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Posts Tagged ‘Mustapha Benfodil’

J’appelle à voter Benflis

April 16, 2014 Leave a comment

Oui, j’appelle à voter pour Ali Benflis et mon choix est fondé sur un pragmatisme froid et même glacial. Je suis conscient de mon choix, et je ne suis pas naïf, comme certains pourraient le penser, que Benflis est le candidat idéal ou même parfait. Je prends le monde tel qu’il est, et non tel qu’il devrait l’être, et dans ce monde réel, pas imaginaire ou fantasmatique, Benflis est le choix. Je suis également conscient que je ne suis pas d’accord avec lui sur plusieurs questions et plusieurs positions, mais c’est la seule option  que nous avons devant nous en ce moment crucial de l’histoire de l’Algérie.

Il est le seul choix sur la table parce que, soyons honnêtes avec nous-même, nous n’avons pas une opposition capable et intelligente. On n’a pas une opposition formelle ou une opposition informelle. Les islamistes, les modérés comme les conservateurs, sont encore politiquement immatures, et en toute franchise, ils sont des amateurs de la politique. Les soi-disant démocrates ou sociaux-démocrates ne peuvent même pas être en désaccord avec eux-mêmes. Chaque clan de notre opposition pitoyable, enfantine, et honteuse colporte une plate-forme pour le changement. Toutes ces plates-formes — et je les ai lu toutes — se ressemblent. Toutes appellent a l’établissement d’un gouvernement d’union nationale qui comprend toutes les forces politiques vives du pays pour mener une période de transition. Mais ces plate-formes ne valent même pas le papier sur lequel elles sont écrites. C’est un discours rhétorique et démagogique vide. Les plates-formes, aussi nobles qu’elles peuvent l’être, n’ont jamais apporté quelconque changement. Seule l’organisation porte et provoque les changements. Même notre prophète (saaws), qui portait avec lui une plate-forme d’un ordre divin, a agi. Il est allé à la Médine, a organisé ses disciples, a signé des accords avec ses ennemis, et a même compromis avec eux. Qui sommes-nous pour penser que nous sommes plus juste et plus équitable que notre prophète? Donc, que chacun d’entre nous révise sa position et met son égo de côté car il y a des intérêts et des agendas qui sont plus importants que nos petits et misérables calculs politiques.

Notre pays, l’Algérie, est dans une situation désastreuse. Jamais nous avons été dans une position aussi dangereuse que celle-ci. Et je refuse de jouer le jeu du pourrissement. Je suis très conscient des petits calculs politiques que certains dans l’opposition sont en train de faire. Leur argument est que nous laissons la situation pourrir au maximum, et le régime tombera de lui-même. Ce qui est vrai et ça pourrait se passer. Mais ma réponse est que vous avez tort car ceci est un jeu suicidaire dont le prix sera la vie de millions de familles algériennes qui verront leurs finances littéralement effacées et leurs vies et leurs espoirs écrasés et dévastes pendant des décennies.

Je refuse de jouer à ce jeu parce que nous sommes à l’aube de graves déficits budgétaires, d’une dette publique probablement énorme considérant les demandes sociales, une inflation à deux chiffres, un taux de chômage catastrophique, une dette extérieure, et les services de cette dette. Nous sommes à l’aube d’un déclin important de la production nationale de pétrole et du gaz naturel. Nous sommes à l’aube et nous faisons face déjà à une sérieuse augmentation de la consommation domestique de pétrole et de gaz naturel (hausse de 9% par an du gaz naturel). C’est ainsi que par l’an 2025-30, chaque goutte de gaz naturel que nous produirons sera consommée sur le marché domestique, et cela amputera massivement les recettes de l’état (et il faut rappeler que 98% de nos revenus proviennent de l’exportation des hydrocarbures). Nous sommes aussi à l’aube d’un déclin progressif et continuel des prix du pétrole sur le marché international. En cinq ans, notre population augmentera de presque 4 millions, et des centaines de milliers de jeunes Algériens seront sur le marché du travail. Les demandes sociales sont insupportables à traiter et à négocier avec un baril à 120 dollars, et seront pratiquement impossible à gérer avec la baisse des marchés des hydrocarbures et de surcroît la baisse de la production nationale.

Non, je ne joue pas à ce jeu nauséabond du pourrissement parce que quand ce qui reste de notre économie s’effondrera, il y aura que des ruines et le climat social et politique seront si chaotique et si anarchique que tout changement sera difficile à apporter, voir presque impossible à implémenter.

