Autopsie de la crise Algérienne: le cœur du problème

March 1, 2014 6 comments

Pour comprendre ce qui se passe en Algérie aujourd’hui, il ne faut pas se concentrer sur le théâtre politique qui entoure la candidature de Bouteflika pour un 4e mandat. Non, il ne s’agit pas de Saadani ou de ses attaques sur Général Toufik ou du frère du président, Saïd. Les observateurs et analystes politiques qui limitent le problème de l’Algérie à seulement une crise liée à des personnalités politiques et militaires et à un président vieillissant qui essaie désespérément de s’accrocher à son siège se méprennent gravement de la nature du problème algérien. Ils se concentrent sur les symptômes au lieu de la pathologie de la maladie. Il faut aller au-delà de cette analyse superficielle et ces théâtralités. En fait, il faut aller à la genèse de l’État algérien post-1962 pour comprendre le cœur du problème et ce qui se passe de nos jours en 2014. En bref, le noyau de la crise algérienne est que le pacte politique qui a donné naissance à l’État algérien n’est plus viable. Ce pacte ou contrat n’est plus en mesure de s’adapter aux différents acteurs et de gérer la concurrence entre eux dans son cadre original tel qu’il avait été conçu et conclu en 1962. En conséquence, les mécanismes structurels et institutionnels du régime sont enrayés. La structure de base de la gouvernance en Algérie est coincée dans un marasme politique, et elle ne peut plus fournir des réponses et des solutions adéquates à la crise politique actuelle à laquelle le pays fait face. La seule solution à cette crise est une refonte complète de la façon dont le pouvoir est conçu, structuré, compris, géré, et exercé. En d’autres termes, il s’agit d’une « re-conceptualisation » de l’état Algérie en tant qu’entité politique. Sans une telle révision, cette crise peut être cosmétiquement et temporairement gérée, mais elle ne serait pas définitivement résolue, et l’Algérie serait confrontée à nouveau au même problème dans un avenir proche.

La genèse de l’État algérien en 1962 a été le résultat d’un pacte faustien et à son cœur était l’armée comme seul acteur. Le pacte originel a exclu le peuple algérien complètement de l’équation. Ce pacte à travers lequel la société algérienne devait être organisée, a été mis en place et investi du droit d’assurer la protection et le bien-être commun et de réglementer les relations entre ses membres et ses groupes. Ce pacte était la création de l’armée par l’armée et pour l’armée. Ce pacte était le résultat de militaires négociant avec d’autres militaires pour établir un état militaire. Dans sa création originelle, l’État algérien basé sur ce pacte n’avait pas besoin du peuple pour tirer ou asseoir sa légitimité parce que sa légitimité était révolutionnaire avec un caractère sacré, d’un ordre presque divin, et qui ne devait pas être remise en cause par le peuple.

La revendication de cette légitimité révolutionnaire (les rebondissements autour de la lutte entre le GPRA et l’ EMG nonobstant), a permis à l’armée de capturer l’état et de se doter d’une façade civile composée d’une bureaucratie, et d’une aile politique composée d’un parti politique unique. Le but était que l’armée détienne les clés de l’État, tandis que la bureaucratie et le parti unique géraient les affaires du pays au jour le jour. Ce qui manquait dans ce pacte initial était le peuple algérien. Et depuis que ce pacte faustien a vu le jour et a donné naissance au premier état d’une  Algérie libre, le peuple a toujours essayé d’obtenir un siège à la table, ou de renégocier ce pacte initial.

Et au fil des années, l’état algérien s’est efforcé d’acquérir tous les attributs et les accoutrements d’un état normal civil au service des algériens, mais sans leurs contributions. Les rôles principaux de la bureaucratie et du parti unique étaient d’interagir avec le peuple algérien afin de protéger les militaires de toute réaction populaire. Cet arrangement a fonctionné en grande partie sans accroc grave principalement grâce aux petits réajustements et aux corrections astucieuses que l’armée a apportés à chaque fois que l’état a rencontré une petite entrave.  De Ben Bella à Boumediene, de Chadli  jusqu’à Bouteflika, le pacte originel a survécu par des réajustements de priorités, par son adaptation à de nouvelles situations et de crises, mais sans jamais fondamentalement changer ses principes, ses structures, et sa doctrine fondatrice.

La seule chose qu’un état doit avoir pour asseoir ou tirer sa légitimité, est le consentement du peuple à travers l’expression de sa volonté. Et si nous sommes d’accord avec cela, nous devons arriver à la conclusion que l’armée est simplement une autre institution de l’exécutif chargée de la défense du pays et doit être dépourvue de toutes autres prérogatives ou rôles. Par conséquent, le militaire ne représente pas l’État, et l’État n’a pas besoin du militaire pour exister. Tout ce qu’un État a besoin est le peuple. Pour paraphraser Abraham Lincoln, un état qui est issu «du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périra pas de la terre. »  Cela représente une renégociation fondamentale et radicalement complète du pacte social qui a organisé la société algérienne depuis 1962. Cette renégociation du pacte originel devrait donner logiquement lieu à un nouvel état algérien et à une nouvelle république dans laquelle le militaire n’est qu’un appendice.

