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Algerie: Un jour, “J’irai cracher sur vos tombes”

July 1, 2013 Leave a comment

Courtesy of Mohamed Benchicou

L’indépendance entre les Aurès et le Val-de-Grâce

Mohamed Benchicou

dimanche, 30 juin 2013

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Oubliant que le 51e anniversaire de l’indépendance va le surprendre sur un lit d’hôpital de l’armée de l’ancienne puissance colonisatrice, le président de la République a cru nécessaire d’appeler sa propre armée à « défendre la souveraineté nationale ».

On serait tenté de dire que venant d’un homme dont la posture n’est pas, à proprement parler, conforme à la noblesse des propos, le bon sens aurait consisté à s’abstenir d’évoquer la souveraineté dans ces circonstances pas très élogieuses pour l’amour-propre national. Mais voilà bien longtemps que la souveraineté, comme la mémoire ou l’histoire, n’a que valeur de futiles mondanités dans la bouche de celui qui a le devoir de l’incarner. Du reste, ce message a toutes les allures d’une futile mondanité, même pas valeur d’estampille, puisque, en ces temps où la falsification le dispute à la tromperie la plus éhontée et au mensonge le plus abject, on ne sait qui de Saïd, Abdelaziz ou Tartempion l’a vraiment écrit à partir de Paris. Comme dirait La Palisse, c’est à ces brigandages qu’on reconnaît l’absence de l’Etat.

C’est là, le problème. Il n’y a pas de souveraineté sans un véritable Etat fort et démocratique ; il n’y a pas de véritable Etat fort et démocratique sans légitimité. Auquel cas, ledit Etat aurait édifié de véritables hôpitaux pour s’y soigner dans la dignité. Aussi, ce Bouteflika, créature du pouvoir illégitime né il y a 50 ans par un viol de la souveraineté populaire, en l’occurrence un putsch contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), auquel s’est ajouté le viol de la Constitution en 2009 qui a rétabli le pouvoir à vie, devrait réaliser aujourd’hui qu’il est entre les mains des médecins militaires de l’ex-puissance colonisatrice, qu’en démolissant la souveraineté populaire, il n’a fait qu’aliéner la sienne. Comme bon nombre de fiers-à-bras, il croyait devenir plus indépendant en devenant plus méprisant, alors que la négation de la volonté populaire le jetait déjà dans une sorte de servitude.

Il ne s’agit pas de faire un plaidoyer pour une détestation française qui relèverait d’un ridicule esprit cocardier. Le propos ici est de relever qu’il est plus facile de philosopher sur la souveraineté que de s’y conformer. Qassamen est une promesse faite aux hommes. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, elle devient une promesse non tenue. Nos gamins le savent. Le sentent. Tout dans Qassamen est, en effet, un hymne à l’espoir : « Par les foudres qui anéantissent, par les flots de sang pur et sans tache, par les drapeaux flottants qui flottent sur les hauts djebels orgueilleux et fiers, nous jurons nous être révoltés pour vivre ou pour mourir, et nous avons juré de mourir pour que vive la nation ! Témoignez ! Témoignez ! Témoignez ! »

Comment espérer faire trembler par décret nos enfants sur ce chant d’orgueil quand un demi-siècle de gabegie et de corruption les a poussés aux portes du consulat de France avant que leur propre Président ne soit forcé à confier sa survie aux médecins de l’armée française ?

On ne peut prétendre s’ériger en professeur de souveraineté quand on est fasciné par l’ancienne puissance colonisatrice. Cela retombe inévitablement sur la vitalité diplomatique du pays et sur son image. Le chef de l’Etat algérien n’a pas effectué une seule visite officielle bilatérale en Afrique depuis 1999 (d’où l’isolement au Sahel), mais il s’est rendu 12 fois en France, s’imposant même à l’Elysée sans qu’on l’y invite, dont l’une, le 19 décembre 2003, a franchement embarrassé ses hôtes français, obligés de le recevoir à déjeuner ! Jamais un chef d’Etat algérien ne s’était à ce point rabaissé devant l’ancienne puissance colonisatrice. « Pathétique Bouteflika », avait titré le quotidien Nice Matin, sous la plume de son directeur de rédaction, au lendemain de la visite parisienne de quelques heures sollicitée par le président algérien le 3 octobre 2003. Le journal se gausse : « Clic-clac, merci Kodak ! La visite du président algérien n’aura duré que quelques heures. Prétexte officiel, l’inauguration de deux expositions dans le cadre de la fameuse Année de l’Algérie. Raison réelle : être pris en photo, et sous toutes les coutures, avec Jacques Chirac, l’ami français, à la veille d’échéances algériennes majeures. Pathétique visite, et si embarrassante pour la France. »

Du reste, c’est pour le seul usage de politique intérieure que Bouteflika a fait usage de la souveraineté comme de la repentance de l’indépendance ou de la mémoire, devenus de simples mots, rien que des mots qui ne relèvent plus du différend historique, mais du cabotinage conjugal, cette pratique un peu malsaine qui consiste à rappeler au conjoint un antécédent fâcheux chaque fois qu’on éprouve le besoin de lui extorquer une nouvelle déclaration d’amour. Selon les réponses qu’il reçoit de la France, le président algérien peut ainsi passer de la plus grande « indignation » envers le préjudice colonial à la plus béate des indulgences. La France a bien compris le simulacre, elle qui a toujours su accéder à tous les caprices de cet homme à l’égo démesuré, et qui aime s’entendre parler, qui n’avait rien des colonels qui l’avaient précédé au gouvernail algérien, Boumediene, Chadli ou Zeroual. Le Maroc a eu sa saison en France ? Alors l’Algérie aura la sienne. Une kermesse culturelle s’ouvre à Paris le 31 décembre 2002 pour ne se clôturer qu’en décembre de l’année suivante, une procession de galas, d’expositions de toutes sortes, de films et de pièces de théâtre proposés au public français, au moment où Alger ne dispose même pas d’une salle de cinéma digne de ce nom ! Le président algérien n’obtiendra pas d’investissements de la part de la France, mais se contentera d’un match de football France-Algérie, en octobre 2001, que ne justifiait ni le niveau respectif des deux équipes ni le moment.

