a coup d’état. And there is no further debate about that aspect of the event.

Having said that, what are the immediate consequences of this military coup d’état in Egypt & in the Arab/Muslim world?

1-High likelihood of a civil strife and civil war

Civil unrest, and a probable civil war, is very likely and sadly almost unavoidable. The supporters of Morsi will probably protest this coup. They will organize sit-ins in parks, streets, avenues and even  mosques. The military will somehow look away for a couple of months, but sooner or later will intervene forcibly to disperse  the protesters, and that would be the spark which would ignite the first round of violence, which, sadly, wouldn’t the last one. Even if the leaders of the MB have announced that they are against and do not support violence and have denounced it repeatedly, violence is more than likely to occur. In this case, who do we blame? The military or the radical wings of the Islamist movement? It’s clear to me that the blame should go first and foremost to those who organized this coup and stole the legitimate and democratic victory of the MB. After that, the blame game starts again, and we will soon not know who did what, why, and when. Sadly, this has always been the hallmark of the cycle of violence in almost all civil wars and civil strife. But as of now, the aggrieved are the member of the MB, and the aggressors are the military. This much is clear.

2-Victory of the radical wing of the Muslim Brotherhood and defeat of the moderate one

For decades, the leadership of the Muslim Brotherhood has been engaged in a serious and tough internal debate to convince its rank and file that democracy is a valid and a legitimate means to arrive to power and do politics. During those years, there were divisions within the movement, the radicals were forced out, outnumbered and muted, and serious fights, fatwas and religious edits were issued to justify democracy, and undermine all alternative means that were so popular in the movement back in the 1960s and 70s. Those who won that debate are the biggest losers today since this coup will provide cover, support, and justification for the rhetoric of the radicals. So, we will probably see the revival of the radical wing of the Muslim Brotherhood which has never believed that Arab/Muslim autocrats would allow an Islamist Party to win elections and exercise power.

3-U.S. will be fairly or unfairly blamed for the coup d’état

The U.S and Israel will be directly or indirectly, fairly or unfairly, blamed for this coup. Even if the U.S did not have any involvement in the coup, the fact that it did not put sufficient pressures on the Egyptian military (with whom it has great relations) will be held against it. Already all over social media networks and Internet forums pictures of a collage of Mossadegh, Salvador Allende and Morsi are floating intimating that this was a coup designed in the West (you add to that Israel) and carried out by “their stooges”, the Egyptian military.

4-Good days ahead for Al-Qaeda

Al-Qaeda has just gotten a fresh batch of new recruits, slogans, narrative, and material. All that material will point an accusatory finger toward the U.S and accuse the U.S (and by extension Israel) for its hypocrisy–i.e., the U.S loves democracy only when it doesn’t involve Islamist Parties–and for being anti-Islam. The “I told you so” will be the new recruiting slogan for Al-Qaeda. Members of Al-Qaeda as well as its ideology never believed and/or supported democracy and have always undermined moderate and not so moderate Islamist political parties. Probably, the biggest blow to the Al-Qaeda as an ideology was the Arab Spring and the electoral victories of moderate Islamist parties in Tunisia and Egypt. However, Al-Qaeda’s biggest victory so far was handed to it by the Egyptian military today. I have no doubt that Al-Zawahiri is celebrating and dancing in his cave right now.

5-Delegitimization of future Islamist Parties in Egypt post Morsi’s MB

All Islamist Parties that choose to take part in future elections in Egypt will have no credibility, just like all Islamist Parties in Algeria now have lost all popular credibility and legitimacy. The loss of credibility will result from 2 sources: 1) the alleged mismanagement of the economy during Morsi’s first year in office (though it is extremely unfair to blame him for the economic situation since he inherited a collapsing economy); and 2) if the MB engages in violence, and clearly calls for a violent uprising against the military or loses control over its base. This will be held against the MB and will harm its political and social brand, and might even lead to its ban.

