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Algeria: L’ autoroute Est-Ouest, ou The “Highway To Hell”

December 19, 2013 5 comments

Ne laissez pas le titre du bulletin vous induire en erreur, même s’il est tout à fait approprié. Oh, on ne va pas parler du fameux bones-shattering head-shacking, hips-swinging guitar-smashing tube de AC/DC  “Highway to Hell”, mais on va plutôt parler  de l’autoroute Est-Ouest en Algérie qui pourrait aussi bien être une autoroute pour l’enfer. C’est une autoroute d’une distance totale: 1216 km ou près de 783 miles, et en comptant les routes annexes 1720 km ou près de 1069 miles. Le coût, 12 milliards (selon TSA, El -Watan et d’autres sources).

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J’ai passé un peu de temps a lire la littérature qui traite de l’analyse du coût de construction des autoroutes, et d’après cette littérature, il devient évident que le coût de construction d’une autoroute varie considérablement en fonction de plusieurs facteurs tels que: 1) les coûts d’acquisition des biens immobiliers; 2) le terrain; 3) le degré d’urbanisation; 4) la largeur de la chaussée; 5) l’épaisseur du revêtement de base; et 6) les caractéristiques de sécurité et les précautions environnementales. Cependant, ce qui semble avoir un impact vraiment sur le coût de la construction d’une autoroute aux États-Unis sont deux facteurs. Tout d’abord, l’impact de l’acquisition de la propriété – -c’est à dire, l’achat de terrains des propriétaires privées ou des organismes de l’État ou du gouvernement fédéral. Deuxièmement et de loin le facteur le plus important dans l’évaluation du coût de construction, c’est le déplacement urbain or l’aménagement/réaménagement urbain– c’est à dire, le déplacement de quartiers entiers, la reconstruction parfois de certains quartiers, creuser sous les lignes de métro, creuser sous des sections entières d’une ville, reconfigurer les réseaux des conduites d’eau, du systèmes des eaux usées, des conduites de gaz, la construction de tunnels sous des sections d’une ville, le renforcement des fondements, la construction de plus de 4 voies, etc., Par exemple , le déplacement ou réaménagement urbain de la ville de Boston à cause du projet “The Big Dig” a été énorme et a été le principal facteur dans le coût du projet qui au final a coûté 300 millions de dollars par mile de route.

Or, selon The U.S. Federal Highway Administration (l’administration fédérale des autoroutes) les travaux de construction d’une autoroute dans une zone rurale et même de banlieue coûtent beaucoup moins chers que les travaux de construction d’autoroutes dans une zone urbaine ou dans les grandes villes, car il y a peu ou pas de réaménagement urbain et il y a généralement moins de voies par route. La plupart des autoroutes aux États-Unis coûtent un peu plus qu’ 1 million de dollars par mile de construction (Grossman, 1996 voir la citation de référence ci-dessous). Autres travaux de construction d’autoroute varient normalement entre 1 million de dollars et 5 millions de dollars par mile. Cependant dans les régions montagneuses (comme dans la Virginie de l’Ouest, le Colorado, et la région des Appalaches) les coûts peuvent être aussi élevés que 15 millions de dollars par mile (Brogan 1997 voir la citation de référence ci-dessous).

Le projet de l’autoroute Est-Ouest en Algérie a été officiellement estimé à 12 milliards de dollars. Je vais donc utiliser l’estimation la plus haute de 5 millions de dollars par mile, puis j’ajouterai le coût de plus exorbitant pour les grands centres urbains de Constantine, Annaba, Sétif, Alger, Tlemcen, et Oran.

1069 miles à 5 M $ par mile = 5,345 milliards de dollars

On ajoute 500 millions de dollars comme coût supplémentaire pour chacun des 6 centres urbains (Constantine, Annaba, Sétif, Alger, Tlemcen, et Oran) = 3 milliards de dollars.