Pour ceux qui appellent au boycott, dois-je vous rappeler que j’étais parmi les premiers à vivement appeler à l’organisation d’un boycotte massif et actif. Allez sur mon blog et lisez ce qui j’ai écrit. J’ai dit (et je me permets de me citer) :

Bâtir et lancer un mouvement pour le boycott est bâtir la structure organisationnelle du changement. Non seulement ce mouvement peut vaincre et battre la narrative du système le jour du scrutin le 17 Avril et coupe à travers le bruit ambiant, mais il peut fournir également l’argument moral et la base organisationnelle sur et par laquelle la bataille pour le changement peut être menée […] Nous devons travailler dur pour que ce mouvement pour le boycott soit une réussite. Nous devons construire l’organisation qui mobilise les électeurs à rester chez eux et à déserter les rues le jour du scrutin. Une sorte de Janvier 1960 bis. Ensuite, nous utilisons le succès du boycott pour pousser l’ordre du jour le plus important qui est le changement.

Où est ce boycott massif et actif? Il est nulle part. Pourquoi? Parce que nous avons une opposition incapable, immature et politiquement stupide. C’est pourquoi je déclare que toute tentative de boycotter le vote du 17 Avril sera un échec cuisant, et ne fera que conduire à la réélection de Bouteflika, et la pérennisation du système qu’il dirige et protège.

Pour ceux qui disent que le vote sera truqué, je dis que s’il y a une participation massive qui accable le système électoral, la fraude électorale diminuerait. S’il y a une grande marge en faveur de Benflis, Bouteflika ne pourrait pas truquer les résultats. Et s’il le fait, il serait plus facile pour le peuple de sortir dans la rue et demander réparation.

En conclusion, je crois qu’il est temps que chacun d’entre nous assume sa responsabilité devant l’histoire et devant ce peuple meurtri. Je ne suis pas un jusqu’au-boutiste et je ne le serai jamais. J’ai aussi horreur de l’idéalisme creux et stupide car il est dangereux et mène toujours vers l’extrémisme politique et le dogmatisme idéologique. Citant Voltaire, je dis “J’aime fort la vérité, mais je n’aime point du tout le martyre.”  Et je rajoute que je suis un partisan farouche du pragmatisme et de ne jamais laisser le parfait être l’ennemi du bien, pour citer encore une fois Voltaire. Donc j’assume ma responsabilité devant dieu dans ces moments très périlleux pour notre pays. Je peux être dans le tort et je peux me tromper comme je peux être correct, seul dieu connait l’avenir. Mais ce que je sais, c’est qu’il y a une petite probabilité que quelque chose de bien pour notre pays pourrait se produire avec l’élection de Benflis. Je prends cette probabilité aussi petite et aussi minuscule qu’elle soit au lieu de s’agripper à une probabilité qui est nulle, ou d’attendre que notre incapable opposition sort sa tête des eaux marécageuses dans lesquelles elle se noie.

Algérie: Le 18 Avril, l’inertie et l’incertitude ou le déblocage

April 12, 2014 1 comment

Peu importe celui qui gagne les élections, le 18 Avril et tous les jours et les mois après cette date constitueront une période et des moments difficiles pour l’Algérie. Peu importe le vainqueur des élections, il sera un président faible et un président très mal élu. Peu importe le vainqueur, il n’aura pas un mandat populaire. Peu importe qui sera président le 18, il devra faire face à une population très hostile, n’aura aucune lune-de-miel, et ne bénéficiera pas de la confiance de la majorité de la population. En fait et pour être clair, quels que soient les résultats des élections, il n’y aura pas de gagnant le 18 Avril.
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Si Bouteflika gagne, le pays sera plongé dans un autre cycle prolongé de protestations et de contestations. Tous ces mouvements ne disparaîtront pas du jour au lendemain juste parce que Bouteflika est réélu pour un autre terme. En fait, le 4e mandat de Bouteflika sera le mandat de tous les dangers pour le pays. Jamais, depuis 1962 l’avenir de l’Algérie a été aussi incertain. Sur le plan économique, la fenêtre d’opportunité pour engager des réformes très significatives, très nécessaires et très difficiles se referme rapidement, et le temps, dont nous n’en avons pas beaucoup, nous échappe furtivement. Socialement, je peux entendre d’ici à des milliers de miles de l’Algérie le déchirement du tissu social. Ethniquement, notre fragmentation ethnique n’a jamais été aussi élevée et aussi aiguë. Tous ces éléments feront l’élaboration des politiques de reformes et leur mise en œuvre extrêmement difficile, si ce n’est impossible.