6-Delegitimization of democracy as a valid means of governance in Egypt

This is a deadly blow to democracy in Egypt. I am afraid that it might even be a complete delegitimization of the democratic process. Regardless of all the spin that we are listening to right now and is coming from Egypt notwithstanding, democracy has died tonight in Egypt. The consequences of that is the rise of an electoral authoritarian system with a democratic veneer, but with deep layers of authoritarian rules.  The freedom of the press, an independent judiciary, freedom of association and speech are, as of now, something of the past.

7-Chilling effect on new democracies in the Arab World and Sub-Saharan Africa

This coup will have a chilling effect on all new and fledgling democratization processes in Tunisia and Libya (there is also another effect that i will develop in future posts). The military in those countries (and in Sub-Saharan democracies as well) will feel emboldened by the Egyptian example. They will feel that they can intervene at any time in the political process to shape politics in the manner they see fit. Effectively, the military has become in the Arab World a very powerful veto player in civilian democratic governance. This is the death of democracy as we know it, and the rise of electoral authoritarianism, which will last a generation or two.

Video of president Morsi’s last speech moment before he was placed under house arrest

Algerie: Un jour, “J’irai cracher sur vos tombes”

July 1, 2013 Leave a comment

Courtesy of Mohamed Benchicou

L’indépendance entre les Aurès et le Val-de-Grâce

Mohamed Benchicou

dimanche, 30 juin 2013

821ee19c73076a9074fe1f4f0b493d5a_XL

Oubliant que le 51e anniversaire de l’indépendance va le surprendre sur un lit d’hôpital de l’armée de l’ancienne puissance colonisatrice, le président de la République a cru nécessaire d’appeler sa propre armée à « défendre la souveraineté nationale ».

On serait tenté de dire que venant d’un homme dont la posture n’est pas, à proprement parler, conforme à la noblesse des propos, le bon sens aurait consisté à s’abstenir d’évoquer la souveraineté dans ces circonstances pas très élogieuses pour l’amour-propre national. Mais voilà bien longtemps que la souveraineté, comme la mémoire ou l’histoire, n’a que valeur de futiles mondanités dans la bouche de celui qui a le devoir de l’incarner. Du reste, ce message a toutes les allures d’une futile mondanité, même pas valeur d’estampille, puisque, en ces temps où la falsification le dispute à la tromperie la plus éhontée et au mensonge le plus abject, on ne sait qui de Saïd, Abdelaziz ou Tartempion l’a vraiment écrit à partir de Paris. Comme dirait La Palisse, c’est à ces brigandages qu’on reconnaît l’absence de l’Etat.

C’est là, le problème. Il n’y a pas de souveraineté sans un véritable Etat fort et démocratique ; il n’y a pas de véritable Etat fort et démocratique sans légitimité. Auquel cas, ledit Etat aurait édifié de véritables hôpitaux pour s’y soigner dans la dignité. Aussi, ce Bouteflika, créature du pouvoir illégitime né il y a 50 ans par un viol de la souveraineté populaire, en l’occurrence un putsch contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), auquel s’est ajouté le viol de la Constitution en 2009 qui a rétabli le pouvoir à vie, devrait réaliser aujourd’hui qu’il est entre les mains des médecins militaires de l’ex-puissance colonisatrice, qu’en démolissant la souveraineté populaire, il n’a fait qu’aliéner la sienne. Comme bon nombre de fiers-à-bras, il croyait devenir plus indépendant en devenant plus méprisant, alors que la négation de la volonté populaire le jetait déjà dans une sorte de servitude.