Le coût total avec un supplément ridiculement exagérée est 8,345 milliards dollars–c’est à dire, moins que l’estimation officielle de 12 milliards de dollars. Et il faut aussi considérer que la main d’oeuvre en Algérie est moins chère que la main d’oeuvre aux États-Unis. En moyenne, le salaire horaire d’un ouvrier américain de construction d’autoroute est d’environ 30 dollars par heure. Un travailleur algérien ne toucherait jamais ce montant horaire. Donc, les frais généraux du projet en Algérie doivent être moins cher qu’aux États-Unis

Passons à des exemples concrets de la construction de routes dans des centres urbains et utilisons le projet d’expansion de l’autoroute de Los Angeles Métropolitain du comté de Ventura (Ventura County). Le réaménagement urbain était modéré, les échangeurs sont très complexes; la chaussée et l’épaisseur de base étaient de la plus haute complexité pour prévenir l’érosion du sel de mer et du vent de l’océan Pacifique et avec des normes parasismiques (c’est la California et il a des siesme là-bas), la norme sécuritaire était de standard comme partout aux USA; et les précautions environnementales étaient de qualité supérieure parce que c’est la Californie et le lobby écologiste est extrêmement puissant. Quel est le coût par mile de cette autoroute dans le comté de Ventura dans la ville de Los Angeles? Les coûts par mile d’autoroute pour les 4 projets du comté de Ventura ont été de 1,7 millions de dollars par mile, 2,1 millions $ par mile, 2,4 millions $ par mile, $ 2,9 millions par mile respectivement (Green, 1996 voir la citation de référence ci-dessous). Lorsque vous faites la moyenne du coût des 4 projets, le mile revient a un peu mois que 2,3 millions de dollars. Ce chiffre est très loin ou nulle part près des 5 millions de dollars que j’ai choisi pour le projet de l’autoroute Est-Ouest en Algérie. En fait, le coût par mile de l’autoroute Est-Ouest est de un peu plus de 15 millions de dollars ($15.325.670) ou un peu plus de 11 millions de dollars si l’on inclut les routes annexes. C’est comme si les 783 miles de l’autoroute Est-Ouest ont été construits dans une région montagneuse de l’est de l’Algérie a l’ouest.

Ventura County, California, Highway

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Question: Pourquoi le mile de l’autoroute Est-Ouest coûté si cher? Pourquoi un mile d’une autoroute Californienne a coûté près de la moitié du mile d’une autoroute Algerienne? Comment peut-on expliquer cette facture? Qui peut expliquer cette facture? Le gouvernement doit présenter au peuple Algériens l’étude de l’analyse des coûts de ce projet. Il n’est pas normal que la construction d’une autoroute en Algérie coûté plus cher qu’a Los Angeles où la valeur de l’immobilier est parmis des plus chers en Amérique. Je suis prêt à comprendre et dire que je me trompe si le gouvernement publie une étude logique de ce projet. Autre que la transparence totale sur ce gâchis gargantuesque, les Algériens ont le droit d’appeler leurs dirigeants, tous leurs dirigeants, des voyous.

Brogan, Pamela (1997) Millions in Transportation Funds at Stake for Ohio. Gannett News Service, January 31.

Green, Nick (1996) Widening of Highway 126 Enters the Final Phase. Los Angeles Times, Ventura County Edition, April 27.

Grossman, William L. (1996) History of Transportation. Colliers Encyclopedia CD-ROM, February 28.

AC/DC–Highway to Hell

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France: Le Rapport sur l’Intégration–“une occasion à ne pas manquer…”

December 17, 2013 Leave a comment

Voici l’ integralite du “Rapport sur l’Intégration” qui a été remis au Premier Ministre Français,  Jean-Marc Ayrault. Ce rapport a été préparé par cinq groupes de travail thématiques portant les titres suivant: 1) “Faire société commune”; 2) “Habitat”; 3) “Protection sociale”; 4) “Connaissance reconnaissance”; et 5) “Mobilités sociales”. Ces cinq groupes qui ont été constitués ont vut la participation des représentants des services de l’État, des collectivités territoriales, des associations, des partenaires sociaux ainsi que des chercheurs d’ universités et des think-tanks.

Cette étude a déjà créé  et suscité une certaine polémique en France, chose previsible, et c’est parce qu’elle recommande des réformes sérieuses et profondes à l’ensemble du modèle Français de «l’intégration», qui ne peut qu’ être décrit comme brisé/cassé, autrement dit “kaput”.

Je dois dire que je n’ai pas encore lu le rapport tout entier, mais je l’ai balayée des yeux, et parmi les recommandations formulées par ce rapport sont:

  • Retour sur l’interdiction du port du voile à l’école;
  • Révision des programmes d’histoire pour y inscrire l’histoire des mouvements de populations;
  • L’abandon symbolique du terme “intégration” etc.,

Voici l’intégralité du rapport et je vais y revenir pour l’analyser avec soin dans les prochaines mises à jour.