Pourquoi dire tout cela maintenant et aujourd’hui ? Parce que nous sommes déjà demain, et que demain ne se construit pas sur les mensonges d’hier. « Les échecs ont commencé dès le lendemain de l’indépendance, quand se sont imposés des régimes policiers et militaires, souvent coupés des peuples, privés de toute assise nationale… », a écrit Mohamed Arkoun. La souveraineté comme l’indépendance exigent transparence, démocratie, respect du choix populaire. C’est à cette seule condition qu’elles deviendront la cause de tous et de chacun.

 

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Algerie: Un avenir très sombre, peu importe le prochain leader

May 19, 2013 3 comments

Peu importe qui sera au pouvoir, des réformes très douloureuses seront notre pain quotidien dans le future le plus proche. Ceci n’est pas une spéculation, mais une vérité et une réalité amère.

“Shale oil production in the US is still in its early stages, and its full potential remains uncertain, but development is happening at a faster pace than shale gas. Preliminary estimates for 2020 range from 5-15 million barrels per day with a production breakeven price as low as $44-68 per barrel depending upon the fields. By the 2020, the US could emerge as a major energy exporter.” The Global Trends 2030 page 35-36

Je ne suis pas un alarmiste d’habitude, mais les alarmes en Algérie doivent être données.

Selon les perspectives économique de 2012 du FMI, l’Algérie doit avoir le coût du baril de pétrole entre $100 à $120 pour pouvoir équilibrer et balancer les dépenses fiscales et budgétaires–c.a.d: pas de déficit et ni de dette publique. En 2011, l’Algérie a enregistré le 2ème plus gros déficit budgétaire des pays producteurs de pétrole au Moyen-Orient et l’Afrique du Nord avec un déficit égale à 3,6% du PIB–c.a.d: 6.8 milliards de dollars. En 2012, elle a enregistré une dette publique relative au PIB de 8,80%–c.a.d: 16.62 milliards de dollars–avec une croissance économique relativement faible de 2.6%. Il faut noter, au passage, que la croissance économique en Algérie est très largement dépendante des exportations du pétrole et du gaz naturel.

L’Algérie se dirige vers une crise budgétaire d’une magnitude et d’une gravité dont le peuple n’ai jamais vu pareille. Le pétrole, le gaz naturel et les produits pétroliers représentent 97% des exportations de l’Algérie. Les hydrocarbures ont longtemps été l’épine dorsale de l’économie Algérienne, et en 2012, le pétrole et le gaz naturel représentaient environ 60% des recettes budgétaires et 44% du PIB. Si l’Algérie ne diversifierait pas son économie d’une manière très brutale et rapide dans les 10 à 15 prochaines années, le pays se dirigera littéralement vers des troubles sociaux gigantesques et le collapse total du système politique.

Pourquoi?

C’est très simple: Les USA commencent déjà a diminuer drastiquement leur importations de gaz naturel (les USA seront totalement indépendant en gaz naturel en 2020), et pour ce qui est du pétrole, ils seront indépendant des importations, et même exportateurs entre l’an 2025-30. Quand les USA entreront le marché du gaz naturel comme exportateur en 2020 (et par la suite, le marché du pétrole en 2035), les prix de ces 2 produits vont chuter et d’une manière drastique. Non seulement le plus grand consommateur de pétrole au monde n’est plus un importateur de pétrole et de gaz naturel, mais il les exporte en plus. Cela représentera un choc énorme dans les marchés du gaz naturel et du pétrole. Certains économistes ont estimé un swing de $45 à $55 dans le prix du baril. Ceci veut dire une baisse drastique du PIB Algérien, une croissance économique négative, autrement dit une récession, et une baisse d’environs 40% des recettes budgétaires. C’est une catastrophe pour le pays. L’heure du réveil pour l’Algérie est maintenant parce qu’il ne reste plus beaucoup de temps.

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A tout casser, l’Algérie a une fenêtre d’opportunité de 10 à 15 années au plus pour agir durant laquelle il faut mettre en place des réformes sérieuses et radicales du système économique entier, et il faut commencer dès maintenant. Si de sérieuses réformes ne sont pas engagées dans les 10-15 prochaines années, l’avenir, pour  l’Algérie, sera d’une laideur absolu.

L’Algérie doit réformer radicalement son système bancaire. Elle doit totalement restructurer son système fiscal (perception de l’impôt, collection d’impôt et sa redistribution). Tous les programmes de prestations sociales doivent être totalement revus (retraire, santé, couverture sociale, prestations familiales, le coût du travail, prestation de chomage, logement social, les prestations de Moudjahideene, de fils de Chouhada, et des veuves de Moudjahideenes etc). Certains de ces programmes de prestations sociales doivent complètement être éliminés, d’autres pourraient être renforcés. Il faut éliminer toutes les subventions dans presque tous les secteurs à l’exception des programmes d’éducation, et de santé des enfants, et certains produits de base. Il faut réduire le budget de la défense, fermer et consolider des bases militaires, réduire l’effectif de l’armée, arrêter complètement tous les nouveaux contrats d’armement. Et surtout, il faut ouvrir le marché Algérien et abandonner la règle des 51% parce que le gouvernement Algérien sera forcé de l’abandonner un jour contre son gré; alors il faut le faire dès maintenant quand le gouvernement et l’État sont encore en contrôle de leurs actions.