Il ne s’agit pas de faire un plaidoyer pour une détestation française qui relèverait d’un ridicule esprit cocardier. Le propos ici est de relever qu’il est plus facile de philosopher sur la souveraineté que de s’y conformer. Qassamen est une promesse faite aux hommes. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, elle devient une promesse non tenue. Nos gamins le savent. Le sentent. Tout dans Qassamen est, en effet, un hymne à l’espoir : « Par les foudres qui anéantissent, par les flots de sang pur et sans tache, par les drapeaux flottants qui flottent sur les hauts djebels orgueilleux et fiers, nous jurons nous être révoltés pour vivre ou pour mourir, et nous avons juré de mourir pour que vive la nation ! Témoignez ! Témoignez ! Témoignez ! »

Comment espérer faire trembler par décret nos enfants sur ce chant d’orgueil quand un demi-siècle de gabegie et de corruption les a poussés aux portes du consulat de France avant que leur propre Président ne soit forcé à confier sa survie aux médecins de l’armée française ?

On ne peut prétendre s’ériger en professeur de souveraineté quand on est fasciné par l’ancienne puissance colonisatrice. Cela retombe inévitablement sur la vitalité diplomatique du pays et sur son image. Le chef de l’Etat algérien n’a pas effectué une seule visite officielle bilatérale en Afrique depuis 1999 (d’où l’isolement au Sahel), mais il s’est rendu 12 fois en France, s’imposant même à l’Elysée sans qu’on l’y invite, dont l’une, le 19 décembre 2003, a franchement embarrassé ses hôtes français, obligés de le recevoir à déjeuner ! Jamais un chef d’Etat algérien ne s’était à ce point rabaissé devant l’ancienne puissance colonisatrice. « Pathétique Bouteflika », avait titré le quotidien Nice Matin, sous la plume de son directeur de rédaction, au lendemain de la visite parisienne de quelques heures sollicitée par le président algérien le 3 octobre 2003. Le journal se gausse : « Clic-clac, merci Kodak ! La visite du président algérien n’aura duré que quelques heures. Prétexte officiel, l’inauguration de deux expositions dans le cadre de la fameuse Année de l’Algérie. Raison réelle : être pris en photo, et sous toutes les coutures, avec Jacques Chirac, l’ami français, à la veille d’échéances algériennes majeures. Pathétique visite, et si embarrassante pour la France. »

Du reste, c’est pour le seul usage de politique intérieure que Bouteflika a fait usage de la souveraineté comme de la repentance de l’indépendance ou de la mémoire, devenus de simples mots, rien que des mots qui ne relèvent plus du différend historique, mais du cabotinage conjugal, cette pratique un peu malsaine qui consiste à rappeler au conjoint un antécédent fâcheux chaque fois qu’on éprouve le besoin de lui extorquer une nouvelle déclaration d’amour. Selon les réponses qu’il reçoit de la France, le président algérien peut ainsi passer de la plus grande « indignation » envers le préjudice colonial à la plus béate des indulgences. La France a bien compris le simulacre, elle qui a toujours su accéder à tous les caprices de cet homme à l’égo démesuré, et qui aime s’entendre parler, qui n’avait rien des colonels qui l’avaient précédé au gouvernail algérien, Boumediene, Chadli ou Zeroual. Le Maroc a eu sa saison en France ? Alors l’Algérie aura la sienne. Une kermesse culturelle s’ouvre à Paris le 31 décembre 2002 pour ne se clôturer qu’en décembre de l’année suivante, une procession de galas, d’expositions de toutes sortes, de films et de pièces de théâtre proposés au public français, au moment où Alger ne dispose même pas d’une salle de cinéma digne de ce nom ! Le président algérien n’obtiendra pas d’investissements de la part de la France, mais se contentera d’un match de football France-Algérie, en octobre 2001, que ne justifiait ni le niveau respectif des deux équipes ni le moment.

Pourquoi dire tout cela maintenant et aujourd’hui ? Parce que nous sommes déjà demain, et que demain ne se construit pas sur les mensonges d’hier. « Les échecs ont commencé dès le lendemain de l’indépendance, quand se sont imposés des régimes policiers et militaires, souvent coupés des peuples, privés de toute assise nationale… », a écrit Mohamed Arkoun. La souveraineté comme l’indépendance exigent transparence, démocratie, respect du choix populaire. C’est à cette seule condition qu’elles deviendront la cause de tous et de chacun.