Oui, nous pouvons nous perdre dans les envolées lyriques autour de Bouteflika et son 4e mandat, et le rôle du général Toufik et sa police secrète, mais la vraie lutte qui sévit et assaille Algérie depuis 1962 tourne autour d’une question relativement simple, celle de la renégociation du pacte d’originel. Par le passé, l’armée était en mesure de traiter de ces questions par le biais de petites corrections de course, par la coercition pure et brutale, ou par la corruption et le clientélisme. Elle a réussi en 1988 à violemment arrêter un soulèvement populaire. Entre 1988 et 1992, l’armée avait accepté une sorte de transition démocratique, qui ne menace pas son emprise sur le pouvoir et n’interroge pas son monopole sur la légitimité de l’état et la légitimité révolutionnaire. Cette expérience n’a pas réussi et l’armée est intervenue violemment encore une fois en 1992  pour mettre un terme à cette expérience en menant une guerre pour préserver son rôle, sa position et sa légitimité. L’arrivée de Bouteflika en 1999 a donné un répit bien nécessaire à l’armée, mais le régime de Bouteflika a établi une chose que l’armée n’attendait peut être pas. Bouteflika a étouffé et contrôlé la vie politique à travers la promotion d’un niveau inégalé de corruption et de clientélisme. Pour toutes fins utiles, Bouteflika a créé une classe de clients fidèles avec de profonds intérêts et liens financiers dont leurs survies dépend uniquement de son maintien au pouvoir. De plus, Bouteflika, pour rester au pouvoir, est devenu avec son entourage un allié vital de l’armée. A la fin de son 3ème mandat, la question que certains militaires de haut rang se posent est : Qui est le prochain ? Y a t-il quelqu’un de confiance pour être le visage civil d’un état militaire? Telles sont les questions fondamentales au cœur du débat et la lutte qui a eu lieu pendant toute l’année dernière. Connaissant la gravité de sa maladie et son handicap, l’armée ne semble pas trop avoir l’envie de parier sur un autre mandat de Bouteflika. Si l’armée parierait sur Bouteflika, sa candidature provoquerait une agitation populaire et une crise éventuelle, le pacte initial qui a donné naissance à l’État algérien serait au centre des débats qui suivraient ce soulèvement hypothétique. L’armée craint que la renégociation du pacte de 1962 l’exclurait et arracherait d’entre ses mains le contrôle de l’État. Donc, à bien des égards, nous sommes toujours en prise avec la même question que nous n’avons pas traitée depuis 1962. La légitimité de l’état algérien devrait t-elle rester sur le consentement et la volonté du peuple? Ou devrait t-elle être dérivée de la légitimité révolutionnaire de l’armée? Si la réponse est du consentement populaire et de la volonté du peuple, le militaire serait exclu, et la notion de la légitimité révolutionnaire entrerait dans le domaine et le récit de la mémoire collective de la nation algérienne, et non pas le droit exclusif ou la propriété privée des militaires. Mais si la réponse est la légitimité révolutionnaire, alors l’état algérien restera un état militaire.

C’est là où Hamrouche a fait une terrible erreur lors de sa conférence de Jeudi quand il a affirmé que l’armée doit avoir un rôle actif pour trouver une solution à cette crise. Hamrouche dit:

« Il n’y a aucune chance d’instaurer un système démocratique sans l’aval de l’armée. Je ne demande pas un coup d’État. Je n’appelle pas l’armée à empêcher Bouteflika de se représenter. Je l’appelle à sauver l’Algérie de l’impasse » (TSA, Jeudi 27 Février).

Ce que Hamrouche dit en fait est qu’on ne doit pas renégocier le pacte faustien originel qui a donné naissance à un État militaire en 1962. Non seulement ce pacte doit rester, mais ce que l’Algérie a besoin est juste une petite correction ou un réajustement du style de 1965. Mais dans sa conception la plus simple et la plus intrinsèque, la démocratie est un état civil par excellence qui repose que sur la légitimité et la volonté du peuple. La démocratie dans sa conception la plus simple, le militaire est complètement exclu de la vie et des décisions politiques. La démocratie dans sa conception la plus simple, c’est le peuple qui délègue la responsabilité de l’entreprise des affaires de la nation à ses représentants qu’il choisit et renouvelle sur une base régulière. Dans cette interaction entre le citoyen et son représentant, il n’y a pas de place ou de rôle pour l’armée. Et donc, si nous voulons trouver une réponse et une solution permanente à la question posée depuis 1962 et qui est au cœur de la crise actuelle, l’armée doit être carrément exclue de toutes solutions. C’est parce que Hamrouche est l’enfant du pacte faustien originel de 1962, il ne peut concevoir un état dont le militaire n’est pas le garant de sa légitimité ni un acteur principal dans sa conception.