Depuis 1962, l’Algérie s’est efforcée  sans aucun succès a développer des industries hors-hydrocarbures, et en raison de la réglementation lourde étatique, d’une bureaucratie lourde et archaïque, et en raison de l’accent mis sur la croissance mené par l’État, toutes ces réformes ont échoué. Les efforts du gouvernement ont fait peu pour réduire les taux élevés du chômage chronique des jeunes ou à remédier à la pénurie de logements. Une vague de protestations économiques en Février et Mars 2011 a incité le gouvernement Algérien à offrir plus de 23 milliards de dollars de subventions publiques, des augmentations de salaires rétroactives, et d’autres avantages sociaux. Malgré cela, les mouvements sociaux continuent de peser sur les finances publiques, et sur l’environnement politique qui est devenu explosive ces derniers temps.

Les défis économiques à long terme sont plus qu’essentiels, ils sont obligatoires, et doivent comprendre comme partie intégrale la diversification de l’économie au détriment de sa dépendance aux exportations d’hydrocarbures, le renforcement du secteur privé, l’attraction des investissements étrangers, et la création des emplois adéquats pour les jeunes Algériens. Cette diversification de l’économie ne se fera pas sans les réformes susmentionnées.

Cela va être douloureux; c’est une thérapie de choc; un choc au système économique qui a été moribond depuis plus d’un demi-siècle. Mais hélas ce choc doit être fait et donné autrement la douleur sera insupportable quand l’Algérie n’aura plus aucun contrôle sur ses politiques économiques et sociales, et surtout aucun contrôle sur son destin. Sans cette douleur, qui doit être partagée équitablement par tous les Algériens, le désordre social et l’anarchie seront le pain quotidien du pays. .

Et peu importe qui sera au pouvoir, il n’y aura pas de miracles. Peu importe qui sera au pouvoir, il sera obligé de réformer. Peu importe qui sera au pouvoir, il sera obligé d’infliger de la douleur à une population entière et de faire des choix très impopulaires. Aucun dictateur ne peut engager ces réformes douloureuses sans causer un mécontentement populaire, et même un soulèvement. Les dirigeants actuels du pays, la classe actuelle de nos politiciens, n’ont aucune crédibilité auprès du peuple, et sont  profondément doutés et haïs par les Algérien. C’est pour cela que celui qui sera à la tête du pays dans un très proche avenir doit jouir d’un large mandat populaire. Ce futur président ou la majorité parlementaire doit avoir le plein appui, le soutien, et la confiance du peuple Algérien. Aucun dirigeant autoritaire peut avoir cela; aucun dirigeant de l’Algérie d’aujourd’hui, de l’Algérie de Bouteflika et des généreux Toukif et Tartag, n’a ce soutien et cette confiance. Seules de véritables réformes démocratiques, avec des élections propres, ouvertes et transparentes donneraient au pays ce leader et cette classe politique qui mèneront le combat des réformes structurelles et institutionnelles.

D’ailleurs, je conseille vivement à ce prochain président de prononcer ce passage légendaire de Churchill lors de son premier au discours a la nation Britannique–ce passage d’une sérénité grave et sérieuse que Churchill a prononcer devant la Chambre des Communes le 13 mai 1940, juste avant l’invasion Nazie et la grande et héroïque Bataille de l’Angleterre.

“Nous sommes dans la phase préliminaire de l’une des plus grandes batailles de l’histoire….nous devons être préparés.

Je voudrais dire à la Chambre comme j’ai dit à ceux qui ont adhéré à ce gouvernement: je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. Nous avons devant nous une épreuve des plus graves et des plus sérieuses. Nous avons devant nous beaucoup, beaucoup, de longs mois de lutte et de souffrance.”

Du sang, du labeur, des larmes, de la sueur, et de la souffrance, c’est exactement ce que le futur président Algérien doit promettre au peuple. Tout autre promesse sera un mensonge.

Algérie: Bouteflika mort-vivant et Poker menteur autour du cadavre Algérie

May 18, 2013 1 comment

Another beautifully written editorial by Mohamed Benchicou.

Poker menteur autour du cadavre Algérie

Par: Mohamed Benchicou

Samedi, 18 mai 2013

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Tous les décideurs le savent ; quelques-uns seulement ont le courage de le dire : avec ou sans Bouteflika, le prochain pouvoir aura pour mission presque impossible d’éviter la mort au pays. Avec peu de moyens. Nous n’aurons plus jamais les faramineuses recettes pétrolières dont a bénéficié le régime de Bouteflika.

L’arrivée de ce dernier au pouvoir avait coïncidé avec l’augmentation de la demande chinoise qui avait fait s’envoler les prix du pétrole en quelques années. Aujourd’hui, nous vivons le scénario inverse. L’exploitation du pétrole non conventionnel en Amérique du Nord va créer dans les cinq prochaines années une augmentation de l’offre qui va faire effondrer le prix du baril. Autrement dit, avec ou sans Bouteflika, le prochain régime se débrouillerait avec un pétrole à moitié prix, moins abondant, et des besoins en hausse ! La tragédie nous arrive en effet, droit sur la gueule ! Le pétrole, les réserves financières en milliards de dollars, c’est fini ! Oui, fini. Les projections les plus optimistes donnent l’Algérie pour importatrice nette de pétrole dès 2020.

Au cours des trois mandats du « pouvoir civil » de Bouteflika, il a été gaspillé l’argent du présent et celui du futur. Les hydrocarbures ont été si outrageusement pompés qu’il ne devrait plus rien rester dans le sous-sol d’ici quelques années, date à laquelle nous serions 40 millions d’Algériens, tous, théoriquement, voués à la précarité puisque Bouteflika aura épuisé les réserves pétrolières sans doter la maison Algérie d’une économie diversifiée  pouvant prendre la relève du pétrole et du gaz naturel. En l’espace de cinq ans seulement, la production algérienne de pétrole est passée de 1,6 à 2 millions de barils par jour, soit un bond de 25% ou le double de la moyenne d’augmentation de la production Opep durant la même période.