Par ailleurs, si Bouteflika gagne, les militaires et les services de renseignement devront se mettre rapidement a la tache pour trouver un autre candidat pour remplacer le mourant qui vient d’être élu. Car il faut être honnête, Bouteflika ne survivra pas son 4e mandat, et de nouvelle élections présidentielles seront dans notre proche avenir, donc une nouvelle période d’incertitude, une nouvelle période de tractation, une nouvelle période de tension et de guéguerre et de conflits internes entre les différents clans de l’armée et de la voyoucratie feront parties de notre quotidien encore une fois.

Un 4e mandat de Bouteflika plongera également le pays dans une paralysie totale et bloquera toutes les réformes qui sont vitales et cruciales pour l’avenir du pays car un président mal élu qui ne bénéficie pas de l’appui, du support et de la confiance de son peuple ne peut pas être un président réformateur, mais sera un président qui régnera sur la lente et progressive décadence d’une nation qui est déjà dans un état prononcée d’une rigor mortis.

Un 4e mandat de Bouteflika conduira à une plus grande polarisation sociale, ethnique et politique entre l’élite dirigeante du pays et le peuple. A toutes fins utiles, ce 4e mandat de Bouteflika sera le mandat de trop, la goutte qui fera débordée le vase Algérien, et seul Dieu sait ce qui pourrait arriver par la suite.

Que diriez-vous d’une élection de Benflis? Eh bien, si Benflis est élu, il sera un président minoritaire à coup sûr. Il sera mal élu aussi. Mais il bénéficiera d’un très court laps de confiance et de support populaire. C’est à lui, s’il était élu, de cultiver cette naissante confiance, et de gagner le cœur et l’amé du peuple Algérien.Vous me demandez, comment peut-il le faire? Eh bien, ce sera à lui et à lui seul d’agir. Tous ses actes seront examinés. Tous ses mouvements seront de près surveillés  et analyses par la population. Toutes ses erreurs et faux pas seront aussi exploités par ses ennemis. Si Benflis est élu, il aura très peu d’espace pour manœuvrer, et son avenir ainsi que l’avenir de l’Algérie dépendra de ses premières actions et de ses premières initiatives.

S’il appellerait à un gouvernement d’unité nationale ou un gouvernement des forces vives du pays; s’il prévoirait une période de transition pour rédiger une nouvelle constitution inclusive et véritablement démocratique; s’il étendrait sa main à l’aile laïc ainsi que l’aile islamiste; s‘il regarderait le peuple Algérien dans les yeux et nous dirait Je ne peux vous promettre que du sang, des larmes, et du travail acharné, et rien d’autre,” là, uniquement là, Benflis pourrait réussir. Sinon, je n’ose même pas imaginer le scénario alternatif car seul un soulèvement sanglant et coûteux serait notre salut.

Algérie: Keep Calm & Carry On: Les émotions et le zèle dans le frigo

March 21, 2014 Leave a comment

Billet Publié aussi sur Le Quotidien d’Algerie

Je n’ai pas une boule de cristal pour voir l’avenir de l’Algérie, mais je crois et je pense (et je crois que je ne suis pas le seul) que nous sommes à un moment critique où tout le monde doit se calmer d’un cran. Nous assistons à une évolution grave de la situation, une division probable dans les hautes sphères de l’institution militaire, et une panique évidente de ceux qui ont poussé et sont encore en train de pousser la candidature de Bouteflika. C’est dans ces moments là que nous ne devrions pas ajouter au bruit ambiant et au brouhaha, ou prendre des positions plus radicales ou faire dans gesticulations inutiles, et en dépit de toutes les provocations qui vont venir, nous devons résister a cela.

C’est ma conviction la plus ferme que nous devons: 1) continuer et maintenir la pression; et 2) être prêt à s’asseoir et à faire des compromis. Oui des compromis entre nous et avec le pouvoir. Le mot “compromis” n’est pas un mot sale, grossier, ou une expression de trahison ou de faiblesse. Le compromis pour le bien de tous (the greater good) est le cœur battant de la politique dans une démocratie.  Il ne faut pas laisser la perfection être l’ennemi du bien, ou le compromis être l’ennemi de la solution. Comme disait le Mahatma, “Un œil pour un œil rendra le monde entier aveugle(An eye for an eye will leave everyone blind), et nous ne sommes certainement pas de meilleurs politiciens que Gandhi.