En conclusion, une chose est sûre: l’armée en Algérie va essayer de continuer à négocier un plus grand rôle pour elle-même, non pas comme une simple institution, mais comme l’épine dorsale autour de laquelle l’état est construit. L’armée continuera d’essayer de protéger le pacte originel de 1962 pour garantir et assurer son contrôle sur l’État. Mais comment? L’armée algérienne a essayé la coercition auparavant; elle a essayé d’utiliser et de manipuler le terrorisme auparavant; elle a essayé de recruter et de choisir ses propres candidats auparavant; elle a assassiné ses rivaux et elle a même assassiné ou est responsable de l’assassinat d’un de ses présidents. Comment donc le militaire va sortir de cette crise sans perdre son contrôle de l’État? Quelle nouvelle réorganisation de l’état va t’elle inventer? À mon avis, ce régime né en 1962 à travers un pacte faustien est à court de solutions viables et d’imagination. Tôt ou tard, l’armée devra faire face à deux options: 1) donner le contrôle de l’état au peuple pour qu’il puisse forger un autre pacte social sans l’apport ni la présence des militaires ; ou 2) intervenir avec force pour réaffirmer son pouvoir, sa souveraineté et sa légitimité une fois de plus. Il n’y a pas une 3e option pour l’armée algérienne, et il semble que l’état algérien avec toute sa classe politique souffre d’un manque endémique et même « alzheimerien » d’imagination ces mois-ci. Bientôt, on aura notre réponse.

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Algérie: Bouteflika, l’impossible candidature. Un probable désistement?!

February 26, 2014 2 comments

On y va, un peu de fiction/spéculation politique…

La façon et la manière avec lesquelles Bouteflika a annoncé sa candidature pour les élections présidentielles du 17 Avril ont soulevé plus de questions au sujet de la condition physique et mentale du président-sortant qu’elles n’ont apporté de réponses. Le peuple Algérien s’attendait et attend encore et toujours d’entendre et de voir le président, de le voir faire campagne, de serrer quelques mains, d’embrasser des bébés, et de faire un ou deux discours au cours d’un ou deux rallies de campagne. Bref de mener une campagne électorale normale même si elle doit être courte et minimale.

Toutefois, en raison de sa maladie et de son état de santé très dégradé,  Bouteflika se retrouve, pour toutes fins utiles, dans l’impossibilité de mener une campagne électorale normale. Il ne peut ni faire des apparitions à la télévision ou dans des meetings de campagne, il ne peut ni faire des discours préparés ou impromptus, et il ne peut se montrer à la nation sans révéler et sans montrer l’étendue et la gravité débilitante de sa condition.  En fait, le président est tellement affaibli et tellement invalide qu’il ne peut même pas répondre ou honorer normalement  le minimum de ses fonctions et prérogatives constitutionnelles.

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Et c’est ici que ceux qui ont poussé et ont précipité l’annonce de la candidature de Bouteflika ont fait une erreur de calcul grave — ou peut-être, ils ont fait un calcul Machiavélique et un dangereux pacte Faustien.

Maintenant, qu’elle est la sortie de ce gambit clairement précipité?

C’est dans ces quelques lignes du code électoral (voir ci-dessous) que réside la sortie de Bouteflika de la campagne électorale pour les élections présidentielles, et la résolution du gambit que ses gestionnaires ont prévu et planifié.

Code Electoral- Article 141 : Le retrait du candidat n’est ni accepté ni pris en compte après le dépôt des
candidatures.

En cas de décès ou d’empêchement, un nouveau délai est ouvert pour le dépôt d’une nouvelle candidature; ce délai ne peut excéder le mois précédant la date du scrutin ou quinze (15) jours dans le cas visé par l’article 88 de la Constitution.

En cas de décès ou d’empêchement légal d’un candidat après la publication de la liste des candidats au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, la date du scrutin est reportée pour une durée maximale de quinze (15) jours.”

Pour sortir Bouteflika de cette campagne et pour conjurer la vague de mécontentement qui  s’est emparée des médias et réseaux sociaux depuis que Sellal a annoncé il y a trois jours la candidature du président-sortant, l’Article 141 du code électoral offre aux manouvriers machiavéliques du clan présidentiel une manœuvre non seulement patriotique et noble, mais surtout élégante, habile et particulièrement surnoise.

Cette candidature de Bouteflika qui est impossible à honorer, à assumer et à remplir ne va pas aboutir. Elle n’ira pas jusqu’au bout, pas parce qu’un sentiment de magnanimité s’est emparé du clan présidentiel, mais parce que la réalisation de l’impossibilité de cette mission suicidaire est doucement et lentement en train de s’infiltrer dans leur raisonnement.