Les recettes ? Sans s’étaler sur la partie supposée avoir été dérobée par la kleptocratie au pouvoir, elle a surtout engraissé la mafia de l’import via les importations qui ont explosé  entre le premier et le troisième mandat de Bouteflika, passant de 9 milliards de dollars en 1999 à 49 milliards en 2012. Aucun investissement sérieux n’a été engagé dans la production pour doter le pays d’une économie viable qui prenne le relais des hydrocarbures.

Oui, l’Algérie de Bouteflika rappelle la Russie de Boris Eltsine, toutes proportions gardées, une nation chancelante, otage de prédateurs de toutes sortes qui se sont engouffrés au sein de cette faille providentielle pour vider l’Algérie de son sang. Ce fut à leur seul profit  qu’on a  surproduit le pétrole. Aujourd’hui, il est bien tard… L’Algérie redevient pauvre ! Pauvre et sans solution de rechange : quatorze ans après Bouteflika, le pays n’est plus en mesure de répondre à la demande d’emplois, ni peut-être même à la demande alimentaire.

Les observateurs les plus conscients pensent même que le pire est à envisager. Après 14 années de règne, Bouteflika a mis l’État à la merci de sa population. La fronde des chômeurs peut aller dans n’importe quelle direction, y compris la plus pessimiste,  Bouteflika  ayant abandonné l’investissement productif, comment lutter contre le chômage ?

Mais cela, cette vérité primordiale, celle-là qu’il faut dire non pour abattre, non pour accabler ni pour décourager, mais pour mobiliser, pour réfléchir, cette vérité qui réveille, personne ne veut la communiquer, je veux dire personne parmi ceux qui ont la responsabilité de la dire. Ou alors, quand une bouche plus courageuse que d’autres la formule, elle est immédiatement contredite par les virtuoses du poker menteur. Quand le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, qui sait de quoi il parle, reconnaît que les gisements de pétrole sont en “déclin” et les réserves sont “modestes”, il est immédiatement contredit pas son ministre de tutelle, Youcef Yousfi, pour qui l’Algérie continuera à produire du pétrole et des hydrocarbures en général pendant « de longues années encore ». Et lorsque le ministre des Finances, Karim Djoudi, laisse entendre qu’il n’y a plus d’argent en caisse, que les salaires comme les pensions ne seront plus augmentés, il est aussitôt recadré par le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, qui jure ses grands dieux que tout va à merveille dans ce territoire coupé du monde qui s’appelle l’Algérie.

Nos dirigeants fabulateurs, pour qui l’art de gouverner se réduit à clamer les fausses bonnes nouvelles et à taire les vraies mauvaises nouvelles, entendent démentir la formule d’Abraham Lincoln : «  Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ».  En foi de quoi, ils entreprennent hardiment de duper l’opinion sur l’état de santé d’un président dont ils nous apprennent aujourd’hui qu’il est en convalescence prolongée après nous avoir annoncé, il y a trois semaines, qu’il était entré à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce pour de simples examens complémentaires.  Le léger accident vasculaire se termine ainsi par une lourde vacance du pouvoir mais c’est tout cela, n’est-ce-pas, le charme du poker menteur auquel se livrent, avec tant de zèle et si peu de classe, nos dirigeants depuis cinquante ans.

Le jeu consiste à faire passer les vessies du bunker pour d’heureuses lanternes, c’est-à-dire produire un bobard, sinon crédible, du moins vraisemblable, quelque chose qui ait  l’allure du « mensonge le plus détestable » qu’André Gide définit comme étant « celui qui se rapproche le plus de la vérité », quitte à susciter chez l’opinion une réplique par un autre mensonge, le « mensonge fructueux»  dont Sacha Guitry dit qu’il « consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit ».

L’équation est alors très simple : reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, en supposant qu’il garde ses facultés naturelles, revient à reconduire le pouvoir le plus irresponsable qu’ait connu l’Algérie en 50 ans afin qu’il parachève sa besogne de destruction. Ce serait alors un choix suicidaire, consciemment fait pour en finir avec notre pays.

Le général Lebed disait de Boris Eltsine qu’il était, par nature, un destructeur. « Il ne comprend la politique qu’en brisant et en déstabilisant l’environnement. Cela est une qualité en période de transition, mais il est temps aujourd’hui de construire. Boris Eltsine, lui, n’est pas un bâtisseur. »

Alors oui, reconduire Bouteflika, comme le souhaite la mafia, c’est en terminer avec l’Algérie. Quelle alternative reste-t-il ? Une seule, confirmée par l’histoire récente, dans tous les pays qui ont vécu une situation similaire : un gouvernement de salut national. Pour cela, il faut le vouloir.

Algérie: L’élection Présidentielle et Les Amuseurs de la République

This is a very beautifully written editorial by Mohamed Benchicou. It’s a must read.

Les Amuseurs de la République

Par: Mohamed Benchicou

vendredi, 03 mai 2013

Les Amuseurs de la République

Comme tous les quatre ans, à pareille époque préélectorale, ils déferlent, en rangs serrés, avec un nouveau spectacle dans les valises, comme s’ils répondaient à l’appel d’un devoir national du simulacre, bousculant à la fois les règles de l’actualité et celles du théâtre burlesque. Le gang des Amuseurs de la République est à l’œuvre !