 

Algérie: Bouteflika mort-vivant et Poker menteur autour du cadavre Algérie

May 18, 2013 1 comment

Another beautifully written editorial by Mohamed Benchicou.

Poker menteur autour du cadavre Algérie

Par: Mohamed Benchicou

Samedi, 18 mai 2013

821ee19c73076a9074fe1f4f0b493d5a_XL

Tous les décideurs le savent ; quelques-uns seulement ont le courage de le dire : avec ou sans Bouteflika, le prochain pouvoir aura pour mission presque impossible d’éviter la mort au pays. Avec peu de moyens. Nous n’aurons plus jamais les faramineuses recettes pétrolières dont a bénéficié le régime de Bouteflika.

L’arrivée de ce dernier au pouvoir avait coïncidé avec l’augmentation de la demande chinoise qui avait fait s’envoler les prix du pétrole en quelques années. Aujourd’hui, nous vivons le scénario inverse. L’exploitation du pétrole non conventionnel en Amérique du Nord va créer dans les cinq prochaines années une augmentation de l’offre qui va faire effondrer le prix du baril. Autrement dit, avec ou sans Bouteflika, le prochain régime se débrouillerait avec un pétrole à moitié prix, moins abondant, et des besoins en hausse ! La tragédie nous arrive en effet, droit sur la gueule ! Le pétrole, les réserves financières en milliards de dollars, c’est fini ! Oui, fini. Les projections les plus optimistes donnent l’Algérie pour importatrice nette de pétrole dès 2020.

Au cours des trois mandats du « pouvoir civil » de Bouteflika, il a été gaspillé l’argent du présent et celui du futur. Les hydrocarbures ont été si outrageusement pompés qu’il ne devrait plus rien rester dans le sous-sol d’ici quelques années, date à laquelle nous serions 40 millions d’Algériens, tous, théoriquement, voués à la précarité puisque Bouteflika aura épuisé les réserves pétrolières sans doter la maison Algérie d’une économie diversifiée  pouvant prendre la relève du pétrole et du gaz naturel. En l’espace de cinq ans seulement, la production algérienne de pétrole est passée de 1,6 à 2 millions de barils par jour, soit un bond de 25% ou le double de la moyenne d’augmentation de la production Opep durant la même période.

Les recettes ? Sans s’étaler sur la partie supposée avoir été dérobée par la kleptocratie au pouvoir, elle a surtout engraissé la mafia de l’import via les importations qui ont explosé  entre le premier et le troisième mandat de Bouteflika, passant de 9 milliards de dollars en 1999 à 49 milliards en 2012. Aucun investissement sérieux n’a été engagé dans la production pour doter le pays d’une économie viable qui prenne le relais des hydrocarbures.

Oui, l’Algérie de Bouteflika rappelle la Russie de Boris Eltsine, toutes proportions gardées, une nation chancelante, otage de prédateurs de toutes sortes qui se sont engouffrés au sein de cette faille providentielle pour vider l’Algérie de son sang. Ce fut à leur seul profit  qu’on a  surproduit le pétrole. Aujourd’hui, il est bien tard… L’Algérie redevient pauvre ! Pauvre et sans solution de rechange : quatorze ans après Bouteflika, le pays n’est plus en mesure de répondre à la demande d’emplois, ni peut-être même à la demande alimentaire.

Les observateurs les plus conscients pensent même que le pire est à envisager. Après 14 années de règne, Bouteflika a mis l’État à la merci de sa population. La fronde des chômeurs peut aller dans n’importe quelle direction, y compris la plus pessimiste,  Bouteflika  ayant abandonné l’investissement productif, comment lutter contre le chômage ?