Donc, après le 3 Mars—date de la fermeture du processus du dépôt des candidatures—le clan présidentiel annoncera que Bouteflika va se désister et va retirer sa candidature en raison de problèmes de santé et que sa condition physique ne lui permet pas de conduire une campagne normale. Et c’est la mort dans l’âme que le président-sortant lira à la télé son désistement et évoquera que son « noble cœur saignant d’un patriotisme invétéré pour son pays et que l’amour qu’il a pour l’Algérie l’ont forcé à arriver à cette conclusion déchirante. » Et du même coup, le président-sortant désignera, nommera et choisira son dauphin, celui qui va remplacer sa candidature. En faisant cela, le clan de Bouteflika fera d’une pierre deux coups : un désistement aux apparences nobles et patriotiques, une sorte d’ultime sacrifice pour la nation dans la tradition de Larbi Ben H’midi (hachakoum);  et la désignation de celui qui le remplacera et qui va veiller à protéger les intérêts du clan de Bouteflika bien après la mort de ce dernier.

Bien sûr, celui qui remplacera Bouteflika héritera de sa machine électorale et sera alors plus que probable le prochain président de l’Algérie.  Cette manœuvre machiavélique a l’avantage de couper court à toutes les manifestations et à tous les mouvements sociaux contre la 4eme candidature de Bouteflika, et à apparemment normaliser  une situation qui ne peut être normalisée par des manœuvres plus que futiles et des mouvements stratégiques plus que diaboliques.

C’est pourquoi le mouvement pour organiser le boycott des élections présidentielles du 17 Avril est plus que jamais nécessaire (voir mes précédents billets sur ce sujet ici et )

Algérie: Le 4éme mandat, un mal pour un bien si…

February 24, 2014 6 comments

L’idée du boycott ne doit pas être limitée uniquement a boycotter des élections du 17 Avril pour simplement les boycotter sans lendemain (cliquer ici pour lire le billet précédent sur les arguments en faveur du boycott). Le boycott est une occasion à saisir pour rassembler ce qui reste de forces vives dans le pays, les organiser autour du thème du boycott pour avancer l’agenda réel, l’agenda le plus important qui est celui du changement politique. Ce 4éme mandat de Bouteflika est et pourrait être un mal pour un bien, et on peut et on a la possibilité de tourner ce mal en bien. Mais Il faut saisir cet occasion qui est offerte à nous pour rassembler les Algériens autour du thème du boycott, et qu’on fasse une campagne active et réelle pour que le boycott soit une réussite—on doit faire campagne pour boycotter les élections comme si on faisait campagne pour être élu. Mais l’agenda réel est et reste le changement du système et le changement politique.

Pour ceux qui disent: «Mais ils vont tricher.” Je dis, ce n’est pas grave. Au contraire, nous voulons qu’ils trichent, nous voulons qu’ils s’engagent dans la fraude électorale. Cela ne ferait qu’accroître l’argument moral qui devrait souligner le mouvement de boycott et le mouvement du changement politique.

Pourquoi je parle du boycott comme une occasion, une aubaine à saisir, comme un mal pour un bien ? C’est très simple. Les Algériens ont peur et ils sont perdus. Ils ne savent même plus ce qui est réel et ce qui est faux parce que la vie politique qui est devant eux est fictive — les journaux et les journalistes travaillent et sont contrôlés par le système. La radio et la télévision contrôlées par le système. Les partis politiques et la plupart des politiciens sont des créations du système. Les syndicats et les associations, la même chose. Rien de ce qui entoure le peuple Algérien est réel ou une expression indubitable de leurs désirs, leurs angoisses et leurs inquiétudes politiques.  Tous les moyens pour une expression politique authentique sont contrôlés par le système ou sont une création de ce dernier. En outre, la seule expression politique qui est autorisée et qui est encouragée par notre pouvoir est la violence. Ce pouvoir encourage la violence afin de contrôler la société, afin de contrôler le message politique, afin de discréditer la vie politique et de noyer les quelques politiciens authentiques et honnêtes qui restent ainsi que le peuple dans une sorte de psychose dont le seul objectif est la préservation du système et l’immunisation du peuple contre tous les mouvements qui militent pour le changement. La conséquence de cet environnement de psychose et de violence est que le peuple Algérien est cynique, incrédule, dubitatif, méfiant de ses politiciens et de la politique, et a peur de sortir et de protester et d’exprimer son opinion. Car pour les Algériens le changement est synonyme de violence, de chaos, et d’anarchie. En qui et en quoi peut-on faire confiance, demande le peuple? Personne répond le peuple.

La question est: comment pouvons-nous briser le cycle de la peur, de la psychose et du cynisme? La seule façon est à travers l’organisation, et la création d’organisations qui ont pignon sur rue. Nous devons construire des organisations qui donnent au et articulent la parole du peuple, qui minimisent la probabilité de la violence, qui déchirent le voile du cynisme, et qui agissent comme un tampon entre le peuple et le système.  Il ne suffit pas d’avoir une plateforme bien rédigée comme celle du Front du Changement National (FCN), et je n’ai rien contre le FCN. Mais si les plateformes étaient les seuls outils nécessaires pour articuler et provoquer le changement, nous aurions déjà vu leur succès dans d’autres pays. Les plateformes, aussi magnifiques et louables qu’elles soient, ne sont que de l’encre sur du papier. Sans organisation, il n’y a pas de changement. Sans un message clair autour duquel le peuple peut coalescer, il n’y a pas de changement. Et sans les organisations qui propagent ce message pour que le peuple puisse l’entendre et le comprendre même à travers l’énorme brouhaha et vacarme produits par le système, il n’y a pas de changement.