Leur nouvelle création de 2013, provisoirement intitulée « Le président peut-il encore gouverner ? », originale et désopilante, basée sur l’allusif, un nouveau style baladin qui consiste à contourner la triste réalité nationale pour s’attarder sur l’ailleurs, raconte les tribulations du chef de l’État d’une île mystérieuse, une contrée fantasmagorique dont je suis incapable de vous dire le nom. À croire certains spécialistes versés dans le monde du burlesque, il s’agirait de Fantasyland, un pays magique de Disneyland, où les contes de fées et les histoires qui ont inspiré les films d’animation de Disney prennent vie, comme par magie. Cela expliquerait, sans doute, le fait que le nouveau spectacle, « Le président peut-il encore gouverner ? », vient d’être enrichi de plusieurs déclinaisons tout aussi drôles les unes que les autres, comme « Le quatrième mandat, c’est fini ! », un gag qui a rencontré un succès foudroyant, « La succession est ouverte », avec Benflis en guest-star, ou « Saïd Bouteflika limogé », une fiction loufoque montée avec adresse et dans laquelle des observateurs avertis ont cru reconnaître à la fois la main d’un célèbre manipulateur et un plagiat de Discoveryland, monde de Disney où les prédictions des grands visionnaires prennent vie.

Le débat autour de la fameuse contrée dont parlent nos opposants et nos journalistes est toujours en cours, mais une chose semble cependant certaine : il ne s’agit pas de l’Algérie. La lecture de l’éditorial d’un des membres les plus influents des Amuseurs, ne laisse, à ce propos, aucun doute. Le respectable analyste décrit, en effet, une province étrange mais démocratique, où la succession du président se réaliserait dans « le respect de la souveraineté du peuple, sans contrainte, et dans la transparence », détails qui excluent, de facto, l’hypothèse Algérie. La chose relève d’ailleurs du bon sens : la maladie d’un chef d’État n’étant handicapante qu’en démocratie, système où l’opinion garde le droit de regard sur la gouvernance, la question « Le président peut-il encore gouverner ? » devient, du coup, parfaitement inadaptée à l’Algérie. Chez nous, Dieu merci, pareille complication nous est épargnée, les citoyens que nous sommes n’étant consultés ni sur l’état de santé du chef de l’État, ni sur sa désignation ni encore moins sur sa reconduction. En retour, ce dernier régnerait sans rien nous devoir. C’est tout le privilège de ce que les Russes appellent les vybori bez vybora (élections sans choix), privilège qui s’ajoute, pour des autocraties comme l’Algérie, à celui d’être parfaitement gouvernables à partir d’un lit d’hôpital. La prouesse paraît d’autant plus à la portée de notre chef de l’État que notre cher pays, où le Conseil des ministres ne se réunit jamais, est unanimement reconnu comme l’unique de la planète à fonctionner sous le mode du pilotage automatique, personne n’y gouvernant et, conformément aux vybori bez vybora, personne n’y étant gouverné.

Tout ça pour dire que l’interrogation « Le président peut-il encore gouverner ? », en plus d’être parfaitement incongrue pour un pays où la sagesse autocratique l’emporte sur la véhémence démocratique, pose incontestablement un problème inédit : dans quelle catégorie classer les chimères généreusement imaginées par une si brillante équipe d’analystes et de brillants politologues, dont le seul mérite aura été de nous apprendre que  la grande famille du pouvoir illégitime pouvait, finalement, être aussi drôle que les Simpson ? Dans le théâtre, on avait inventé la comédie, le vaudeville, la bouffonnerie, la parodie, le burlesque, le sketch, le pastiche, la satire, la clownerie, l’arlequinade, la facétie… Aucun de ces styles ne paraît, cependant, correspondre au grotesque de la situation. Ah ! Peut-être dans la pantalonnade, qui n’est pas ce que vous pensez, mais dans le théâtre italien, une posture comique assez drôle dans laquelle excellait le pantalon, qui n’est pas non plus ce que vous pensez, mais un personnage du théâtre vénitien qui porte traditionnellement cette sorte de culotte et qui a laissé son nom pour désigner un homme sans dignité et sans consistance !

Depuis on a cependant su que « pantalonnade » veut dire, en même temps que ce que vous pensez, subterfuge grotesque pour sortir d’embarras. Rappelons-nous : la théorie du « président malade et démissionnaire » avait déjà permis, en 2005, d’avorter les grosses contestations autour des effets catastrophiques de la fameuse Charte pour la paix. Val-de-Grâce avait étouffé le scandale politique. Le régime s’est servi de nouveau, en 2006, de la théorie du « président malade et démissionnaire », pour briser le débat houleux qui commençait à s’installer autour du projet d’amendement de la Constitution. À quoi bon débattre, se disait-on, d’un projet mort-né, compromis par la santé défaillante du président ? Dans les deux cas, le régime a obtenu, par l’esbroufe, un répit salutaire qu’il a su habilement exploiter. Aujourd’hui, en 2013, Bouteflika substitue le débat autour de la corruption de Chakib Khelil, c’est-à-dire la corruption imputable à sa famille politique, par un débat sur l’AVC et ses conséquences sur la gouvernance. Val de Grâce II continue le boulot diversion de Val de Grâce I ! Comme en 2004, le régime utilise la presse minaudière et l’opposition maniérée pour reconduire, « légalement » et dans le cadre du « pluralisme », le président Bouteflika à la tête du pays ! Encore une fois, un des subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays, aura magnifiquement fonctionné. Ainsi, pendant que d’éminents esprits nous rebattent la thèse du « président malade et démissionnaire », que dit et que fait le principal intéressé ? Il affirme à qui veut l’entendre : « Grâce à Dieu, je me porte très bien » ; il prépare la population à l’émotion du « retour au pays » ; il multiplie les flagorneries en direction de l’opinion publique ; il n’oublie pas de « remercier » la presse qu’il gratifie d’une journée spéciale le 22 octobre… Tout cela débouche sur une information capitale : la décision de postuler pour un quatrième mandat est déjà prise !