Bonne Lecture…

RAPPORT – CONNAISSANCE RECONNAISSANCE

RAPPORT – FAIRE SOCIETE COMMUNE

RAPPORT – MOBILITES SOCIALES

RAPPORT – PROTECTION SOCIALE

RAPPORT INTEGRATION HABITAT

Algeria: Réinventer la Politique et la Citoyenneté en Algérie

December 1, 2013 Leave a comment

Pour être en mesure de trouver une solution ou un moyen pour sortir de cette crise que l’Algérie est en train de traverser, nous devons d’abord diagnostiquer le problème qui a empêché le peuple Algérien d’agir, d’influer et/ou de peser sur le cours politique du pays. Je pense qu’il y a une méfiance, voire une véritable défiance d’une énorme proportion du peuple envers tous les acteurs politiques, tous les partis politique, et tous les mécanismes politiques traditionnels. Personne ne croit plus en une quelconque idéologie, en un parti politique, en un acteur politique, ni dans les institutions démocratiques traditionnelles que l’on retrouve dans chaque république. En peu de mots, l’Algérien ne croit plus en l’État. Et l’État n’a rien fait pour inciter les citoyens de croire en ses institutions.

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Je pense que pour réconcilier le peuple avec la politique, nous devons et nous avons besoin de repenser la politique en Algérie. En profondeur! Nous devons réinventer une nouvelle façon, une nouvelle méthode et manière de faire de la politique. Et cette nouvelle méthode doit être complètement dissociée de tous les mécanismes de politiques traditionnels comme les partis politiques complètement discrédités, dissociés de la politique électorale, et sans aucune relation avec une quelconque idéologie. Une politique qui est née d’une société civile dynamique et qui est nourrie par elle. Cependant, le problème en Algérie est l’absence totale d’une société civile, et pour réinventer la politique et la citoyenneté en Algérie, il faut réinventer la société civile (nous reviendrons sur ce  dernier point plus tard)

Toutes les idéologies en Algérie, de la plus modérée à la plus radicale à travers tout le spectre politique, ont fait faillite. Les Islamistes, tout comme les nationalistes, les socialistes, et les libéraux n’ont plus de crédibilité auprès du peuple. Ils ne parlent qu’entre eux et pour eux-mêmes, et ne produisent plus de discours politique cohérent à destination d’un quelconque public. Ceux qui sont encore investis, d’une façon ou d’une autre, dans le processus de politique partisane sont juste les clients du régime. Et tous les partis politiques représentant ces idéologies ne représentent plus que leurs propres personnes, et non plus le peuple.

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Ce que j’observe, et ce qui nous interpelle, est que le peuple en Algérie a soif d’actions concrètes prises pour résoudre des problèmes concrets. Des actions concrètes conduisant à des résultats tangibles. Il y a donc un grand besoin de réinventer la politique en Algérie en réinventant la société civile- – une sorte de politique «réelle», ou du « réalisme politique » qui doit être apolitique dans le sens traditionnel, non-idéologique dans le sense le plus large, et au-delà du processus électoral. Et pour être en mesure d’atteindre cet objectif, le processus politique et la politique elle-même en Algérie doivent être complètement décentralisées. Ce processus de décentralisation doit aller aussi loin que le niveau de nos quartiers.

Des associations de quartiers doivent être créés organiquement pour faire face aux problèmes quotidiens et réels tels que le nettoyage des rues et des quartiers, la circulation, le parking, le recyclage des ordures, la sécurité, les écoles, les performances et les progrès scolaires, les commerces illicites, les prix abusifs, les problèmes environnementaux, la santé et les services sociaux, etc.

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Mais comment envisager ce rôle éminemment civique et social pour des associations de quartiers qui doivent donc faire face à tous ces problèmes que tous les habitants de chaque quartier en Algérie rencontrent au quotidien? Tout d’abord, s’imprégner de l’idée que ces problèmes ne sont pas d’ordre idéologique et/ou partisan. Par conséquent, toutes les idéologies et la politique partisane doivent rester en dehors de la présentation et la représentation des problèmes et des solutions. Ce sont des problèmes concrets qui ont besoin de solutions concrètes. Les associations de quartiers doivent interpeler leurs élus locaux et nationaux, maires et députés, conseillers municipaux, et leurs walis, pour attirer leur attention sur des problèmes réels, et leur proposer des solutions. Si les maires et les walis ne voient pas ou ne considèrent pas ces associations comme une menace politique, ils ne demanderont pas mieux que de travailler avec leurs électeurs et leurs administrés. En outre, même si les premières demandes n’apportent pas les résultats escomptés, ce processus doit être répété jusqu’à ce que les dirigeants de la daïra ou la ville apprennent à écouter leurs citoyens représentés par ces associations de quartiers. Ce processus est un processus d’apprentissage de la citoyenneté, une socialisation politique qui naît au niveau local. Et cette socialisation politique est l’épine dorsale d’une société civile efficace et que l’Algerie en a tant besoin.