Bâtir et lancer un mouvement pour le boycott est bâtir la structure organisationnelle du changement. Non seulement ce mouvement peut vaincre et battre la narrative du système le jour du scrutin le 17 Avril et coupe à travers le bruit ambiant, mais il peut fournir également l’argument moral et la base organisationnelle sur et par laquelle la bataille pour le changement peut être menée.

Mais nous devons être sérieux. Nous devons travailler dur pour que ce mouvement pour le boycott soit une réussite. Nous devons construire l’organisation qui mobilise les électeurs à rester chez eux et à déserter les rues le jour du scrutin. Une sorte de Janvier 1960 bis. Ensuite, nous utilisons le succès du boycott pour pousser l’ordre du jour le plus important qui est le changement. A ce moment là, nous serons engagés face à face avec les représentants, les structures, les institutions, et les organisations du pouvoir dans un bras de fer intense ; et sans avoir les bases et les structures organisationnelles solides qui supportent et offrent un soutien inconditionnel nécessaire pour la victoire finale, le système vaincra et perdurera encore pour quelques années jusqu’à son effondrement éventuel de causes naturelles. Ce jour-là, non seulement le changement nous sera dicté, il prendra également la forme de réformes drastiques imposées directement sur ​​nous. Et vous savez quoi? Nous ne serons pas en mesure de dire non parce que nous n’aurons plus le luxe de pouvoir dire non.

Algérie: Les arguments en faveur d’un boycott des élections présidentielles du 17 Avril

February 23, 2014 6 comments

Ce matin, nous avons appris que Bouteflika a annoncé officiellement sa candidature à la présidence de l’Algérie. Plus convenablement et correctement, son Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, a annoncé samedi  à Oran la candidature du président de la République Bouteflika à l’élection  présidentielle du 17 avril prochain. Alors, qu’est-ce qui peut être fait, ou plus concrètement que peut-on faire face à cette candidature sachant que l’Algérie ne peut se permettre un autre terme d’un président qui n’est même pas capable d’annoncer sa propre candidature? En un mot: Le Boycott total et massif  des élections présidentielles du 17 Avril. Ce boycott est d’une nécessité absolue. Dans ce billet, je présente les arguments en faveur du boycott.

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1 – En ce moment, quel est vraiment l’argument contre la 4ème candidature de Bouteflika? Logiquement, et au-delà de nos sentiments personnels envers Bouteflika et au-delà du fait que sa présidence a été un échec total, le seul argument contre sa candidature est sa maladie, et qu’il est malade. C’est l’unique argument. Mais Bouteflika peut toujours présenter un dossier médical attestant qu’il est à la hauteur de ses fonctions, et qu’il est apte a faire son travail. Et il peut toujours trouver un moyen de faire quelques discours de campagne électorale. Une courte campagne avec quelques rassemblements électoraux qui sont bien mis en scène n’est pas quelque chose d’impossible à faire. Cela donnera l’impression qu’il est capable de mener une campagne plus au moins normale, et donc une présidence normale

2 – Y a-t-il un argument constitutionnel contre sa candidature pour un 4ème mandat ? Non, pas vraiment. Constitutionnellement, il peut briguer un autre terme et il peut être président pour une quatrième fois surtout s’il a une autorisation médicale.

3 – Alors, vous dites, pourquoi donc boycotter l’élection présidentielle? Qu’est ce que cela va faire changer? Ou qu’est ce que cela va apporter concrètement? Et je dis si le boycott est bien organisé et s’il est massif, et que les rues sont vides le jour du scrutin, et que les bureaux de vote sont vides le jour du scrutin, le peuple Algérien va forcer ce gouvernement à tricher, à frauder. Et c’est exactement ce que nous voulons. Nous voulons qu’ils trichent. Nous voulons qu’ils truquent les résultats des élections afin d’avoir un grief réel, un argument solide et légal contre eux afin d’agir, afin d’organiser des marches, afin de protester ce pouvoir, et de forcer le changement. La fraude donnera au peuple Algérien non seulement l’argument moral et la base pour un mouvement protestataire, mais elle lui donnera aussi l’argument juridique et legal.

4 – Si le peuple commence à protester maintenant, et a se précipité dans la rue, je pense que ça ne marchera pas. Pourquoi ? Parce que ce gouvernement avec son appareil de sécurité et son vaste réseau de clients vont utiliser cela comme une occasion pour dire que le peuple Algérien, ceux qui sont dans la rue en train de protester la candidature de Bouteflika n’ont pas un réel argument juridique ou même politique à présenter. Ils diront, “Mais vous avez le choix entre les candidats, allez-y, vous pouvez voter pour un autre candidat, vous pouvez même voter contre Bouteflika. Personne ne vous force a voter pour lui! Pourquoi donc êtes-vous dans la rue? Si vous êtes dans la rue c’est que vous devez travailler pour une force étrangère, et que vous voulez déstabiliser le pays” etc., et on connait tous la chansonette de cette fameuse main étrangère. Cela serait leur contre-argument, et il est solide.