Alors, je crois bien que, faute d’antécédents dans le genre théâtral, l’on soit obligé de rapprocher la manœuvre complice à laquelle se prêtent une partie de notre presse et de notre opposition, d’une pantalonnade tout à fait remarquable d’adresse et d’inventivité et dont on rirait volontiers si elle n’était un discours de diversion qui finit par laisser au régime l’initiative politique. Nous avons juste oublié que le diable, devant les nigauds, entreprend toujours  de jouer au nigaud. Tout autocrate compte sur la bêtise humaine pour enfourcher le monde et l’étrangler de ses sangles. Il suffit de laisser croire. Gouverner c’est faire croire a dit Machiavel. C’est cela, le but de la politique, pour Machiavel, ce n’est pas la morale mais la réussite : obtenir et conserver le pouvoir !

Finissons par un clin d’œil à la journée du 3 mai pour évoquer le « papier » si précieux pour un journaliste et dire que toute cette histoire ressemble, en effet, à celle du papier plié en quatre qu’on découvre au détour d’une ruelle, que l’on ramasse avec une curiosité difficilement contenue, que l’on  fourre dans la poche avec cupidité,  que l’on ouvre, enfin, avec angoisse pour découvrir que la trouvaille, au final, n’était qu’un prospectus de vente au rabais… Il sera alors l’heure pour l’île mystérieuse de fermer ses portes. Rendez-vous dans quatre ans pour une autre séance de fantasmagorie. Entre-temps, nous aurons au moins appris que la politique n’est pas un jeu, mais un art de la dissimulation au nom de l’efficacité. Et l’efficacité, ici, consistait, tout simplement, tout bêtement, serai-je tenté de dire, à s’assurer de sa propre succession en 2014 !

Algerie: Bouteflika hospitalisé, la mauvaise graine ne meurt jamais

April 29, 2013 1 comment

Algerian President Abdelaziz Bouteflika was transferred to France–military Hospital Val-de-Grâce near Paris– for medical tests on Saturday night after suffering a minor stroke. Apparently, the autocrat is still alive, the mini-stroke has had no impact on his intellectual capacity. Besides the fact that the president chooses to go to France to seek medical treatment and does not have any confidence and/or trust in his own country’s physicians, this health crisis has very little impact on the future of the Algerian regime.

Photo d’un hôpital Algérien: où Le Peupe se Soigne

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Photo d’un bloc opératoire a l’Hôpital du Val-de-Grâce : où Le Bouteflika se Soigne

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So what does that all mean? Nothing really. If Bouteflika, who preparing himself to run for another term, doesn’t kick the bucket and die, another thug like him would replace him, and the long nightmare of Algeria continues. If he is successful at fighting the security and military apparatus and imposes himself as the unique candidate again, well he will probably rule for a couple of more years and then dies in office. Either way, it’s a lose-lose situation for Algeria.

There is something that foreign observers of Algeria needs to understand: Nothing seems as it looks, and nothing looks as it seems. In theory, Algeria is a democracy with a vibrant and even sometimes rambunctious political parties. However, in reality and practice, power has always been confined to a small secretive inner-circle of military and security men. All that civilian power is a shiny coast of veneer to provide the regime with some legitimacy on the international scene.  So If Bouteflika doesn’t dies or doesn’t run for another term, his successor will most likely be chosen behind closed doors and away from any popular input and accountability because this is where resides the real power in Algeria.

The real power in Algeria is like a vampire always hidden from the sun and abhors transparency and accountability. The real political competition in Algeria is not at the ballot box, but it is between Bouteflika and his clan, and the military-intelligence services and their clan. Briefly stated, the real tug-of-war over power–therefore the control over oil rent–is between General Mohammad Mediène, aka Toufiq, and Bouteflika. And whoever wins, will be the ruler. Anything else is a pure show.

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How do you keep the population from uprising and claiming transparency? Well, open up social spending, subsidize everything, and engage in systemic and systematic disinformation.

In describing what Stalin was able to do in Russia during WWII and the post-period, and how he was able to make the Russian people tacitly accept his dictatorial rule, the great British historian Alan Charles Bullock said the following

“No one understood better than Stalin that the true object of propaganda is neither to convince nor even to persuade, but to produce a uniform pattern of public utterance in which the first trace of unorthodox thought immediately reveals itself as a jarring dissonance.”

Well, in Algeria, 50 years of systematic and systemic social, religious, economic, and especially intellectual charlatanism and “charlatanization” of the Algerian people has produced a uniform pattern of public utterance in which the first trace of unorthodox thought immediately reveals itself as a jarring dissonance. Therefore, even if the people are unhappy, they accept the dictate because they are incapable of imagining by themselves and for themselves an alternative model of governance; because they have built their lives and livelihood on a system that has no rules; because they have grown accustomed to anarchy, chaos, thievery; and because most Algerians have become a thieving, conniving, and corrupt people. So any change in Algeria has to be more than political. Any change has to be so drastic and so radical that it will need to shake the very foundations of the country, of our history, of our social and political structure. And this change, ladies and gentlemen, can only be violent, bloody, and with a long period of unrest.

So, let me comfort my dear DRS readers who have been bombarding me with hateful emails and messages. I know that you are reading every post i write, and thank you for that. At least you sleep less stupid every time you read my posts. But i leave you with  Churchill’s warning about change. He said “We must take change by the hand or rest assuredly, change will take us by the throat.” So you have the choice. You either take change and guide it, or it will take you and claim you as a victim.

Algeria: La Victoire du FLN aux élections locales. Le Pourquoi.

December 4, 2012 1 comment

Everyone seems to be surprised that the FLN, this old and discredited party, keeps on winning and keeps on being the first and most important party in Algeria. The media are bamboozled, the talking-heads are rolling their eyes, and raising their hands in total disbelief, and the inept and non-existent political opposition is accusing the FLN of electoral fraud, belligerent campaigning, and unbecoming behavior. Well, let me tell you right now: all of these is total bull-crap.