L’étape suivante consiste à essayer de tricoter et de former un réseau (ou des réseaux) qui puisse rassembler les associations de quartiers portant ou traitant des mêmes problèmes. Ainsi, une coopération entre les associations de quartiers représentant les différentes parties et lotissements d’une ville émergeront et se formeront. Cela donnera une grande force à ces associations et à leurs doléances. Ce n’est que par ce processus qu’une société civile consciente des mécanismes efficaces de formulation de doléances et leurs représentations verra le jour et réapprendre ce que c’est de faire de la politique. Les Algériens apprendront, en marchant et progressivement, que la politique n’est pas seulement une rhétorique partisane et idéologique vide, mais un mécanisme par lequel de vraies solutions sont trouvées pour résoudre des problèmes réels.

Au fil du temps, un ou des leaders émergeront de ce processus et investiront le processus politique pour une représentation nationale. Ces dirigeants ne seront pas parachutés d’en haut, sans lien réel avec la vie des gens ordinaires. Ces leaders émergeront de nos quartiers, de nos villes, de nos wilayas. Ils porteront avec eux les problèmes réels qui confrontent le peuple quotidiennement. Bien sur, a ce moment la, ils choisiront leurs idéologies, mais cette idéologie sera modérée par le désir d’une représentation efficace qui englobe la plupart des habitants d’une circonscription. En outre, les habitants de la circonscription apprendront à fonctionner selon des mécanismes bien développés et rodés de formation et de représentation de leurs doléances. Ils apprendront à mettre la pression ou à brandir la menace électorale pour un effet bien précis.

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Une chose est sûre: nos problèmes sont très sérieux et il n’y aura pas de solution magique ou d’homme providentiel qui nous tomberait des cieux, apportant avec lui toutes les réponses et les solutions pour résoudre tous nos problèmes. Nos problèmes sont très sérieux et ils ne seront pas résolus par des pseudo-intellectuels philosophant théoriquement dans des salons de the loin du peuple et de leurs problèmes. En plus, le myth de la personne propre et honnête au-delà de l’imaginaire est juste une fable et une fantaisie pour enfants, pas une réalité. Donc, il est temps d’arrêter d’attendre le prophète Mohamed (saaws) ou ces compagnons. Ils ne reviendront pas. Et il faut aussi arrêter d’attendre que ce régime là change par magie. Il ne changera pas. En outre, il faut se résoudre à abandonner tout espoir que le système politique actuel puisse permettre de lui-même l’émergence d’une Algérie saine. Par conséquent, la réinvention de la politique en Algérie, comme je la vois, est une nécessite. Cela permettra d’apporter des solutions concrètes à des problèmes réels, et permettra l’avènement d’une société civile consciente et efficace qui est le fondement même de tout système républicain et démocratique.

Ce que je propose est difficile et Il faudra du temps pour le réaliser. Il y aura plein d’embûches, et le progrès sera très difficile à réaliser. Mais, je crois, que le résultat final en vaudra la peine.

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Algeria: L’opposition Algérienne ou “les vaut-riens que je connais vs. les vaut-riens que je ne connais pas”

December 1, 2013 Leave a comment

Pour tous ceux qui se considèrent dans l’opposition et s’opposent à notre régime (moi y compris), permettez-moi de dire la vérité crue et simple: nous avons échoué terriblement et lamentablement. L’opposition–toute l’opposition d’ici, de là-bas, de celle en Algérie, de l’étrangèr, et de toutes idéologies–a échoué terriblement et indéniablement. L’échec de l’opposition est si terrible qu’il est devenu néfaste.

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Il est temps de faire le constat, et de commencer à penser au pourquoi de cet échec. Il est temps d’évaluer la réalité de la situation et de repartir de zéro. Nous ne pouvons plus prétendre que cette façon de faire, de s’opposer au régime Algérien fonctionne. Le peuple Algérien ne vous écoute plus et pas. Le peuple ne bouge et ne bougera pas parce que cet opposition n’a aucune crédibilité auprès de la majorité du peuple (et je ne parle pas des clowns de l’opposition parlementaire). C’est cela la vérité amère. Si on n’a pas compris cela c’est qu’on a rien a faire dans l’opposition ou dans la politique et le mouvement social. Et oh, il ne faut pas blâmer le peuple pour votre échec.