5-Le mouvement pour le boycott des élections du 17 Avril permet d’avoir ou de construire une structure organisationnelle et de la mettre en place pour mobiliser le peuple Algérien. Ceci est extremement important parce qu’il n’y pas un mouvement protestataire qui a abouti a un résultat solide et concret qui a été complètement ad hoc ou spontané et sans organisation. Le boycott permet aussi aux leaders de faire campagne pour boycott et la faire activement, avec l’organisation de rassemblements pour réveiller la conscience politique des Algeriens. En plus, il permet de mettre une commission d’observation des élections en place et d’inviter les organisations internationales à observer les élections. Et surtout, il permet également aux partisans du boycott et du “contre un 4e mandat” de connaître leur force, de connaitre combien de personnes  sont vraiment contre un 4e mandat et contre Bouteflika et contre ce système, et pour ou veulent le changement. Le taux de participation s’il est extrêmement faible permettra aux dirigeants du boycott et au peuple de dire «Vous voyez, la majorité du peuple est contre vous, et votre politique. Et on a le nombre pour le prouver.” Ensuite, ces dirigeants avec la légitimité dérivée de la réussite du mouvement de boycott peuvent organiser des rassemblements et un mouvement protestataire ayant pour but de provoquer le changement politique tout en sachant que la majorité du peuple les supporte. .

6- On sait tous que le gouvernement veut et adore avoir l’approbation internationale et la bénédiction de la communauté internationale plus que toute autre chose. Si le boycott fonctionne et est massif, et lmouvement de protestation qui suit est pacifique, on va forcer la main de la communauté internationale de ne pas prendre parti pour Bouteflika, de ne pas bénir son réélection ou son gouvernement, et de ne pas reconnaître les résultats. Tout cela pourrait être le résultat d’un boycott bien organisé des élections présidentielles. Si cela se produirait, vous verriez comment les fondations même de government et de système trembleraient jusqu’à leur effondrement.

Voila, C’est tout ce que j’ai à dire à ceux qui me posent des questions sur le bien-fondé d’un boycott. Je suis peut-être correcte dans mon raisonement comme je peux aussi avoir tort. Le peuple algérien a suffisamment de temps pour organiser un mouvement de boycott bien orchestré. Et comme Mahatma Gandhi disait “qu’un ‘non’ prononcé avec la conviction la plus profonde est meilleur qu’un ‘oui’ prononcé simplement pour faire plaisir, ou pire, pour éviter les ennuis” (“A ‘no’ uttered from the deepest conviction is better than a ‘yes’ merely uttered to please, or worse, to avoid trouble.”). Ce que Gandhi avait dit était vrai alors et est encore plus vrai aujourd’hui. Dans l’avenir le plus immédiat, il y aura beaucoup de troubles en Algérie, et le peuple Algérien ne peut les éviter pour toujours en faisant l’autruche. Tôt ou tard, ce peuple devra faire face et accepter sa responsabilité. Même les mouvements protestataires les plus pacifiques générent la violence et provoquent la répression. Le plus tôt les Algériens embrassent ce fait, le mieux ils peuvent s’organiser pour minimiser et contrôler la réaction de la rue.

L’annonce de la honte

This is YOU!

February 21, 2014 2 comments

This is you folks for the last 7 months. So thank you very much and keep on visiting, reading, and …

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That’s 171 countries in all! Most visitors came from France, Algeria, Egypt, The United States, & Canada was not far behind. This blog was viewed about close to 26,000 times since July 2013. If it were a concert at Sydney Opera House, which holds 2700 seats, it would take about close to 10 sold-out performances for that many people to see it.

Since July 2013, there were 35 new posts, growing the total archive of this blog to 155 posts, and 223 pictures uploaded, taking up a total of 57 MB. Of course, i deleted and/or retired some of these photo-essays because of some of the feedback i received from you folks.

By far, the busiest day since July 2013 was August 10th with 7,587 views, most of them from Egypt.  The most popular post that day, quite appropriately, was titled Egypt: Update on the situation: The First “Friday Bloody Friday”.

These are the posts that got the most views since July 2013.

Some of the most popular posts were written before July 2013 and have remained quite popular, which tells me that some of my writing has struck a chord with the readers or has some staying power! Posts like “L’horrible Vérité du Terrorisme en Algérie: Le terrorisme qui fait les affaires de l’Etat (En Francais)” or “La crise financière de la zone euro: Est-ce que l’Euro est une monnaie viable?” or “Malek Bennabi sur la crise de civilisation du monde Arabo-Musulman” have remained popular, and i am hoping to revisit again some of the same subjects in the near future.