Mais cela, cette vérité primordiale, celle-là qu’il faut dire non pour abattre, non pour accabler ni pour décourager, mais pour mobiliser, pour réfléchir, cette vérité qui réveille, personne ne veut la communiquer, je veux dire personne parmi ceux qui ont la responsabilité de la dire. Ou alors, quand une bouche plus courageuse que d’autres la formule, elle est immédiatement contredite par les virtuoses du poker menteur. Quand le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, qui sait de quoi il parle, reconnaît que les gisements de pétrole sont en “déclin” et les réserves sont “modestes”, il est immédiatement contredit pas son ministre de tutelle, Youcef Yousfi, pour qui l’Algérie continuera à produire du pétrole et des hydrocarbures en général pendant « de longues années encore ». Et lorsque le ministre des Finances, Karim Djoudi, laisse entendre qu’il n’y a plus d’argent en caisse, que les salaires comme les pensions ne seront plus augmentés, il est aussitôt recadré par le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, qui jure ses grands dieux que tout va à merveille dans ce territoire coupé du monde qui s’appelle l’Algérie.

Nos dirigeants fabulateurs, pour qui l’art de gouverner se réduit à clamer les fausses bonnes nouvelles et à taire les vraies mauvaises nouvelles, entendent démentir la formule d’Abraham Lincoln : «  Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ».  En foi de quoi, ils entreprennent hardiment de duper l’opinion sur l’état de santé d’un président dont ils nous apprennent aujourd’hui qu’il est en convalescence prolongée après nous avoir annoncé, il y a trois semaines, qu’il était entré à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce pour de simples examens complémentaires.  Le léger accident vasculaire se termine ainsi par une lourde vacance du pouvoir mais c’est tout cela, n’est-ce-pas, le charme du poker menteur auquel se livrent, avec tant de zèle et si peu de classe, nos dirigeants depuis cinquante ans.

Le jeu consiste à faire passer les vessies du bunker pour d’heureuses lanternes, c’est-à-dire produire un bobard, sinon crédible, du moins vraisemblable, quelque chose qui ait  l’allure du « mensonge le plus détestable » qu’André Gide définit comme étant « celui qui se rapproche le plus de la vérité », quitte à susciter chez l’opinion une réplique par un autre mensonge, le « mensonge fructueux»  dont Sacha Guitry dit qu’il « consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit ».

L’équation est alors très simple : reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, en supposant qu’il garde ses facultés naturelles, revient à reconduire le pouvoir le plus irresponsable qu’ait connu l’Algérie en 50 ans afin qu’il parachève sa besogne de destruction. Ce serait alors un choix suicidaire, consciemment fait pour en finir avec notre pays.

Le général Lebed disait de Boris Eltsine qu’il était, par nature, un destructeur. « Il ne comprend la politique qu’en brisant et en déstabilisant l’environnement. Cela est une qualité en période de transition, mais il est temps aujourd’hui de construire. Boris Eltsine, lui, n’est pas un bâtisseur. »

Alors oui, reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, c’est en terminer avec l’Algérie. Quelle alternative reste-t-il ? Une seule, confirmée par l’histoire récente, dans tous les pays qui ont vécu une situation similaire : un gouvernement de salut national. Pour cela, il faut le vouloir.

Algérie: L’élection Présidentielle et Les Amuseurs de la République

This is a very beautifully written editorial by Mohamed Benchicou. It’s a must read.

Les Amuseurs de la République

Par: Mohamed Benchicou

vendredi, 03 mai 2013

Les Amuseurs de la République

Comme tous les quatre ans, à pareille époque préélectorale, ils déferlent, en rangs serrés, avec un nouveau spectacle dans les valises, comme s’ils répondaient à l’appel d’un devoir national du simulacre, bousculant à la fois les règles de l’actualité et celles du théâtre burlesque. Le gang des Amuseurs de la République est à l’œuvre !