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Comme on sait, une bête acculée, comme le pourrait l’être notre régime agonisant en ces moments,est plus dangereuse parce qu’elle n’a plus rien a perdre. Il ne faut pas donc qu’on arrive à une situation de zero-sum game où la victoire de l’un se fêterait sur les cendres de l’autre et où seuls les radicaux des deux bords récolteraient les fruits du succès.  Consultez l’histoire et vous allez constater que les révolutions radicales ont presque toujours mené à des gouvernements postrévolutionnaires radicaux et un cycle de problèmes de gouvernance chronique. Ergo, Il faut qu’il y ait une porte de sortie pour les dirigeants de notre régime, en quelque sorte honorable même s’ils ne la méritent pas. Bien sûr, le cadre de cette «honorable sortie” reste encore a être déterminé et défini, mais le plus important est que nous soyons prêts à offrir et à accepter cette “porte de sortie”. Sinon ces “jusqu’au-boutistes”, qu’on connaît très bien, s’ils se sentent acculés et coincés, comme une bête blessée, brûleraient la maison et tout ce qu’il y a dedans

Je ne dis pas que nous devrions arrêter. Non. Je dis qu’il faut maintenir la pression, mais être prêt à faire des compromis pour le “greater good.”  Et Il ne s’agit pasde moi et de ma génération, nous sommes déjà de l’histoire. Et Il ne s’agit pas aussi de votre génération, vous êtes, hélas, aussi déjà de l’histoire. Mais il s’agit de la prochaine et celle après la prochaine. Donc, il faut mettre de l’eau dans notre vin, comme on dit, et mettre nos egos, nos émotions, et notre zèle de côté. let cooler heads prevail!

Algeria: Barakat, a cloud of suspicion. Is the movement truly democratic as it claims to be?

March 8, 2014 2 comments

A movement called Barakat (Enough in English) was born out of the first protests organized against Boutefika’s 4th candidacy. When i first heard of this movement, i was happy, but then went from curious to intrigued to completely dubious about the founding values upon which this movement is built. My criticism might be too harsh, but it is a necessary one for the betterment and the probable evolution of this movement toward real political change in Algeria.

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Upon a closer look and some research conducted on the Barakat Movement, (I even had a conversation with a member of this movement who described himself as a “founding member”), I have to say that I have become more worried about the overall ideology and tone of this movement than I initially was. And here, in this piece, I list a few points and questions that Barakat must answer and elucidate for the sake of the movement itself, and the sake of its success.

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First, let me say that any movement that revives the concept of citizenship and reanimates a moribund and dormant Algerian civil society is agreeable news that must be welcomed by all Algerians, personal ideology and views notwithstanding.

Second, Barakat as a movement is structured in a horizontal way—i.e., it claims that it has no leadership per se, but it has some sort of a collegial direction whose members are so far not known to the public. In the history of successful social movements, having a structural organization and unified and clear leadership that frames the movement’s ideas and narratives in an efficient and specific manner is a serious variable in the success of the movement. To cite only a few examples: the American Civil Rights movement and the Christian Southern Leadership Council (CSLC) whose first president and leader was Dr. Martin Luther King; South Africa’s African National Council (ANC) and Nelson Mandela was one of its leaders; the Women’s Suffrage Movement and National Women Suffrage Association (NWSA) whose leader was Susan B. Anthony, etc. We can keep on listing numerous successful social and political movements like these, and quickly a pattern would emerge: all these movements had solid organizational structures; all these movements had a clear leadership, all these movements had a clear narratives that framed their grievances; and all these movements had enough resources to be able to advance and articulate their grievances, and mobilize  people around them.

On the other hands, unsuccessful or short-lived social and political movements had a very obvious flaw: a lack of an organizational structure and leadership to clearly articulate and frame the movement’s visions and narratives. The most recent example is Occupy Wall Street (OWS). It’s an unorganized leaderless movement that was established on a very powerful, and at that time, popular frame and narrative–i.e., the 2008 financial crisis–which was neither successful in broadcasting its grievances nor was it successful in impacting policymaking or bring about change in the financial structures of Wall Street. The lack of organization and an amorphous and nebulous leadership failed to mobilize tangible and intangible resources, which pretty much led the movement to its downfall. By extension, Barakat’s organization or the lack thereof could very much harm the movement and negatively impact its success.