Oh before i wrap it up, i thank everyone who has visited the blog and who has left a comment, and the most active among you have been  Algerianna, ilfdinar, Menna Ali, John Russel, Chatnoir, Benchanouf, Karl Marxitians, Jessica Harlem just to cite a few.

Algérie: Là où Mouloud Hamrouche s’est gravement trompé

February 18, 2014 4 comments

Mouloud Hamrouche dans son article publié aujourd’hui dans La Nation et TSA pose la question suivante: “Faut-il rappeler ici et maintenant que la renaissance de notre identité algérienne et notre projet national ont été cristallisés, abrités et défendus successivement, par l’Armée de Libération Nationale, puis, l’Armée Nationale Populaire ?” Et la réponse est un non catégorique. Tout d’abord en laissant la question de l’identité Algérienne de côté, la conception de l’Etat Algérien n’est pas né avec l’ALN. Ceci est un mensonge qui a été répété sans cesse depuis 1962 pour déformer notre histoire et pour légitimer Boumediene et son régime illégal.

Le concept de l’Etat Algerien remonte à Messali Hadj lorsqu’il a appelé à l’indépendance de l’Algérie de la France vers la mi-1930. Ensuite, ce projet a été avancé et renforcé par le MTLD, le PPA et puis le GPRA dont la conception a toujours été un état civil Algérien. Non seulement l’ALN (plus précisément, l’armée des frontières) a volé et a détourné ce project, mais elle l’a aussi militarisé.
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Deuxièmement, aussi longtemps que nous lions, associons, et juxtaposons la naissance de l’Etat Algérien à l’armée, nous n’aurons pas un état civil et nous serons jamais une démocratie ou un état de droit. Cet état civil sera toujours miné et minimisé par l’armée, et sera toujours en manque de légitimité. Par conséquent, il est crucial d’avoir une lecture correcte de l’histoire, et de divorcer l’émergence de l’Etat Algérien de l’armée. Oui, l’armée/ALN a contribué à notre indépendance – comme tout autre militaire dans le monde – mais elle n’est pas l’unique titulaire ou dépositaire de la légitimité historique et la légitimité nationale de l’Etat Algérien, ni ne doit-elle être le garant de sa force et sa puissance. Il est plus que temps de démilitariser et de de-Boumedieniser l’Etat Algérien sinon nous serons toujours confrontés au même problème.

Hamrouche aurait du dire que les militaires doivent comprendre une fois pour toute qu’ils ont un seul rôle: ils restent dans les casernes et veillent sur les frontières. Quand le pays est attaqué, on leur fera appel. Au-delà de ce rôle très spécifique, ils n’ont rien à dire et ils n’ont aucune prérogative ou privilège dans la politique d’un Etat civil. Mais il n’a pas dit cela. Donc, n’importe quel projet politique que Hamrouche semble en train de colporter sera un projet qui continuera le cauchemar Algérien, qui continuera la militarisation de l’Etat Algérien, qui continuera l’état de non-droit, qui continuera la corruption institutionnalisée, qui continuera le clientélisme et le patronage. Mais avec un vernis plus brillant pour faire avaler son projet  à un peuple déjà trop fatigué pour réfléchir à une sortie de son charlatanism quotidien.

Algérie: Le conflit Bouteflika-Toufik: l’avenir de l’Algérie se joue sans les Algériens

February 9, 2014 3 comments

Ceci est mon humble point de vue sur ce qui se passe en Algérie ces jours/semaines ci. On commence d’abord par quelques faits, et puis après, on verra où on est.

Mais laissez-moi d’abord poser une question: ce conflit Bouteflika-Toufik, est-il un conflit réel et sérieux entre deux clans? Si c’est oui, alors pourquoi les deux clans ne se sont pas totalement engagés dedans? Pourquoi ils se battent a coup de proxies? Pourquoi ça à l’air d’un conflit à fleurets mouchetés? Et finalement, comment se fait-il que système de pouvoir Algérien dont l’armée est son cœur battant et dont le DRS (Département du Renseignement et de la Sécurité) est sa création est en conflit avec lui-même? Donc, si c’est un conflit sérieux entre deux clans, et ces clans ont assez de munitions pour se détruire les uns les autres, et ils ne le font pas, peut-on vraiment appeler cela un conflit ou une lutte au sommet du pouvoir et de l’état entre des clans? Ou peut-être que nous devrions l’appeler autrement, comme une restructuration des priorités, une réorganisation de tâches et de rôles, ou même un réaménagement des fonctions à tête de l’armée. Je reviendrai prochainement dans un aute billet pour expliquer plus en détails ce point.

Mais pour l’instant, supposons qu’il y a un conflit entre Bouteflika et Toufik, alors quels sont les faits que nous connaissons à coup sûr?

Fait numéro 1: Nous œuvrons tous avec très peu d’informations solides qui sont corroborées par d’autres sources. En d’autres termes, nous sommes tous en train de spéculer, et par tous je veux dire : journalistes, politiciens de tout bord, et tout le monde sur facebook et la blogosphère. Ceci est un fait indiscutable.  Ceux qui savent ce qui se passe vraiment ne sont pas en train de parler.  Par conséquent, un petit conseil, il faut que tout le monde se calme un peu, et il faut baisser la rhétorique d’un cran.