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Par conséquent, un jour ce régime s’effondrera de lui-même a cause des problèmes économiques graves et endémiques de ces 50 dernières années. La question est: Est-ce que cet opposition (et opposition au pluriel) est prête? Peut-on lui (ou leur) faire confiance? Plus important que cela, peut-il leur faire confiance ce peuple? Sont-ils à la hauteur de tacler nos très sérieux problèmes? Et ma réponse est: je ne suis pas sûr. Je ne sais pas, et d’après ce que je vois, je pense que non, un gros non. Par ailleurs, je n’ai pas confiance en cet opposition autant que je n’ai pas confiance en ce gouvernement. Nous les Algériens, nous nous dirigeons vers un chaos certain, sombre et total, peu importe le prochain président et l’avenir immédiat. Et le peuple sait tout cela; il est loin d’être dupe. Et ce même peuple dit “je garde les vaut-riens que je connais que les vaut-riens que je ne connais pas”. Il n’est donc pas trop tard pour l’opposition de revoir sa copie si elle veut le respect du peuple Algérien, parce que maintenant, le peuple ne respecte pas l’opposition car il ne respecte plus rien.

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Oh, je vois déjà certains qui après avoir lu ce texte le rejettent. Certains de ceux qui pensent qu’ils sont le chef de file d’une certaine opposition qui n’existe que dans leur imagination. Mais sachez que rejeter ce que je dis ne résoudra pas le problème

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Algeria: l’Armée des Frontières

December 1, 2013 Leave a comment

Courtesy of: http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2011/11/16/22645173.html

l’armée des frontière, par Jean-François Paya

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l’armée des frontières, Algérie

SYNTHÈSE GROUPE RECHERCHE HISTORIQUE

Jean-François PAYA

L’armée des frontières, regroupée en Tunisie et au Maroc, fortement dotée d’un matériel moderne, structurée comme une armée régulière, avec sa hiérarchie d’officiers sortis des écoles militaires françaises ou égyptiennes, son  règlement intérieur, ses casernes, ses recrues, son chef tout-puissant,  Boumédiene, qui n’a jamais milité en Algérie et a passé toute la guerre à l’extérieur.

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Boussouf

Il fut nommé par Abdelhafid Boussouf chef d’état-major en 1960, non pour ses talents militaires, mais parce qu’il joua un rôle décisif dans la répression du «complot des colonels», vaste soulèvement de cadres et de soldats dirigé contre le G.P.R.A. qui refusait d’envoyer des armes à l’intérieur. Par des méthodes bureaucratiques et répressives, il sélectionna un appareil militaire qui finit par coiffer toute l’A.L.N. extérieure et garda son autonomie vis-à-vis du G.P.R.A….

Après la signature des accords d’Évian, la crise éclata ouvertement entre  l’A.L.N. des frontières et le G.P.R.A., qui chercha alors à s’appuyer sur les willayas de l’intérieur, tellement délaissées pendant la guerre. Mais les objectifs du  G.P.R.A. et ceux des willayas étaient contradictoires.

Le G.P.R.A. n’avait  d’autre ambition que de se faire valoir auprès de l’impérialisme français comme l’équipe la plus apte à faire respecter les accords d’Évian ; dans le phénomène du «willayisme» s’exprimait la volonté des combattants de ne pas se contenter d’une indépendance formelle, de bâtir leur propre pouvoir. Et le caractère social différent de l’armée des frontières s’est clairement exprimé dans la violence avec laquelle  elle a œuvré à écraser «les militants de l’intérieur»…

L’A.L.N. de Tunisie entre en Algérie et s’installe facilement en willaya I (Aurès) et en willaya VI (Sud algérois). L’A.L.N. du Maroc entre facilement en  willaya V (Oranie), très peu active. Elle exerce une répression féroce sur les cadres et  les militants de «l’Organisation politique et administrative», qualifiés de  harkis, et liquide toutes les structures du F.L.N.

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au centre, Houari Boumédiene

Mais lorsqu’elle s’avança vers Alger,  l’A.L.N., illusionnée par la décomposition du G.P.R.A., se heurta en septembre à Boghari (1.300 morts) aux militants aguerris et résolus des willayas II, III  et IV, tandis que Yacef Saadi, encerclé par les forces de la «Zone autonome  d’Alger», capitulait dans la Casbah. Boumédiene, qui n’avait jamais utilisé son matériel lourd contre les Français, osa l’employer contre les djounouds.