Leur nouvelle création de 2013, provisoirement intitulée « Le président peut-il encore gouverner ? », originale et désopilante, basée sur l’allusif, un nouveau style baladin qui consiste à contourner la triste réalité nationale pour s’attarder sur l’ailleurs, raconte les tribulations du chef de l’État d’une île mystérieuse, une contrée fantasmagorique dont je suis incapable de vous dire le nom. À croire certains spécialistes versés dans le monde du burlesque, il s’agirait de Fantasyland, un pays magique de Disneyland, où les contes de fées et les histoires qui ont inspiré les films d’animation de Disney prennent vie, comme par magie. Cela expliquerait, sans doute, le fait que le nouveau spectacle, « Le président peut-il encore gouverner ? », vient d’être enrichi de plusieurs déclinaisons tout aussi drôles les unes que les autres, comme « Le quatrième mandat, c’est fini ! », un gag qui a rencontré un succès foudroyant, « La succession est ouverte », avec Benflis en guest-star, ou « Saïd Bouteflika limogé », une fiction loufoque montée avec adresse et dans laquelle des observateurs avertis ont cru reconnaître à la fois la main d’un célèbre manipulateur et un plagiat de Discoveryland, monde de Disney où les prédictions des grands visionnaires prennent vie.

Le débat autour de la fameuse contrée dont parlent nos opposants et nos journalistes est toujours en cours, mais une chose semble cependant certaine : il ne s’agit pas de l’Algérie. La lecture de l’éditorial d’un des membres les plus influents des Amuseurs, ne laisse, à ce propos, aucun doute. Le respectable analyste décrit, en effet, une province étrange mais démocratique, où la succession du président se réaliserait dans « le respect de la souveraineté du peuple, sans contrainte, et dans la transparence », détails qui excluent, de facto, l’hypothèse Algérie. La chose relève d’ailleurs du bon sens : la maladie d’un chef d’État n’étant handicapante qu’en démocratie, système où l’opinion garde le droit de regard sur la gouvernance, la question « Le président peut-il encore gouverner ? » devient, du coup, parfaitement inadaptée à l’Algérie. Chez nous, Dieu merci, pareille complication nous est épargnée, les citoyens que nous sommes n’étant consultés ni sur l’état de santé du chef de l’État, ni sur sa désignation ni encore moins sur sa reconduction. En retour, ce dernier régnerait sans rien nous devoir. C’est tout le privilège de ce que les Russes appellent les vybori bez vybora (élections sans choix), privilège qui s’ajoute, pour des autocraties comme l’Algérie, à celui d’être parfaitement gouvernables à partir d’un lit d’hôpital. La prouesse paraît d’autant plus à la portée de notre chef de l’État que notre cher pays, où le Conseil des ministres ne se réunit jamais, est unanimement reconnu comme l’unique de la planète à fonctionner sous le mode du pilotage automatique, personne n’y gouvernant et, conformément aux vybori bez vybora, personne n’y étant gouverné.

Tout ça pour dire que l’interrogation « Le président peut-il encore gouverner ? », en plus d’être parfaitement incongrue pour un pays où la sagesse autocratique l’emporte sur la véhémence démocratique, pose incontestablement un problème inédit : dans quelle catégorie classer les chimères généreusement imaginées par une si brillante équipe d’analystes et de brillants politologues, dont le seul mérite aura été de nous apprendre que  la grande famille du pouvoir illégitime pouvait, finalement, être aussi drôle que les Simpson ? Dans le théâtre, on avait inventé la comédie, le vaudeville, la bouffonnerie, la parodie, le burlesque, le sketch, le pastiche, la satire, la clownerie, l’arlequinade, la facétie… Aucun de ces styles ne paraît, cependant, correspondre au grotesque de la situation. Ah ! Peut-être dans la pantalonnade, qui n’est pas ce que vous pensez, mais dans le théâtre italien, une posture comique assez drôle dans laquelle excellait le pantalon, qui n’est pas non plus ce que vous pensez, mais un personnage du théâtre vénitien qui porte traditionnellement cette sorte de culotte et qui a laissé son nom pour désigner un homme sans dignité et sans consistance !