Fait numéro 2: Il semble qu’il y ait un conflit entre Toufik et Bouteflika, et ce conflit est mené par procurations. En d’autres termes, c’est un  conflit par procuration—i.e., a proxy war–puisque les deux protagonistes n’ont pas parlé ou ont commenté la situation jusqu’à présent.

Fait numéro 3 : La nature de ce conflit: le pouvoir. C’est aussi simple que cela. Ce n’est certainement pas un conflit portant sur la caractéristique ou la nature civile du gouvernement ou de l’état. Ou sur la hiérarchie du civil sur le militaire. Depuis notre indépendance, il y a toujours eu une coalition à la tête de notre État entre les pseudo-civils et les militaires. Cet équilibre délicat a basculé comme un pendule d’un côté à l’autre depuis 1962 favorisant des fois et pour de courtes périodes un acteur de la coalition sur l’autre. Mais comme toujours  le pendule a tendance à se stabiliser par la pesanteur, et les membres de la coalition se souviennent qu’ils ont de nombreux intérêts en commun qui les unissent pour rester au pouvoir.

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Tels sont les faits. Au-delà de ces quelques points mentionnés ci-dessus, il n’y a que de la spéculation.  Personne parmi ceux qui sont dans le secret des dieux n’est en train de parler. Par conséquent, je pense qu’il est prudent d’attendre et de voir où cette chose va évoluer. À mon avis, ce conflit va se calmer et les deux parties trouveront un moyen pour s’entendre et pour préserver et défendre les intérêts qu’ils ont en communs. Ce conflit entre Toufik et Bouteflika n’est certainement pas un jeu à somme-nulle (d’ailleurs comme tous les conflits à la tête de l’État en Algérie). Ce conflit est un jeu à somme positive à partir duquel les deux parties vont trouver un terrain d’entente et un moyen pour maintenir un certain équilibre et même maximiser leurs intérêts.

Certes, il y a une variable qui est présente dans ce conflit qui complique sa résolution un peu. Et cette variable est que le réseau de patronage qui avant Bouteflika était limité un peu a augmenté à un niveau insoutenable sous sa présidence au cours des ces 14 dernières années. Ce réseau de patronage a tissé à travers le pays un système clientéliste graissé et entretenu par de vastes sommes d’argent provenant d’un système institutionnalisé de corruption a atteint un point de rupture.  Parce que au cours des 14 dernières années, notre PIB et les recettes de l’État ont augmenté (uniquement et principalement en raison de la rente pétrolière), ce système clientéliste a augmenté aussi ce qui est un phénomène normal dans tous les états kleptocrates. Cela signifie que de plus en plus d’argent dérivé d’une corruption institutionnalisée est nécessaire pour nourrir et maintenir ce réseau de patronage. Ceci est le vrai avantage que Bouteflika a dans ce conflit avec Toufik – c’est à dire, qu’il dispose d’un grand réseau de clients fidèles à lui et dont leurs moyens de subsistance est strictement dépendant de lui. Ce sont ceux que nous voyons défendre Bouteflika à longueur de journée à la télé, dans les journaux et la blogosphère, et dont Amar Saidani n’est que la partie visible de l’iceberg. Cela dit, général Toufik, a également construit un solide réseau de clients à l’intérieur de la bureaucratie et la société civile au fil des ans en tant que dirigeant de la DRS. Mais il semble que son réseau a été affaibli ces derniers temps, même si on ne connaît pas encore l’étendue de cet affaiblissement.

En conclusion, il reste à savoir le résultat de ce conflit et la nouvelle coalition ou sa structure et sa composition qui pourrait surgir en raison de ce conflit. Ici, on peut spéculer sur de nombreux scénarios : 1) La victoire totale de Bouteflika et son clan ; 2) La victoire totale de Toufik et son clan ; Ou 3) un équilibre différent à l’intérieur de la coalition entre les militaires et les pseudo-civils à la tête de l’État Algérien sans Bouteflika et sans Toufik, mais avec de nouveaux acteurs aussi prétoriens et aussi prédateurs que Bouteflika et Toufik. Aucun de ces scénarios ne sera positif pour l’avenir de l’État Algérien et le peuple Algérien. Le troisième scénario représenterait le maintien du statu quo qui a été mis en place depuis 1962, une sorte de réarrangement des chaises sur le pont d’un navire en perdition qui est en train de couler doucement devant nos yeux.

Vous pourriez vous poser la question: qu’en est-il des prochaines élections présidentielles? Vont-elles changer ou influencer le cours de l’avenir du pays?? Et malheureusement je dois dire que le résultat des prochaines élections présidentielles ne fera que confirmer et consolider le résultat du conflit entre Bouteflika et Toufik. Quel que soit le scénario ou le résultat de ce conflit, il sera confirmé par les prochaines élections.