Mais, après Boghari, un grand nombre de cadres et de soldats quitta l’armée des  frontières, soit en se faisant démobiliser, soit en emportant les armes. Les vides furent comblés par les débris de la force locale (harkis, mercenaires…).

Les cadres algériens demeurés au service de l’armée française vinrent, d’un commun accord entre l’état-major français et celui de «l’Armée nationale populaire», combler les vides laissés par les cadres révolutionnaires.

L’A.N.P. est devenue une armée régulière, pléthorique (100 000 hommes), avec  son budget énorme, son matériel lourd fourni par la France, l’Égypte ou les pays de l’Est, sa hiérarchie et ses cadres soigneusement épurés, provenant pour  l’essentiel de l’armée française des écoles égyptiennes ou des frontières, avec  des différences de soldes marquées entre les soldats, les sous-officiers et les  officiers (le soldat gagne 20 000 AF, pouvoir d’achat élevé en Algérie compte tenu de la misère générale, le sergent, 53 500 AF, l’adjudant 107 000 AF. Il ne nous a pas été possible de connaître les soldes des officiers).

L’A.N.P. possède sa presse intérieure et sa revue mensuelle, El Djeich«À côté de l’armée, la gendarmerie, la police et la sûreté générale sont devenues des annexes de l’A.N.P. depuis que Boumédiene est ministre de la Défense nationale et vice-président du Conseil.»  (idem, pp. 52-54.). Telle est la colonne vertébrale du pouvoir en Algérie.

POINT DE VUE : L ORIGINE DU POUVOIR EN ALGÉRIE

C’est un fait admis que le  complot s’est concocté à Oujda durant les années de braise, pendant que les wilayas de l’intérieur se faisaient étrillées par l’Armée française. «Quand  le diable assiste à nos réunions, il perd lui-même son latin», aurait  confié Chérif Belkacem, l’ex-ami de Bouteflika et l’un des piliers du Clan d’Oujda.

De leur Tkanbiss est sortie une idée géniale qu’il a fallu concrétiser avec l’aide de l’inévitable Messaoud Zeghar. Le Clan d’Oujda et leur ténor Boumédiene étant d’illustres inconnus dans la Révolution, il leur fallait un historique pour rentrer en Algérie en triomphateurs. Mais, pour  contacter les historiques qui se trouvaient en France dans une prison, la mission était apparemment impossible.

passeport diplomatique marocain pour Bouteflika

Et c’est là qu’est intervenue la CIA à  travers Zeghar, selon un avis très autorisé. Le Roi Hassan II qui détestait  au plus haut point les responsables du FLN/ALN qui se trouvaient sur son  territoire et qu’il connaissait bien par leurs agissements et les libertés  qu’ils se permettaient à la limite de la provocation, en particulier  Boussouf et Boumédiene, fut contraint de délivrer un passeport diplomatique  à un émissaire de l’État-major de l’ALN, Bouteflika en l’occurrence et ce, à  l’insu du GPRA dont dépendait l’ALN et avec lequel, il risquait de provoquer  une crise diplomatique.

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Bouteflika

Et c’est grâce à ce passeport diplomatique marocain que Bouteflika put entrer dans la prison où se trouvaient les cinq historiques. Il est absolument évident que, sans l’intervention de la CIA, la mission secrète de Bouteflika, criminelle et lourde de conséquences pour  l’avenir du pays n’aurait jamais eu lieu, Hassan II n’ayant aucun intérêt à prendre position pour l’État-major de l’ALN dans son conflit avec le GPRA. Durant la Révolution, le travail fractionnel était durement réprimé et celui  de l’État-major de l’ALN était d’une extrême gravité puisqu’il ne visait ni plus, ni moins que la division du GPRA.

Malgré cela, Boumédiene en est sorti  indemne et le GPRA n’a élevé aucune protestation auprès de la monarchie marocaine au sujet de sa complicité avec l’État-major de l’ALN. Ces  questionnements appellent des éclaircissements de la part des responsables  encore en vie : qu’ils ne laissent pas les nouvelles générations sur leur  faim.

Jean-François Paya
SOURCES : Mohammed Harbi et certains ex-agents des services Algériens retraités
Synthèse GROUPE DE RECHERCHES HISTORIQUES par cercle ALG /POITOU Septembre 2011

 

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