However, the aforementioned observations, though important, are not the troubling aspects this movement. Barakat seems to echo a disturbing current of thought that was popular in the mid-1990s. This current is called “le courant ou la mouvance des eradicateurs.” (the eradicators or exterminators in English). Briefly stated, this current was (and still is) a proponent of the total physical elimination of all Islamists or the Islamist movement in Algeria. Their conception of Algerian political arena is that there is no room or place on the ideological spectrum for an Islamist party and/or ideology.  It is also important to note that the eradicateurs’ doctrine was established, sponsored, and nurtured by an extreme wing of the Algerian military institution. One of the most famous eradicateurs was the Army General Mohamed Lamari. In the name of the eradicateurs doctrine, several crimes against humanity and egregious human rights violations were not only justified, but also perpetrated in all impunity. This doctrine had also several fervent supporters among the Algerian civil society and political class such as Redha Malek, a former Prime Minister, Mohamed Sifaoui, a famous pamphleteer and blogger, and Mustapha Benfodil, a poet, author and journalist, to cite only a few. These politicians, journalists, and members of civil society supported passively and actively the eradication of an entire political movement and class in Algeria. For the proponents of this doctrine, it is not enough to eradicate Islamic terrorism, which is legally, logically and rationally justified and supported, but this doctrine goes further and steps into the ideological realm and calls for the eradication of Islamism as a political doctrine well anchored into the Algerian society.  More importantly, the eradication of political Islam (or Islamism) is not done through vigorous debates of ideas where Islamism is defeated at the intellectual level and by extension in the political arena. Not only is this approach acceptable, but it is also advisable and should be encouraged. The eradicateurs advocate the simple ban and the exclusion of Islamism from politics in Algeria, and here lies the heart of the problem and the contradiction with fundamental and crucial democratic values.

First, banning an idea has never succeeded or worked. The banning of an idea has always given more credence and more echoes to that idea than it deserves.  Second, if we start by banning or outlawing idea, then we quickly need to start building large concentration camps for all those who subscribe to that idea. This slippery slope is dangerously slick and leads, as history tells us, to inhuman outcomes.

Third and most importantly, the doctrine of the eradicateurs is antithetical to the seeds of democracy. If democracy is as a concept, in many ways, the celebration of freedoms and freethinking, eradicating an idea or banning a whole class of people because they just happen to thinking differently than you and me is not only the negation of that very freedom upon which the house of democracy is built, but it is also a democratic abomination and an anathema. Democracy is built on freedom and freedom produces ideas, doctrines, and factions. We can’t agree with all the ideas or doctrines that are produced because of the freedoms bestowed upon a society through democracy. Some ideas will even be so extreme that they violent our intellectual being. But banning those ideas or doctrines or factions is analogous to banning democracy itself.

Yes I am lecturing Benfodil and Sifaoui and the members of the Barakat movement on democracy because they seem to have forgotten what democracy is; they seem to have a very limited, very narrow, and very primitive understanding of democracy. They seem to have let their emotions and their 1990s traumatic experience cloud their judgment. It is like their thinking has been veiled and tortured by their collective post-traumatic syndrome. We cannot advocate for democracy and at the same time advocate for the elimination of an idea or a faction. James Madison in Federalist No.10 (1787) asks this same question: How can we eliminate a class of ideas or the nefarious factions that push for those ideas and still be faithful democratic values? And his answer is in these few lines that are engorged with the philosophical wisdom of the Enlightenment era:

“By a faction, I understand a number of citizens, whether amounting to a majority or a minority of the whole, who are united and actuated by some common impulse of passion, or of interest, adversed to the rights of other citizens, or to the permanent and aggregate interests of the community.

There are two methods of curing the mischiefs of faction: the one, by removing its causes; the other, by controlling its effects.

There are again two methods of removing the causes of faction: the one, by destroying the liberty which is essential to its existence; the other, by giving to every citizen the same opinions, the same passions, and the same interests.

It could never be more truly said than of the first remedy, that it was worse than the disease. Liberty is to faction what air is to fire, an aliment without which it instantly expires. But it could not be less folly to abolish liberty, which is essential to political life, because it nourishes faction, than it would be to wish the annihilation of air, which is essential to animal life, because it imparts to fire its destructive agency.

The second expedient is as impracticable as the first would be unwise. As long as the reason of man continues fallible, and he is at liberty to exercise it, different opinions will be formed. As long as the connection subsists between his reason and his self-love, his opinions and his passions will have a reciprocal influence on each other; and the former will be objects to which the latter will attach themselves. The diversity in the faculties of men, from which the rights of property originate, is not less an insuperable obstacle to a uniformity of interests. The protection of these faculties is the first object of government. From the protection of different and unequal faculties of acquiring property, the possession of different degrees and kinds of property immediately results; and from the influence of these on the sentiments and views of the respective proprietors, ensues a division of the society into different interests and parties.”