The FLN won and its victory is pretty much legitimate because the FLN is an institution in the classic sense. And as such, it is sticky. So, a more appropriate title would’ve been: “It’s the institution, stupid!”

And everyone who doesn’t acknowledge and/or understand this victory has no understanding of what a political party is, and what it does, and for what purpose it exists. If you are among the idiots who believe this nonsense, like our newspapers and media personalities, I urge you to go read some books and educate yourself on the topic.

The question is why the FLN won? What’s it about this party that allows it to win? And that, ladies and gentlemen, is because the FLN is a real party. It has a brand name. It has owned issues for as long as Algeria has been independent. It has an organizational structure and framework that allows it to exist and be present in every wilaya, city, municipality, county, and village in the country. It has a base of faithful, although this base is not what it used to be. It has a hierarchy that pretty much dictates and delineates the paths toward career advancement, although we can’t discount the important role of corruption and nepotism here. Briefly stated, the FLN looks like a party, functions like a party, behaves likes a party, walks like a party, and talks like a party. Hence, it is a party. In a country where most political parties are paper-tigers, being a real party is a big plus.

Yes, the FLN is an old discredited party. Yes, the FLN is chuck full of corruption and nepotism. Yes, the FLN is the party of the past, an archaic and antiquated party. Yes, the FLN hasn’t had one single new and innovative idea since November 1, 1954. Yes, the FLN is a broken political clock that gets the time right twice a day. Nevertheless, the FLN is a party in the electorate; it is a party as an organization; and it is a party in government. And as such, it is the only political party in Algeria right now that has these features. The rest of the parties of the opposition or in whatever place they want to be have never bothered to build their parties nationally and provide them with serious structures and organization. Granted, the FLN party-identification numbers are not that great, but they exist; they are not fictional, and that’s what allows this party to win. The rest of the opposition exists on paper, and nowhere else.

Corruption, ineptitude, and archaism do not cause huge and consecutive electoral defeats and major realignments of the electorate. It is only the loss of the brand of a given party, and the loss of its institutional structure, which is geared for victory, that causes the collapse of a political party. The last two features are very strong within the FLN, and that’s why the FLN wins.

Concernant le film anti-Islam, manifestations en Libye/Egypte & la réaction de Mitt Romney.

September 14, 2012 3 comments

Juan Cole posted on his blog an excellent analysis of the movie that caused such an uproar in Libya, Egypt, and Muslim countries. He investigated in details (and with links)  the origin of the movie, who shot it, who funded it, and for what purpose. As we already know, the U.S. government is in no way or shape linked to the production and/or promotion of this movie. Moreover, the U.S. government, federal and/or state, cannot shut down or ban this movie because it has no constitutional basis for doing so. Yes ladies and gentlemen, the first amendment protects your right to be a jackass.
So without further do, i let you read Juan Cole’s article.

Romney Jumps the Shark: Libya, Egypt and the Butterfly Effect

The late science fiction writer Ray Bradbury authored a short story about time travelers. They were careful, when they went back to the Jurassic, not to change anything, but one of them stepped on a butterfly. When they got back to the present, the world was slightly different.

When scientists studying complexity put forward the idea that small initial events could have large effects in non-linear, dynamic systems like the weather, they chose the term ‘butterfly effect.” One of the images students of weather instanced was that a butterfly flapping its wings might set off minor turbulence that ultimately turned into a hurricane. (In the older model of Newtonian physics, small events have small effects and large events have large effects, so you wouldn’t expect a minor action to produce big changes).

So the Associated Press did a careful investigation of the ‘Sam Bacile’ who supposedly directed the hate film, ‘The Innocence of Muslims.’ And AP found that probably he does not exist, but is a persona used by a convicted Coptic Egyptian fraudster, Nakoula Bassely Nakoula.

But the story gets more complex. Nakoula had Coptic and evangelical associates in the shooting of the film, including Steve Klein, a former Marine and current extremist Christian who has helped train militiamen in California churches and has led “protests outside abortion clinics, Mormon temples and mosques.” My guess is that most of the Egyptian Copts involved are converts to American-style fundamentalism.

The Egyptian Coptic church has roundly condemned the hateful film they made smearing the Prophet Muhammad.

Anyway, the bigotry of the edited film, directed at Muslims, is part of a movement of religious prejudice that also targets . . . Mormons.

Mitt Romney may want to rethink his ‘visceral’ reaction to the US embassy in Cairo’s tweet condemning the group’s hate speech.

Then it turns out that the film was shot in such a way that there was originally no mention of the Prophet Muhammad in the script, and the cast had no idea what they were getting themselves into, and then the name of Muhammad was clumsily dubbed into the final edit.

So, the film was from the beginning a fraud. It was directed by a fraud. It was promoted by a militia trainer. And Nakoula marketed it fraudulently as the work of a fictitious Israeli-American Jewish real estate agent, ‘Sam Bacile,’ and falsely said it had been funded by “a hundred Jewish donors.”

The group behind the film, in other words, managed to evoke all the classic themes of anti-Semitism as a way of disguising the Coptic and evangelical network out of which the ‘film’ came. When they weren’t busy picketing Mormons and defaming Muslims they were trying to get Jews killed for their own smears of Islam!

Of course, given the strident hatred of Muslims promoted by a handful of Jewish American extremists such as Pamela Geller, David Horowitz, Daniel Pipes and others, in which they gleefully join with white supremacists and Christian fundamentalists, it was only a matter of time before their partners in hate turned on them and used them.