Depuis on a cependant su que « pantalonnade » veut dire, en même temps que ce que vous pensez, subterfuge grotesque pour sortir d’embarras. Rappelons-nous : la théorie du « président malade et démissionnaire » avait déjà permis, en 2005, d’avorter les grosses contestations autour des effets catastrophiques de la fameuse Charte pour la paix. Val-de-Grâce avait étouffé le scandale politique. Le régime s’est servi de nouveau, en 2006, de la théorie du « président malade et démissionnaire », pour briser le débat houleux qui commençait à s’installer autour du projet d’amendement de la Constitution. À quoi bon débattre, se disait-on, d’un projet mort-né, compromis par la santé défaillante du président ? Dans les deux cas, le régime a obtenu, par l’esbroufe, un répit salutaire qu’il a su habilement exploiter. Aujourd’hui, en 2013, Bouteflika substitue le débat autour de la corruption de Chakib Khelil, c’est-à-dire la corruption imputable à sa famille politique, par un débat sur l’AVC et ses conséquences sur la gouvernance. Val de Grâce II continue le boulot diversion de Val de Grâce I ! Comme en 2004, le régime utilise la presse minaudière et l’opposition maniérée pour reconduire, « légalement » et dans le cadre du « pluralisme », le président Bouteflika à la tête du pays ! Encore une fois, un des subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays, aura magnifiquement fonctionné. Ainsi, pendant que d’éminents esprits nous rebattent la thèse du « président malade et démissionnaire », que dit et que fait le principal intéressé ? Il affirme à qui veut l’entendre : « Grâce à Dieu, je me porte très bien » ; il prépare la population à l’émotion du « retour au pays » ; il multiplie les flagorneries en direction de l’opinion publique ; il n’oublie pas de « remercier » la presse qu’il gratifie d’une journée spéciale le 22 octobre… Tout cela débouche sur une information capitale : la décision de postuler pour un quatrième mandat est déjà prise !

Alors, je crois bien que, faute d’antécédents dans le genre théâtral, l’on soit obligé de rapprocher la manœuvre complice à laquelle se prêtent une partie de notre presse et de notre opposition, d’une pantalonnade tout à fait remarquable d’adresse et d’inventivité et dont on rirait volontiers si elle n’était un discours de diversion qui finit par laisser au régime l’initiative politique. Nous avons juste oublié que le diable, devant les nigauds, entreprend toujours  de jouer au nigaud. Tout autocrate compte sur la bêtise humaine pour enfourcher le monde et l’étrangler de ses sangles. Il suffit de laisser croire. Gouverner c’est faire croire a dit Machiavel. C’est cela, le but de la politique, pour Machiavel, ce n’est pas la morale mais la réussite : obtenir et conserver le pouvoir !

Finissons par un clin d’œil à la journée du 3 mai pour évoquer le « papier » si précieux pour un journaliste et dire que toute cette histoire ressemble, en effet, à celle du papier plié en quatre qu’on découvre au détour d’une ruelle, que l’on ramasse avec une curiosité difficilement contenue, que l’on  fourre dans la poche avec cupidité,  que l’on ouvre, enfin, avec angoisse pour découvrir que la trouvaille, au final, n’était qu’un prospectus de vente au rabais… Il sera alors l’heure pour l’île mystérieuse de fermer ses portes. Rendez-vous dans quatre ans pour une autre séance de fantasmagorie. Entre-temps, nous aurons au moins appris que la politique n’est pas un jeu, mais un art de la dissimulation au nom de l’efficacité. Et l’efficacité, ici, consistait, tout simplement, tout bêtement, serai-je tenté de dire, à s’assurer de sa propre succession en 2014 !