James Madison tells us that the only way to eliminate a faction—a nefarious faction representing the majority or the minority of the citizens—whose interest is antagonistic to the rights of other citizens is by having more factions, not less; it is by building a large republican form of government based on a representative democracy where the freedom of ideas is the currency. For Madison, in a pure democracy (reads, direct democracy), a majority can easily control the minority faction, but the tyranny of the majority can overwhelm the rights of the minority. He tells us in order to neutralize and control the evils of factions, we need to set the foundation of a political system that is based on the protection of the minority and their rights—i.e., an antimajoritarian system. Moreover, in Federalist No. 51, Madison tells us that a republic vested with enough powers to control the governed, and the governed vested with enough powers to check the government is the only way to preserve liberties and freedoms, and guard against tyranny.

This is democracy. It is not the banning of the Islamist doctrine no matter how repulsive that doctrine is to us. And yes, the ultimate test for what a true democrat is (and is not) is when that democrat stands tall and defends the fundamental rights and liberties of his most ardent proponent when his rights and liberties are violated. And so during a conversation I had with Mr. Sidali Kouidri Filali  (find his Facebook page here: https://www.facebook.com/sidali.kouidrifilali) who describes himself as a founding member of Barakat, i asked him a very specific question–a litmus test in sort: Why did you not condemn Ali Belhaj’s violent arrest by the police in front of the Constitutional Council (a transcript of the conversation is available upon request)? And his verbatim answer was:

Mr. Sidali Kouidri Filali: Ali belhadj n’existe pas pour nous, arrestation violente? ce type a eté la cause de 200000 morts,, ce ne sera pas demain notre soutien

Question: j’espere que vous n’allez pas commencer pas avoir une attitude d’exclusion envers d’autre mouvances/courants politiques?

Mr. Sidali Kouidri Filali: On ne defends ni les mêmes causes, ni le meme pays, ni la meme vision, Ali belhadj n’est pas une vision politique, c’est un criminel

Question: Vous carburez a l’émotional!

Mr. Sidali Kouidri Filali: je ne carbure pas a l’émotion monsieur, et je ne suis pas irraisonnable au point de défendre un principe démocratique avec quelqu’un qui veut justement me le supprimer dés qu’il lui permettra le pouvoir, on a pas encore perdu la tête, vous voulez appliquer le principe démocratique avec quelqu’un qui use des armes!! allah yahdik

Mr. Sidali Kouidri Filali very narrow understanding of democracy clearly exhibits authoritarian tendencies. His argument can be summarized as follows: in the name of democracy I need to be undemocratic with someone like Ali Belhaj. But this begs the question: If we are undemocratic with someone like Ali Belhaj, then what democracy is good for? Do we just behave democratically only with likeminded people and then put our Hitler hat on and become tyrants when we are confronted with ideas that violates our core beliefs? Can we sacrifice the rights and freedoms of someone like Ali Belhaj just because he repulses us?  Let me extrapolate a little: What’s the difference between Ali Belhaj and Mr. Sidali Kouidri Filali? Both of them seem to be keen at eliminating each other’s democratic rights, and sacrificing each other’s freedoms if they have power. And if we start thinking this way, that there are deserving people in a democracy whose rights need to be protected and other not so deserving, where do we stop? Should we set a system that every time we don’t agree with someone we just press a button and his democratic rights disappear? What if one day, you don’t agree with me, what guarantees do i have that my rights and freedoms will not be taken away? In fact, Mr. Sidali Kouidri Filali and Ali Belhaj are not that different. Both are exclusionists, and both have forgotten that democracy is very inclusive.

In conclusion, democratic behavior and the belief in democratic principles and ideals are ultimately tested when those ideals and principles are threatened. Only during those moments, when our deep and cherished convictions are put to the test and are challenged that our true democratic self is revealed. The rights and the freedoms of the vilest person in the society are as important as the rights and freedoms of the most valuable person in the society. If we are too quick to dismiss of the rights of a vile person, like Ali Belhaj for instance, we would be too quick to dismiss of the rights and freedoms of another person with whom we just do not agree. And that is the beginning of the end of democracy.

In sum, i am aware that i have leveled harsh criticism and serious charges against the Barakat Movement. It is up to the movement’s leaders to answer these charges, otherwise this movement, in my opinion, is nothing more than Egypt’s Tamarod Mouvement without the Egyptian eloquence and the Saudi funding.