The bad, dubbed ‘film’ only had one theater showing in some dowdy place in LA. Then in July the group had the trailer for it dubbed into Arabic with subtitles as well, and put it on Youtube, where it was found by strident Egyptian Muslim fundamentalist Sheikh Khaled Abdallah, who had it shown on al-Nas television and caused the sensation that led to Tuesday’s demonstrations in Cairo and Benghazi. As I argued yesterday, the vigilante extremists or ‘jihadis’ have been left on the garbage pile of history by the democratic elections in Egypt and Libya, and are whipping up the issue of this film in a desperate attempt to remain relevant.

Aware of the building sensation about the film, an employee of the US embassy in Cairo condemned it as hate speech before the rally began outside its premises.

In other words, this is a non-film and a non-story, a fraud, promoted by the worst people in each culture.

In Cairo, the rally allegedly got out of hand because the Ultras or soccer ruffians joined in, and they were probably the ones who tore down the American flag and ran up a black Muslim-fundamentalist one. Ultras are not fundamentalists but they are mischievous and resent authority, so a superpower that backs the army and police they hate might be a target of their wrath. There may have also been a handful of al-Qaeda supporters there, not surprising on the anniversary of September 11. The crowd at the American embassy was tiny by Egyptian protest standards.

In Benghazi, Hadeel Al Shalchi got the story. She talked to Libyan special forces members who explained that there were three stages to the events there. First, there was a demonstration. Then when the police and consulate guards tried to curb it, the demonstrators got angry and some of them went for guns and a rocket propelled grenade, so that the consulate was set on fire and looted. It was at that second stage that US ambassador Chris Stevens and another diplomat were killed (Stevens inhaled too much smoke in the fire and the other man was shot). Stevens’ death is a great tragedy and irony, since he was liaison to the transitional national council during the Libyan revolution and many Libyans lionize him. Why in the world he was in an insecure minor consulate in a provincial city on September 11 is a mystery to me.

Then 37 embassy personnel escaped to a rural safe house. The Libyan special forces commander charged with evacuating them to Tripoli at first was stymied by not having enough vehicles for so many people. Then the safe house came under fairly precise mortar fire from members of an al-Qaeda affiliate operating in Benghazi, which must have been surveilling consular personnel. Finally, the Libyan government forces got the Americans to the airport and they flew back to the capital of Tripoli.

It should be remembered that Libyan forces fought and risked their lives to protect Americans. In opinion polling in Eastern Libya, the United States has a 60% favorability rating, while the Salafis or hard line Muslims stand at only 28% favorable.

It was while all that was going on in Cairo and Benghazi that Mitt Romney took it into his head to condemn Barack Obama for the tweet issued by the Cairo embassy before the demonstration. He alleged that Obama had *reacted* to the embassy attacks by showing some sympathy for the attackers. This allegation is untrue and absurd, but Romney and his running mate Paul Ryan went on repeating it all day Wednesday.

Romney was caught on camera walking away from that shameful performance with a shark-like grin on his face. Since he was talking about matters of life and death, the expression was inappropriate. But a darker theory is that he was grinning about having stuck it to Obama.

Romney’s politicization of September 11 and of the horrible events in Benghazi was poorly received among opinion leaders, including prominent Republicans, and some observers suggest that this miscalculation may have been a decisive nail in the coffin of his sputtering campaign.

Meanwhile, the Libyan government apologized for and vehemently condemned the attack on the consulate and the killing of its personnel. And, on Wednesday Libyans staged pro-American demonstrations in several cities.

In Egypt, in contrast, small demonstrations were held again in front of the US embassy, until police pushed the activists back. When, on Thursday morning, protesters set two cars afire with Molotov cocktails, police arrested 12 of them. The police have the embassy surrounded and have closed the roads leading to it in Garden City.

Egyptian President Muhammad Morsi, a leader of the Muslim Brotherhood, fell short of strongly condemning the Cairo and Benghazi attacks. Late on Wednesday the Muslim Brotherhood finally retweeted comments of one of its other leaders, Khairat al-Shater, in condemnation of the attacks. Nevertheless, the Brotherhood is sponsoring rallies protesting the film on Friday, a ‘day of rage.’ Morsi is no doubt worried that religious and political currents to his right will outflank him on the issue of the blasphemous film and its American provenance. But Morsi has a Ph.D. from the US and surely knows that the US government cannot suppress films, and it is shameful that he did not condemn forthrightly the killing of Ambassador Stevens and the others.

In Tunisia, Salafis rallied on Wednesday in front of the US embassy, but were fairly quickly dispersed by police deploying tear gas. Tunisian president Moncef Marzouki denounced the killing of Stevens and the others as an “act of terrorism.”

So the Butterfly Effect set off by a low-budget bad propaganda film gotten up by two-bit frauds and Christian supremacists, and then promoted by two-bit Egyptian and Libyan fundamentalists, has provoked some squalls and cost the lives of four good men.

The storm provoked by this butterfly has revealed character on an international scale. The steely determination of an Obama to achieve justice, the embarrassing grandstanding of a Romney, the destructive hatred of a handful of extremists in Cairo and Benghazi, and the decency and warmth toward the US of the Libyan crowds, all were thrown into stark relief by the beating of the butterfly’s wings.

In the end, the violence and extremism of the hardliners on both sides is a phantasm of the past, not a harbinger of the future. The wave of democratic politics sweeping the region has left the haters behind, reducing them to desperate and senseless acts of violence that will gain them no good will, no popularity, no political credibility.

A little-noted major event of Wednesday was the democratic selection of a new prime minister in Libya for the first time in the country’s history. Mustafa Abushagur defeated the Muslim Brotherhood candidate handily. Abushagur for a long time taught college in the US, at the University of Alabama Huntsville. Libyans again showed themselves nationalist and non-fundamentalist. This remarkable achievement, and what it portends for the shape of Libyan politics, will be drowned out by the atrocity in Benghazi, but it is the development that is likely to be marked by future historians as a turning point in Libya and in the Middle East.